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Énergie éolienne : l'Île-du-Prince-Édouard, un modèle à suivre au Canada

Vue du sol d'une éolienne.

L'énergie éolienne représente 24 % de l'énergie utilisée à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Julien Lecacheur

Julien Lecacheur

L'Île-du-Prince-Édouard profite de sa situation géographique pour développer l'énergie éolienne. À l'heure actuelle, elle représente 24 % de l'énergie consommée dans la province.

L'Île-du-Prince-Édouard est souvent connue pour ses plages, sa pêche ou son agriculture, mais moins pour son industrie éolienne. Pourtant, la situation géographique de la province ainsi que sa météo – il vente souvent — lui ont permis de développer grandement l'énergie éolienne.

C'est à North Cape, sur la pointe nord-ouest de l'Île, que tout a commencé en 1981 avec l'ouverture de l'Institut de l'énergie éolienne du Canada. Cette base de recherche – où travaillent une dizaine d'experts dans le domaine – partage son expertise avec les universités et les entreprises.

Image de la façade de l'Institut de l'énergie éolienne du Canada.

L'Institut de l'énergie éolienne du Canada a été fondé en 1981. Il se situe à North Cape, à la pointe nord-ouest de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Julien Lecacheur

Scott Harper en est le président. Depuis son bureau à la vue imprenable à la fois sur la mer et sur les éoliennes, il explique que ce lieu n'a pas été choisi au hasard lors de son ouverture. North Cape est un endroit idéal pour effectuer des rechercher sur les éoliennes.

Le site de North Cape est excellent. Il y a du vent, des tempêtes, de la neige, de la glace. De plus, les turbulences sont faibles. Enfin, la proximité avec la mer est un véritable atout pour nos recherches.

Scott Harper, président, Institut de l'énergie éolienne du Canada

Depuis 2001, les éoliennes se sont multipliées dans la région. Aujourd'hui, les 25 turbines présentes dans la région de North Cape appartiennent à la province, à des entreprises privées ainsi qu'à l'Institut. Ces éoliennes sont les principales sources de production de l'énergie de la province.

Trois éoliennes sont alignées au centre de l'image. Elles sont situées à Norway non loin de North Cape, à la pointe ouest de l'Île-du-Prince-Édouard.

Vingt-cinq éoliennes exploitées par le gouvernement provincial, des entreprises privées et l'Institut de l'énergie éolienne du Canada sont installées dans la région de North Cape.

Photo : Julien Lecacheur

Summerside : un virage éolien économiquement rentable

L'exemple de North Cape a inspiré la Ville de Summerside. En 2010, la Ville a inauguré son propre parc éolien au nord de la municipalité. Depuis, quatre turbines produisent le quart de l'énergie totale utilisée par la ville. Le projet, qui a coûté 30 millions de dollars (22 millions ont été versés par les gouvernements provinciaux et fédéraux, huit millions ont été empruntés par la société d'électricité de Summerside), a permis à la Ville de faire d'importantes économies, selon le directeur des services municipaux, Greg Gaudet.

On estime que les éoliennes ont rapporté près de 20 millions de dollars depuis 10 ans à la Ville.

Greg Gaudet, directeur des services municipaux de la Ville de Summerside
Trois éoliennes fonctionnent non loin du bâtiment d'accueil du parc éolien de Summerside.

Le parc éolien de Summerside a été ouvert en 2010. Il compte quatre turbines qui produisent un quart de l'énergie de la ville.

Photo : Julien Lecacheur

Et la Ville de Summerside ne compte pas s'arrêter là. D'ici 2035, date de fin de vie estimée de ses éoliennes, la Municipalité compte économiser assez d'argent pour améliorer le parc éolien et construire un vaste parc solaire. Elle souhaite que 65 % de son énergie vienne de sources renouvelables.

La province multiplie les projets éoliens

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard veut continuer de profiter de l'énergie éolienne. Un souhait qui s'est déjà traduit par l'augmentation considérable du nombre de turbines dans la province. Il y en avait 8, en 2001, et 37, 18 ans plus tard. Ces turbines produisent aujourd'hui un peu plus du quart de l'électricité de l'île (24 %).

Et la province veut aller encore plus loin. En septembre, le ministre de l'Énergie Steven Myers a approuvé l'ajout de sept nouvelles éoliennes à Elmira, dans l'est de la province.

Je crois à l'énergie éolienne. Nous devons continuer de développer au plus vite cette énergie renouvelable dans la province.

Steven Myers, ministre de l'Énergie de l'Île-du-Prince-Édouard
Quatre grandes éoliennes trônent au-dessus d'un secteur boisé.

Les dix éoliennes actuelles du parc d’Eastern Kings ont la capacité de produire 30 MW d’électricité. Les sept éoliennes que la société d’énergie compte y ajouter devraient doubler sa capacité de production.

Photo : CBC

Une fois les sept éoliennes installées au courant de l'été 2020, le gouvernement lancera un nouvel appel d'offres pour créer un autre parc d'une dizaine de turbines en 2023.

La formation des techniciens : la fierté du Collège Holland

Les retombées de l'éolien se font aussi sentir dans d'autres secteurs, comme celui de l'enseignement.

Au Collège Holland à Summerside, l'établissement propose depuis plus de 10 ans un programme d'un an pour former les techniciens et installateurs d'éoliennes. Le programme, qui peut accueillir jusqu'à 16 étudiants chaque année, connaît un véritable succès. Andrew Dibling, l'un des professeurs du programme, assure que les jeunes sont souvent embauchés.

Nous avons un taux de 100 % d'embauche dans les quatre dernières années. Nos étudiants partent en stage pendant trois semaines au mois de mars, et ils sont souvent embauchés dès la fin de cette expérience.

Andrew Dibling, professeur, Collège Holland
Andrew Dibling, à gauche, donne un cours d'électricité aux neuf étudiants présents dans la salle de classe du Collège Holland.

Le taux d'embauche à la sortie du programme est de 100 % depuis quatre ans.

Photo : Julien Lecacheur

Alexandre Chiasson est l'un des neuf étudiants de la cohorte actuelle. Ce passionné des énergies renouvelables et des hauteurs n'a pas hésité longtemps avant de s'inscrire. Je pourrais faire de la maintenance, de l'installation, de la réparation, je pourrais tout faire, de l'assemblage à l'entretien. Travailler à 100 mètres du sol? Moi, je trouve que c'est plus de l'excitation que de la peur, explique-t-il.

Alexandre Chiasson sourit.

Alexandre Chiasson est venu de Bathurst au Nouveau-Brunswick pour suivre le programme sur les éoliennes offert au Collège Holland.

Photo : Julien Lecacheur

À l'obtention de leur diplôme, Alexandre Chiasson et ses collègues pourraient empocher 80 000 $ dès la première année et grimper sur des éoliennes du monde entier. Un moyen pour eux d'exporter un peu plus le savoir-faire éolien recherché et reconnu de l'Île-du-Prince-Édouard aux quatre coins du globe.

Île-du-Prince-Édouard

Énergies renouvelables