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25 maisons touchées par les inondations seront démolies à Saint-André-Avellin

Une maison près de laquelle sont empilés quelques sacs de sable.

La maison de Michel Saint-Jean a été trop lourdement endommagée par les inondations de 2019. Elle devra donc être démolie.

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

Radio-Canada

Saint-André-Avellin procédera à la démolition de 25 maisons qui ont été sévèrement endommagées sur son territoire par les inondations du printemps dernier. Selon le maire Jean-René Carrière, cette situation laissera un vide dans les coffres de la Municipalité.

On se rend compte qu’il n’y a rien d’éternel, il n’y a rien qui va être de longue durée, constate le premier magistrat devant la démolition imminente de la vingtaine de résidences, dont certaines font partie intégrante du paysage champêtre du village.

On est victimes des éléments, on est victimes de nos éléments qu’on a provoqués, c’est un changement climatique, affirme M. Carrière.

C’est une partie de notre histoire, c’est une partie de notre patrimoine qui s’envole.

Jean-René Carrière, maire de Saint-André-Avellin

L’une de ces maisons appartient à Michel Saint-Jean, qui habite tout près de l’église du village. À ma connaissance, c’est la première fois que j’ai vu l’eau venir si haute de ma vie, se remémore celui qui tenait mordicus à défendre sa demeure familiale contre la montée des eaux.

Une maison entourée d'eau et de digues de sacs de sables. Au loin, l'église au haut de la montagne.

La maison de Michel Saint-Jean, entourée d'eau à Saint-André-Avellin, au printemps dernier (archives)

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

On a le droit de rêver, et quand on a une appartenance, on y croit. Mais j’ai perdu la bataille, a-t-il avoué. Le gouvernement du Québec a racheté la propriété et le terrain, puisque les dommages subis dépassent 50 % de la valeur de la maison.

Même s’il s’est résigné à son sort, M. Saint-Jean demeure très émotif à l’idée de voir sa maison être démolie. J'en ai fait mon deuil. Il y a tellement de bons souvenirs et tellement d’attachement […] c’était mon rêve de finir ici, mais la vie est faite de même.

Des terrains pour 1 $

Le conseil municipal a adopté, mardi, un décret en vertu duquel Saint-André-Avellin pourra racheter au gouvernement du Québec les terrains de certains sinistrés dont la demeure a été trop lourdement endommagée par la crue printanière.

Le rachat se fera pour seulement 1 $. La Municipalité a déjà repris 25 terrains et maisons des mains de Québec. Elle a démoli deux résidences se trouvant sur certains de ces lots et elle compte racheter deux autres terrains supplémentaires.

La perte de ces résidences — et donc de revenus de taxes foncières — entraînera une augmentation des taxes municipales pour les autres propriétaires de la petite Municipalité, prévient le maire Carrière.

Il faut être franc, il faut être réaliste : on va avoir une augmentation de taxes causée par les inondations.

Jean-René Carrière, maire de Saint-André-Avellin

Si on le regarde en forme de chiffres, pour nous, c’est environ 2,5 millions de dollars de la richesse foncière qui disparaît. C’est un manque à gagner pour nous, à ce jour, de 42 000 $ , ajoute-t-il. Ça correspond à environ un cent et demi d’augmentation de taxes.

Un pont à reconstruire

Le pont qui enjambe la rivière de la Petite Nation en plein cœur de Saint-André-Avellin devra lui aussi être démoli et remplacé. Mais contrairement aux maisons, la violence de la crue ne serait pas en cause, selon la maire Carrière.

Le pont n’a pas bougé, et il y avait une pression relativement forte, explique-t-il, soulignant que l'ouvrage en est à la fin de sa vie utile. Dans ce genre de circonstances, le ministère des Transports du Québec (MTQ) doit contribuer au remplacement de la structure.

Le niveau de la rivière, très élevé, touche presque le tablier du pont.

La rivière de la Petite Nation a presque atteint le tablier du pont à Saint-André-Avellin au printemps dernier (archives).

Photo : Radio-Canada

Il y a toutefois un conflit entre ce que la Municipalité souhaite et ce que planifie de faire le MTQ. Saint-André-Avellin aimerait profiter de la reconstruction pour que les quatre nouveaux murets au bas du pont soient plus élevés. Québec, de son côté, n’entend refaire que deux des murets sans les élever davantage, avance le maire Carrière.

Avec les informations d'Antoine Trépanier et de Christian Milette

Ottawa-Gatineau

Politique municipale