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Découvrir la jeunesse bouillonnante du monde arabe sous l’œil de La Bronze

Nadia Essadiqi est sur un bateau, entourée de deux jeunes hommes.

Une scène tirée de «Jeunesse arabe, yallah!»

Photo : TV5

Justine de l'Église

L’artiste canado-marocaine Nadia Essadiqi, alias La Bronze, s'est rendue de l’autre côté de l’Atlantique pour tendre le micro à une jeunesse arabe foisonnante de vie, de créativité et de volonté. Elle revient de ses voyages avec une série documentaire intitulée Jeunesse arabe, yallah!, dont le premier épisode sera présenté mercredi soir au café du Monument-National, pour le Festival du monde arabe de Montréal.

Jeunesse arabe, yallah!, c’est un autre regard sur le monde arabe. En parcourant six pays arabes – la Jordanie, le Maroc, le Koweït, les Émirats arabes unis, le Liban et la Palestine – à travers autant d’épisodes, on va à la rencontre de jeunes entre 17 et 34 ans de tous horizons; de véritables acteurs et de transformation de leur société.

Ce sont des personnes issues de la communauté LGBTQ+, des drag queens, des artistes, ou encore une adepte de CrossFit, un passionné de motocross, un chef cuisinier, une jeune scientifique, des militants et militantes portant des initiatives liées à la justice, à l’environnement, au féminisme… À travers leur prise de parole, on constate à quel point le monde arabe est universel. Ils sont dans les mêmes courants que la jeunesse de partout à travers le monde, témoigne avec enthousiasme l’auteure-compositrice-interprète et comédienne.

Je sens que toutes les cloisons sont en train d’éclater. Tous les tabous par rapport à l’identité, l’orientation sexuelle sont en train d’éclater; le body positive, les gens qui sont véganes, notre volonté de sauver la planète, les préjugés contre les Arabes… Tout ça fait partie pour moi du même mouvement de la jeunesse qui se lève, qui dit “Ça suffit de mettre des gens dans les boîtes, ça suffit de voir les choses avec les filtres de la peur et de la haine. On veut juste être ensemble et voir les humains tels qu’ils sont.”

Nadia Essadiqi, alias La Bronze

L’heure juste

Jeunesse arabe, yallah! propose une vision complètement à l’opposé des images négatives qui circulent trop souvent sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Ce qu’on voit à la télé occidentale, quand il s’agit du monde arabe, c’est souvent des trucs négatifs, c’est beaucoup de la propagande… C’est une infime partie de ce peuple-là, en fait. On associe ça beaucoup à la violence, alors que leur quotidien, ce n’est pas ça pantoute. C’est comme si on montrait juste des batailles sur Saint-Laurent et des gangs de rue de Montréal-Nord, et qu’on disait : "C’est ça, Montréal", illustre Nadia Essadiqi.

C’est beaucoup plus vaste que ça, poursuit-elle. Ce sont des jeunes qui sont inspirés, et inspirants, qui ont des idéaux et qui travaillent pour les atteindre, qui sont dans la joie, l’hédonisme, qui sont épicuriens, qui sont dans le foisonnement de la vie.

L'artiste Nadia Essadiqi discute avec une jeune femme; elles sont assises sur le bord d'un toit.

Une scène filmée aux Émirats arabes unis, pour documentaire «Jeunesse arabe, yallah!»

Photo : TV5

On aborde la religion aussi, certes, mais pas seulement à travers le prisme du symbole religieux ou du voile. Dans ces pays-là, il y a plein de religions aussi; des Arabes chrétiens, notamment en Palestine, au Liban. On associe Arabe à musulman, on met tout dans le même panier, mais par ignorance.

Et justement, est-ce qu’on parvient à déconstruire certains préjugés? C’est drôle, on m’a beaucoup demandé ça!, s’exclame-t-elle en laissant échapper un rire. Mais je n’ai même pas envie d’aller creuser dans ces préjugés. J’ai envie que les gens écoutent la série, la regardent, et après vous allez bien voir par vous-mêmes. Si ça défait de vos préjugés, tant mieux.

Nadia Essadiqi et une autre personne sont assises dans des marches et sourient.

Une scène filmée en Palestine pour le documentaire «Jeunesse arabe, yallah!»

Photo : TV5

Et au-delà de la question des préjugés, Nadia Essadiqi raconte avoir été fascinée, touchée par l’intelligence et la résilience des personnes rencontrées. Elle donne l’exemple de la Palestine, soit l’épisode qui sera présenté mercredi lors du festival. Il s’agit du seul territoire occupé que l’équipe a visité.

Leurs terres ont été brûlées, pillées… Mais ces gens ont une résilience, c’est incroyable. Il y a tellement de gens au sein de la communauté qui n’ont pas choisi la violence.

Elle donne l’exemple d’un jeune parti étudier à Harvard et revenu en Palestine pour fonder une microbrasserie familiale, qui maintenant exporte même ses produits à l’international. Les jeunes « vont beaucoup étudier ailleurs et reviennent avec leur expertise pour faire "shiner" leur pays et redonner à la communauté. Ils font ce choix-là, de la lumière et de l’excellence », explique Nadia Essadiqi.

Nouvel album à venir pour La Bronze

La Bronze ressort riche et « super inspirée » de ces rencontres, et profitant d’un moment d’accalmie après des années à parcourir le monde en tournée, elle peut maintenant travailler sur de la nouvelle musique. Elle œuvre à composer un nouvel album, qui devrait paraître l’automne prochain. Quelques simples devraient sortir entre-temps; le premier étant prévu vers la fin de l’hiver.

D’ici là, Jeunesse arabe, yallah!, produit par Urbania et réalisé par Arnaud Bouquet, sera présenté à partir du 12 novembre à 21 h sur TV5, et pourra également être écouté sur le web.

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