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Québec place la Commission scolaire English-Montréal sous tutelle partielle

Le siège de la Commission scolaire English-Montréal, à Montréal.

La Commission scolaire English-Montréal est placée sous tutelle partielle par Québec.

Photo : Radio-Canada / Google

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec place la plus importante commission scolaire anglophone du Québec sous une tutelle partielle. C'est l'ex-députée libérale fédérale Marlene Jennings qui assurera l'administration de la Commission scolaire English-Montréal (CSEM) jusqu'à nouvel ordre.

Cette décision, annoncée mercredi après-midi par le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, à la suite d'un conseil des ministres, suspend immédiatement les pouvoirs des commissaires qui dirigent la CSEM.

À la suite de la mise en tutelle, l’ensemble des pouvoirs du conseil des commissaires de la CSEM, à l’exception de son pouvoir d’intenter et de gérer toute procédure devant un tribunal judiciaire, sont suspendus avec effet immédiat pour une période de six mois.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Marlene Jennings prend les commandes

C'est par conséquent à l'ex-députée libérale fédérale Marlene Jennings que Québec a confié le mandat d'administrer la CSEM pour la durée de sa mise en tutelle.

Mme Jennings a une longue feuille de route, elle est bien connue dans la communauté anglophone, elle a siégé plus de 14 ans au Parlement du Canada. C’est une administratrice de renom, a ajouté Jean-François Roberge.

Marlene Jennings est actuellement vice-présidente du conseil d'administration du CIUSSS du Centre-Sud.

Marlène Jennings parle devant une assemblée en levant le doigt.

Marlene Jennings a siégé plus de 14 ans au Parlement, à Ottawa, sous la bannière libérale fédérale.

Photo : The Canadian Press / Tom Hanson

Au cours de son mandat, Mme Jennings aura entre autres pour mission de présenter un plan de redressement de l’administration de la commission scolaire.

Le gouvernement a également désigné la firme Deloitte afin de conseiller et d’épauler Marlene Jennings dans ses fonctions. Il s'agit de rétablir la confiance de l'ensemble de la communauté envers cette institution, a précisé le ministre.

La communauté anglophone a le droit, comme toutes les autres communautés, d’avoir des institutions publiques gouvernées et administrées de façon saine et éthique.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Cette décision de Québec s'inscrit dans la foulée du rapport accablant sur la gestion des fonds publics de la CSEM qui lui a été remis il y a quelques semaines.

Le document d'une centaine de pages révélait entre autres que le conseil des commissaires de la CSEM est dysfonctionnel, traversé de réseaux informels et en proie à des conflits internes qui paralysent la prise de décision au sein de la direction.

L’enquête a démontré des lacunes troublantes dans la gouvernance et l’administration de la Commission scolaire English-Montréal, a fait état le ministre Roberge en conférence de presse.

Des problèmes dans la gestion des fonds publics, méconnaissance des rôles et des responsabilités des élus scolaires, politisation excessive de la prise de décision au détriment des élèves, des parents, du personnel scolaire et de la réputation de l’organisation, a énuméré le ministre.

Le rapport démontre que cette situation perdure depuis très longtemps et que le précédent gouvernement libéral, bien qu’interpellé pour agir, a préféré regarder ailleurs par manque de courage politique. Ce sont donc les élèves, le personnel scolaire et toute la communauté qui en ont payé le prix.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Rapport transmis à l'UPAC

Le dossier de la CESM s'est par ailleurs alourdi à la mi-octobre lorsque des vérificateurs du Conseil du Trésor ont conclu que la commission scolaire a accordé des contrats totalisant plus de 44 millions de dollars en 2017 et 2018 sans respecter le processus prévu dans la Loi sur les contrats des organismes publics.

À ce chapitre, le ministre Roberge a tenu à préciser que le rapport d'enquête sur la CSEM a aussi été envoyé à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) pour qu'elle décide s'il y a matière à faire enquête et s'il y a d'autres poursuites ou mesures juridiques à prendre.

Pour nous, c'était suffisamment grave et inquiétant pour qu'on prenne l'initiative de transmettre toute l'information nécessaire à l'UPAC.

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Québec a tout fait pour avoir la peau de la CSEM, selon les commissaires

Joe Ortona s'adresse aux journalistes.

Le vice-président de la Commission scolaire English-Montréal, Joe Ortona, estime que le gouvernement Legault a tout fait pour en arriver à une mise sous tutelle.

Photo : Radio-Canada

Cette mise en tutelle de Québec a été très mal reçue à la CSEM. Dans une allocution lue en point de presse, le vice-président de la CSEM, Joe Ortona, a déploré que le ministère de l’Éducation, qui a reçu le rapport de ses inspecteurs à la fin de septembre, n’ait jamais convoqué les responsables de la commission scolaire pour leur faire part de son contenu ni leur permettre de fournir des explications ou une quelconque mise en contexte.

Depuis près d’un an maintenant, le gouvernement de la CAQ a déployé des efforts extraordinaires pour discréditer la Commission scolaire English-Montréal en nous accusant de mauvaise gestion.

Joe Ortona, vice-président de la Commission scolaire English-Montréal

« Pendant ce calvaire, nous avons gardé la tête baissée et avons collaboré avec les autorités gouvernementales à tous les moments pendant que nous continuions à répondre aux besoins de nos étudiants. »

M. Ortona a du même souffle accusé le gouvernement Legault d’avoir volontairement discrédité la CSEM pendant des semaines, notamment en faisant filtrer dans les médias le contenu du rapport en fonction duquel il place aujourd’hui la commission scolaire sous tutelle.

Nous avons un taux de réussite de 92,4 %. Nous avons le taux de diplomation le plus élevé dans toute la province de Québec. Et aujourd’hui, la province avec le plus bas taux de diplomation en Amérique nous met sous tutelle.

Joe Ortona, vice-président de la Commission scolaire English-Montréal

Citant les vérificateurs du gouvernement qui ont rencontré la direction de la CSEM en septembre dernier, M. Ortona a rappelé que, selon eux, aucune décision n’avait été prise à la CSEM qui contrevenait à la loi et que les mesures mises en place par la commission scolaire pour améliorer sa gestion étaient suffisantes.

Des informations qui ne se sont, elles, jamais rendues dans les médias, a déploré Joe Ortona.

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