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La plus grande parcelle de terre agricole mise en vente au Canada est au Manitoba

Vue aérienne d'une terre agricole à Le Pas, au Manitoba.

Une parcelle regroupant quatre fermes familiales et affichant une superficie de 10 117 hectares est en vente à Le Pas, au Manitoba, pour 56 millions de dollars.

Photo : Darren Sander

Pierre Verrière

Dans la communauté rurale de Le Pas, située à environ 630 kilomètres de Winnipeg, au Manitoba, quatre familles de fermiers ont décidé de vendre leur terre ensemble – soit 10 117 hectares – pour un montant total de 56 millions de dollars. S’il s’agit de la plus grande terre cultivable mise en vente au Canada, c’est aussi le travail d’une vie pour ses fermiers, comme la famille Markus, installée depuis 1962.

La plus grande terre agricole mise en vente au Canada est au Manitoba

Seule une vue aérienne permet de saisir la grandeur de la parcelle qui est désormais en vente. Et pour cause : à 1000 hectares près, ces champs à perte de vue pourraient loger la ville de Vancouver.

Cet ensemble de quatre propriétés représente la plus grande terre cultivable du Canada actuellement sur le marché, selon Darren Sander, l’agent immobilier chargé de la vente. C’est lui qui a eu l’idée de réunir plusieurs familles de fermiers souhaitant vendre leur terre afin de proposer une plus grande parcelle.

Vendre une terre agricole, c’est autre chose que de vendre un bien immobilier, car lorsque vous vendez une ferme familiale, vous vendez le travail d’une vie, explique l’agent immobilier spécialisé dans la vente de terres agricoles établi à Saskatoon, en Saskatchewan.

Pour la famille Markus, cela représente 57 ans de travail, depuis que le patriarche Anthony et sa femme, Margareta, se sont installés dans cette communauté rurale du Manitoba.

Une vue aérienne de la parcelle mise en vente et formée de quatre terrains familiaux.

Seule une vue aérienne permet de saisir la grandeur de la parcelle qui est désormais en vente. À 1000 hectares près, ces champs à perte de vue pourraient loger la ville de Vancouver.

Photo : Darren Sander

Quelques années auparavant, à l’âge de 18 ans, Anthony fuyait au péril de sa vie sa Hongrie natale, alors sous le joug communiste. Après avoir atteint à pied l’Autriche voisine, où il a rencontré sa future femme, il a rejoint le Canada, où une tante était déjà installée.

Passionné par le travail de la ferme, il a décidé de revenir s’installer au Manitoba et d’investir ses économies dans un lopin de terre de 162 hectares à Le Pas. Cinquante-sept ans plus tard, la propriété familiale s’étend sur 5900 hectares, sur lesquels poussent principalement des céréales et paissent des bovins.

Un couple de personnes âgées assises à une table.

Margareta et Anthony se sont installés dans leur ferme à l’extérieur de Le Pas en 1962, sur un lopin de terre qu’ils avaient payé 10 000 dollars à l’époque.

Photo : Radio-Canada / Pierre Verrière

Aujourd’hui, notre situation reflète ce qui se passe dans le monde agricole en général. Nous sommes une ferme familiale, mes parents vieillissent et la nouvelle génération ne veut pas reprendre la ferme; c’est pourquoi nous vendons, et nous espérons que l’héritage familial continuera d’une forme ou d’une autre, explique Linda Markus, une des filles du couple.

L’achat des quatre terrains familiaux qui forment la parcelle n’est pas conditionnel à la vente, mais des acheteurs potentiels ont déjà fait part de leur intérêt.

Selon Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef à Financement agricole Canada, le prix des terres agricoles a considérablement augmenté depuis 2005, résultat d’une augmentation du revenu agricole. À la suite de la crise économique de 2008, les terres agricoles sont même devenues une valeur refuge pour certains investisseurs. Depuis quelques années, la valeur moyenne des terres agricoles au Canada a tendance à se stabiliser.

Il y a des défis importants en matière d’agriculture, avec des barrières commerciales installées par la Chine ou l’Inde; la météo qui n’est pas de notre côté... Tout cela explique que le revenu agricole stagne et que l’augmentation du prix des terres ralentisse, analyse Jean-Philippe Gervais.

Des vaches noires dans un champ enneigé.

En plus de cultiver des céréales, la famille Markus s’est lancée dans l’élevage de bovins pour la viande et possède plus de 1000 têtes de bétail.

Photo : Radio-Canada / Pierre Verrière

Malgré cela, il indique que la majorité des ventes de terrains se font encore de producteur à producteur.

Fermier, ce n’est pas un métier : c’est un mode de vie, résume Tony Markus, le fils de la famille, qui souhaite aujourd’hui cesser ses activités et profiter de sa retraite.

Si vous attendez trop longtemps avant d’arrêter, la ferme commence à en souffrir. Physiquement, vous ne pouvez plus accomplir les tâches nécessaires. Sans jeunesse, une ferme ne se développe plus.

Tony Markus, fermier

Manitoba

Agriculture