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Un premier caucus qui risque d'être délicat pour Andrew Scheer

Les explications de Philippe-Vincent Foisy.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Radio-Canada

C’est aujourd'hui que se tiendra à Ottawa le premier caucus conservateur depuis la défaite du 21 octobre dernier. Une rencontre qui risque de se dérouler sous la forme d’une épreuve pour le leadership d’Andrew Scheer, qui fait face à de nombreuses critiques au sein même du parti.

La rencontre sera certainement l’occasion pour les 121 candidats élus ou réélus, mais aussi pour ceux qui ont été défaits, de revenir sur le résultat doux-amer de l’élection. Si certains reprennent sans hésiter le discours combatif de leur chef, d’autres, en coulisse, ont affirmé souhaiter son départ avant Noël.

Dès l’annonce des résultats du scrutin, Andrew Scheer a tapé sur le clou du vote populaire, soulignant que ses troupes avaient récolté 34,4 % des appuis à travers le pays, soit 1,3 point de pourcentage de plus que les libéraux de Justin Trudeau.

Andrew Scheer est aussi à la tête d'un parti dans lequel il y a 26 députés de plus que lorsqu'il en est devenu le chef en 2017. Les conservateurs ont de plus fait élire des députés dans toutes les provinces canadiennes, contrairement aux libéraux, qui n’ont aucun représentant en Alberta et en Saskatchewan, a souligné mardi le sénateur David Tkachuk.

Si on s’attend à ce que ces victoires soient célébrées, on espère cependant un certain mea culpa et, surtout, un plan d’action pour regagner le cœur des électeurs, notamment au Québec, en Ontario et en Atlantique.

Nous combattions un gouvernement qui a passé au travers plusieurs scandales de corruption et qui, selon moi, avait perdu l'autorité morale de gouverner, et nous n'avons pas gagné, a résumé Michelle Rempel, une députée de Calgary qui entreprend son troisième mandat.

Comme beaucoup de ses collègues, Michelle Rempel s'attend ainsi à ce que le parti propose un plan d'action solide pour l'avenir ou un plan d'action qui inclut les commentaires d'une grande diversité de voix.

À qui la faute?

La frustration à l'égard des résultats est ainsi récurrente chez les conservateurs, mais quand il s'agit de cibler le problème, il n'y a pas de consensus. Certains estiment que la campagne a été mal ficelée, d’autres portent carrément le blâme sur le chef qu’ils veulent voir démissionner rapidement.

Au Québec, monsieur Scheer a été tatoué, estime le sénateur Jean-Guy Dagenais.

Il faut être lucide et, en étant lucide, il faut aussi admettre qu’il y a eu beaucoup de difficultés. Est-ce que les Québécois lui donneront une seconde chance? Comme on dit, la mémoire est une faculté qui oublie, mais elle n’oublie pas tout.

Pour son collègue de la Chambre haute, Claude Carignan, l’enjeu déterminant fut probablement la machine qui conseille le chef. Il n’excuse pas complètement Andrew Scheer pour autant.

À la chefferie, il y a deux ans, je le savais que l’avortement serait un enjeu difficile à vendre au Québec, et j’ai encore cette même opinion. Ce sont les hésitations dans la façon de répondre… La première semaine, ç'a pris 10 jours avant de commencer à répondre.

Claude Carignan, sénateur conservateur

Pour le député Pierre Paul-Hus, réélu dans Charlesbourg–Haute-Saint-Charles, dans la région de Québec, Andrew Scheer est là pour rester. Monsieur Scheer, c’est un homme qui est droit. C’est un homme que j’ai appuyé et je le respecte énormément.

Une première campagne nationale, ce n’est pas facile, et c’est pour ça qu’on va regarder ce qui s’est passé et on va prendre le temps de bien faire les choses. Pour le futur, les membres pourront décider. Mais moi, monsieur Scheer, il a mon appui.

Il ne fait aucun doute que les idées socialement conservatrices d'Andrew Scheer ont affaibli sa capacité de gagner au Québec, a pour sa part déclaré Yves Lévesque, ancien maire de Trois-Rivières, qui représentait cette circonscription pour les conservateurs.

Comme Pierre Paul-Hus, M. Lévesque ne croit toutefois pas que le chef devrait démissionner. Nous devons examiner ce que le parti a fait de bien et ce que nous avons fait de mal, a-t-il dit.

Une erreur serait de réagir trop vite. Nous avons le temps.

Yves Lévesque, candidat défait dans Trois-Rivières

Procédure d’éviction

Après son discours, le caucus abordera le premier sujet à l'ordre du jour : décider s'il souhaite ou non adopter ce qu'on appelle couramment les règles de Chong.

Il y en a quatre, introduites dans le cadre d'une loi de réforme parlementaire proposée par le député conservateur Michael Chong, destinées à donner aux députés un plus grand pouvoir sur le fonctionnement de leurs groupes parlementaires.

L'une des règles a pour objectif de donner aux députés le pouvoir d'évincer leur chef. Si le caucus adopte la règle, une révision de la direction pourrait être déclenchée par une demande écrite soumise au président du caucus et signée par 20 % des députés. Après cela, un vote aurait lieu sur la destitution du chef, ce qui nécessiterait une majorité de voix.

Mais les conservateurs ont également une convention en avril, où une révision du leadership est prescrite dans le cadre de la constitution du parti, et à laquelle tous les membres du parti peuvent participer, pas seulement les députés.

Avec les informations de Christian Noël, correspondant parlementaire à Ottawa, et de La Presse canadienne

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