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Après les compressions, l'Ontario a une plus grande marge de manoeuvre économique

Deux hommes, Doug Ford et Rod Phillips, sont debout.

Le gouvernement de Doug Ford a présenté une nouvelle vision lors de son énoncé économique d'automne, déposé à Queen's Park mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Philippe de Montigny

De nouvelles données indiquent que l'économie ontarienne dispose maintenant d'une plus grande marge de manoeuvre.

Les revenus de la province pour l’année en cours ont augmenté de plus de 5 milliards de dollars par rapport à l’année précédente, tout le contraire de la baisse de 900 millions anticipée par la commission chargée de passer au peigne fin les finances publiques.

Ces données ont été rendues publiques par le ministre des Finances, Rod Phillips, dans son exposé économique présenté mercredi.

Nous avons fait nos estimations quant à la croissance économique avec prudence. C’est pourquoi elles sont en-dessous des projections des économistes.

Rod Phillips, ministre des Finances de l’Ontario
Le ministre est debout en chambre et parle devant ses collègues.

Le ministre des Finances de l'Ontario, Rod Phillips, présente l'énoncé économique de l'automne à l'Assemblée législative de l'Ontario, à Toronto, le mercredi 6 novembre 2019.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Changements aux revenus fiscaux de l’Ontario pour 2018-19

  • L’impôt sur le revenu des particuliers a grimpé de 2,5 milliards par rapport à l’année précédente, grâce au faible taux de chômage

  • La taxe de vente a augmenté de 1,7 milliard, indicatif d’une forte confiance des consommateurs ontariens

  • L’impôt des sociétés a augmenté de 1 milliard, ce qui reflète une hausse de 9,6 % des profits des entreprises

Dans son premier budget, le gouvernement avait estimé ses revenus fiscaux à 150,8 milliards de dollars pour 2018-2019, une estimation revue à la hausse dans son énoncé économique d’automne.

L’impôt sur le revenu des Ontariens et de fortes ventes de détail, entre autres, ont permis de renflouer les coffres du gouvernement cette année.

En effet, l’emploi a progressé dans la province, selon les chiffres de Statistique Canada : près de 203 000 emplois nets se sont ajoutés au marché du travail au cours des neuf premiers mois de l’année, le gain le plus important depuis 2003. Le taux de chômage, lui, s’élevait à environ 5,3 % en septembre.

Des rangées de véhicules utilitaires sport sont garés chez un concessionnaire.

Les ventes de véhicules neufs ont stimulé le commerce de détail en Ontario, dans les sept premiers mois de 2019.

Photo : Associated Press / David Zalubowski

Pendant les sept premiers mois de 2019, les ventes de détail ont augmenté de 3,2 % en Ontario par rapport à la même période l’an dernier, portées notamment par une hausse des ventes de véhicules et de pièces d’automobiles.

Ces facteurs macroéconomiques ont aussi poussé le gouvernement à revoir à la hausse ses perspectives pour la prochaine année fiscale : les conservateurs encaisseront 1,6 milliard de dollars de plus que prévu en 2019-2020.

Bien qu’il reste encore du travail à faire, les mesures soulignées dans cet énoncé économique continueront de jeter les bases nécessaires à la création d’emplois et à la croissance.

Rocco Rossi, président de la Chambre de commerce de l’Ontario
Rocco Rossi en conférence de presse derrière un podium.

Le président de la Chambre de commerce de l'Ontario, Rocco Rossi.

Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

La fin de l’austérité?

À moins qu’éclate une crise économique, le gouvernement ontarien martèle qu'il peut ramener l’Ontario à l’équilibre budgétaire d'ici quatre ans, sans les coupes profondes qu’il avait envisagées en début de mandat.

Le déficit de la province dans le premier budget des conservateurs, présenté en avril dernier, se chiffrait à 10,3 milliards de dollars pour 2019-2020, après des compressions dans plusieurs secteurs. Ce déficit — révisé à la baisse — se situe maintenant à 9 milliards.

Le gouvernement Ford a souvent répété avoir hérité un déficit de 15 milliards de dollars des libéraux de Kathleen Wynne. Celui-ci était en fait deux fois moins élevé, soit 7,4 milliards, selon les comptes publics publiés en septembre dernier.

Bien que l’économie ontarienne soit robuste, il ne faut rien prendre pour acquis. Certains économistes prévoient une récession mondiale prochainement. La situation délicate aux États-Unis pourrait aussi compliquer la signature de l’accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique, et ainsi miner la croissance en Ontario, grandement alimentée par ses exportations.

Les trois leaders du Canada, des États-Unis et du Mexique se serrent la main après avoir signé leur accord.

L'Accord Canada–États-Unis–Mexique, signé il y a un an à Buenos Aires, n'est toujours pas ratifié.

Photo : La Presse canadienne / Pablo Martinez Monsivais

Le nouveau ministre ontarien des Finances n’a pas prévu de changement de cap majeur par rapport à ce qu’avait proposé son prédécesseur, Vic Fedeli. Nous n’allons pas accélérer notre parcours vers l’équilibre budgétaire, a affirmé M. Phillips mercredi.

Le ministre a annoncé notamment une réduction d’impôts pour les petites entreprises, qui passent de 3,5 % à 3,2 %. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) salue ce changement et d'autres mesures du gouvernement visant à réduire les formalités administratives dans le monde des affaires.

Le gouvernement de l’Ontario crée un climat économique nécessaire pour cultiver la stabilité et la croissance des petites entreprises, affirme la directrice des affaires provinciales de la FCEI, Julie Kwiecinski.

La province maintient les précédentes compressions budgétaires, mais dit qu'elle investira la différence de son déficit (1,3 milliards de dollars) dans les services essentiels, dont la santé et l’éducation.

Le ministre Phillips affirme que son approche reflète les changements des conditions économiques dans la province et respecte ce que nous disent les Ontariens.

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