•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il découvre par hasard une souche pétrifiée de 65 millions d’années

Plan serré de la souche d'arbre pétrifiée.

Il fallait avoir l'oeil pour repérer une souche d'arbre.

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada

Michael Lees cherchait un arbre pour se soulager lors d’une balade en canoë sur la rivière Saskatchewan Nord, quand il est tombé sur la souche d’un arbre fossilisé qui « doit être là depuis des siècles et des siècles ».

De la rivière, on aurait dit une roche, se souvient Michael Lees. Mais une roche suffisamment intrigante pour qu’il s’en approche ainsi que l'ami qui l'accompagnait. Ensemble, ils ont commencé à dépoussiérer la masse informe, quand soudain Micheal Lees s'est exclamé : Regarde ces couches, on dirait les cernes [d’un arbre] et ça, c’est de l’écorce!

Les deux hommes ont alors filmé leur découverte et envoyé les images à l’Université de l’Alberta et au Musée royal Tyrrell.

On nous a confirmé qu’il s’agissait d’une souche d’arbre qui avait en fait 65 millions d’années, explique M. Lees.

Mais, pour le Musée, la découverte, inusitée certes, ne présente aucun intérêt scientifique.

Il y a 71 millions d’années, la région située entre Edmonton et Calgary était une large plaine côtière marécageuse. Il y avait de grandes forêts qui poussaient ici. Une fois morts, ces arbres ont été ensevelis et, avec le temps, ils se sont fossilisés. Donc, on a [déjà] plusieurs exemplaires de ces troncs d’arbres, explique François Therrien, conservateur de paléoécologie au Musée Tyrrell.

Ce dernier rappelle qu’il y a même des forêts entières pétrifiées préservées au sein de roches dans la région de Drumheller.

Bien que ces arbres pétrifiés soient plus rares dans la région d’Edmonton, aucune équipe ne sera envoyée pour excaver la souche fossilisée.

« La bonne chose à faire » pour la collecte de fossiles

« La loi protège les fossiles », rappelle M. Therrien. Il est donc illégal pour les particuliers de creuser et de faire des fouilles pour extraire des fossiles qui sont encore dans leur contexte géologique ou stratigraphique d’origine.

En cas de découverte de fossile, il faut d’abord photographier le spécimen et envoyer les informations de repérage au Musée Tyrrell pour déterminer « s’il est encore en place ».

S’il a une valeur scientifique, une équipe de paléontologues prendra le relais sur le terrain pour l’extraire.

Autrement, les archéologues amateurs devront attendre de recevoir l’autorisation du gouvernement pour procéder à la collecte du spécimen.

Huile de coude

Comme personne ne souhaite récupérer la souche pétrifiée, M. Lees s'est mis en tête de la déterrer lui-même.

L’Université de l’Alberta a eu accès à des photos que nous n’avions pas et c’est à partir de ces photos-là qu’on a déterminé que le tronc d’arbre pétrifié avait été déplacé, il n’y avait donc pas d’objection légale d’empêcher la collecte de ce spécimen, mentionne M. Therrien.

Mais la souche est vraiment énorme et doit probablement peser une tonne, estime M. Lees. Elle doit mesurer un mètre de long sur un mètre de large et a à peu près la même hauteur, précise-t-il.

Selon M. Therrien il s’agit probablement d’un gros conifère, les arbres pétrifiés les plus communs que l’on retrouve en Alberta, puisqu’il y a 70 millions d’années les arbres feuillus commençaient à faire leur apparition.

Michael Lees est revenu sur les lieux à bord d’un bateau de chasse. On pensait qu’il serait parfait pour transporter la souche vu qu'on peut y faire tenir un orignal, poursuit-il. Mais la souche, trop lourde, n'a pas bougé d’un centimètre.

À sa deuxième tentative, il y a quelques jours, M. Lee est revenu avec six amis et une immense barge qu’il a bâtie pour l’occasion, mais là encore, la souche a refusé de bouger.

Le problème est que la rivière commence à geler [...] et que la souche d’arbre risque de se retrouver submergée sous les eaux jusqu’à la fin de l’été prochain, dit-il.

Loin de se décourager, Michael Lees va tenter une nouvelle fois d’extirper la souche le 11 novembre. S'il réussit, l’Université de l’Alberta souhaiterait la récupérer pour l’ajouter à sa collection.

Alberta