•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le whip du gouvernement Trudeau inquiet du harcèlement dont sont victimes les députées

Il parle dans la Chambre des communes.

Le whip en chef du gouvernement Trudeau, Mark Holland

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Les députés, surtout de sexe féminin, se font de plus en plus attaquer sur les réseaux sociaux ou sont victimes de harcèlement. Pneus crevés, propos outranciers ou menaces de mort sont de plus en plus courants, au point que le whip se penche sur le phénomène.

La ministre libérale et députée d'Ahuntsic-Cartierville, Mélanie Joly, garde son bureau de circonscription fermé à clé. Les membres de son personnel utilisent même une sonnette et une caméra de sécurité pour en contrôler l'accès. Mme Joly a accepté la protection de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) après avoir reçu des menaces de mort.

Elizabeth May, qui était jusqu'à lundi chef du Parti vert, a quant à elle fait appel à un consultant en sécurité privée après avoir reçu des menaces de mort. Elle s’est fait conseiller, par la GRC, de déposer une paire de souliers pour homme sur le pas de sa porte pour suggérer une présence masculine à son domicile.

La députée néo-démocrate Jenny Kwan a fait installer un bouton d'alarme dans son bureau de circonscription de Vancouver.

Le bureau de campagne de la ministre Catherine McKenna a été vandalisé. La sécurité de sa famille a aussi été menacée à maintes reprises, à un point tel qu'au début du mois de septembre, Mme Mckenna, alors ministre de l’Environnement et du Changement climatique, a demandé les services d’une agence de protection.

Un graffiti sur la vitre d'un immeuble.

Un mot offensant a été peint en rouge sur la vitre du bureau de campagne de la députée d'Ottawa-Centre, Catherine McKenna.

Photo : Radio-Canada

Des exemples comme ceux-là, il y en a de plus en plus. Ainsi, depuis plusieurs années, les députés qui font face à des discours haineux et à des menaces en ligne ont été forcés d'établir leurs propres approches en matière de sécurité.

Certains politiciens fédéraux disent que le Parlement doit désormais intervenir.

Le député libéral Mark Holland est le whip en chef du gouvernement. Il est chargé d'assurer la sécurité du milieu de travail parlementaire.

C’est à son bureau qu’un employé qui a été victime de violence verbale ou de toute autre forme de harcèlement peut signaler l'incident.

Le bureau du whip, tout comme le bureau du chef des ressources humaines du Parlement, peut procéder à une évaluation indépendante de la plainte et prendre les mesures appropriées pour s'assurer que le travailleur soit protégé, explique M. Holland.

Il veille à ce que les députés et les membres du personnel n'en soient pas au point où ils ont peur d'aller travailler, mais « il faut faire plus ».

Cette haine a pour but de briser les gens, de les chasser du pouvoir, de les intimider et de les mettre à l'écart. Nous devons nous en inquiéter profondément, a déclaré M. Holland en expliquant avoir remarqué une certaine intensification du phénomène.

D’après M. Holland, le gouvernement libéral s'est penché sur la lutte contre le harcèlement en milieu de travail, y compris le harcèlement de la part des électeurs. Au cours de la dernière année, le gouvernement a déployé discrètement un nouveau système de signalement des cas de harcèlement au travail visant les bureaux des députés.

Toutefois, certains députés ont affirmé que des mesures proactives pourraient grandement contribuer à assurer la sécurité du personnel. Ils suggèrent par exemple qu’une formation soit donnée aux employés, ou encore que les bureaux de circonscription soient dotés d'au moins deux personnes en tout temps. L’installation de boutons d’urgence serait aussi une solution à envisager.

Je pense que nous allons devoir élargir la portée du soutien au personnel qui s'occupe de ce genre de situation.

Mark Holland, whip en chef du gouvernement

M. Holland a mentionné que les députés eux-mêmes pourraient s'efforcer d'endiguer le flot de menaces et d'abus dirigés contre eux en donnant l'exemple. Il leur conseille de surveiller leur propre langage et d’éviter les attaques personnelles.

Alors que le Parlement s'apprête à reprendre ses travaux, les nouveaux députés reçoivent ainsi une formation générale en matière de sécurité, a déclaré la porte-parole de la Chambre des communes, Heather Bradley.

Avec les informations d'Ashley Burke, journaliste à CBC

Politique fédérale

Politique