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Modification au programme d'immigration : impacts négatifs en vue à Matane

Entrée du cégep de Matane.

Le Cégep de Matane accueille plusieurs étudiants étrangers.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Les modifications apportées au programme de l’expérience québécoise (PEQ), destiné aux étudiants étrangers, pourraient avoir d’importantes répercussions au cégep de Matane et pour l’ensemble de la Matanie.

Pionnier dans le recrutement à l’étranger, le cégep de Matane compte 727 étudiants, dont 325 proviennent d’autres pays ce qui constitue 45 % de sa clientèle. C’est cette clientèle qui lui a permis d’éviter la décroissance et même de développer certains programmes.

À Matane, ces jeunes arrivent principalement de France, de l’île de la Réunion et de la Belgique. Leur départ ne serait pas sans créer des difficultés.

D’abord, au cégep lui-même où quatre programmes ne sont pas sur liste des domaines d’étude désormais privilégiés pour postuler au PEQ. Entre 150 et 200 étudiants étrangers sont inscrits aux programmes exclus.

Présentation des projets de fin d'études du programme Technique d'intégration multimédia au Cégep de Matane

Présentation des projets de fin d'études du programme Technique d'intégration multimédia au Cégep de Matane

Photo : Radio-Canada / Marie-Josée Paquette-Comeau

Des formations comme photographie ou tourisme attirent plus de 60 % d’étudiants étrangers. Le cours en photographie, notamment, s’est bâti une réputation internationale enviable.

Le PEQ, offert par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, permet à une étudiante ou un étranger diplômé d’obtenir un Certificat de sélection du Québec si cette personne souhaite demeurer en sol québécois après ses études.

Le programme a été suspendu en juillet dernier.

Depuis le 1er novembre, sa révision restreint l’accès au PEQ à une liste d’un peu plus de 200 formations. Aucune restriction de programme n’existait auparavant.

Des programmes ignorés

Le directeur général du Cégep de Matane, Pierre Bébard, affirme que des programmes pourraient disparaître, malgré une demande manifeste de la part des employeurs.

Il donne pour exemple le programme en animation 3D, qui n’a pas été retenu comme cible, et ce, même si 100 % des diplômés du cégep sont recrutés par les employeurs de partout au Québec.

Le gouvernement entend répondre ainsi aux besoins du marché du travail, mais il y a des domaines ciblés qui nous paraissent inadéquats et d’autres qui ne sont pas ciblés, indique Yannick Malouin, vice-président du Syndicat des enseignants et enseignantes du cégep de Matane. Dans les programmes qui ne sont pas ciblés, il y a technique de tourisme où on a besoin ici de gens pour le service à la clientèle ou l’organisation d’événements.

Ça va avoir des impacts sur l’emploi, sur le développement économique, poursuit M. Malouin.

Étudiants et employeurs nouent des contacts au salon des employeurs.

Étudiants et employeurs nouent des contacts au salon des employeurs.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Le vice-président du syndicat rappelle qu’il s’agit d’étudiants francophones qui s’intègrent très bien à la région. On le sait, dit M. Malouin, on le voit, il y a des étudiants qui restent par la suite. À Matane, c’est assez visible qu’il y a des étudiants internationaux qui décident de s’établir.

Comment peut-on mieux intégrer des immigrants autrement que par trois ans d’études?

Pierre Bédard, directeur général du Cegep de Matane

Il n’y a pas de données sur les étudiants du cégep qui choisissent de s’établir dans la région, indique Pierre Bédard, mais des observations réalisées auprès d’étudiants démontrent que 25 % vont choisir de demeurer au Québec. On suspecte que c’est beaucoup plus à Matane , poursuit M. Bédard.

Ceci sans compter que de nombreux étudiants travaillent déjà à temps partiel dans de nombreux commerces de la région aux prises avec le manque de main-d’œuvre.

Chaque étudiant étranger générait des retombées économiques évaluées entre 15 000 $ et 20 000 $ par année, indique le directeur général du cégep de Matane, Pierre Bédard.

Pour Matane, il s’agit de retombées de 5 millions de dollars. Ce n’est pas négligeable, souligne le DG du cégep.

Climat d'insécurité

L’annonce a été très mal accueillie par les étudiants. Ça se vit difficilement, commente Pierre Bédard, les étudiants sont extrêmement inquiets et s’interrogent même sur la poursuite de leur programme actuel.

Enseignant en urbanisme, une des formations maintenant exclue des cibles d’immigration, Yannick Malouin rapporte lui aussi que l’insécurité est manifeste chez plusieurs étudiants. Il y a de l’incompréhension. On sait qu’il n’y a pas de clauses de droits acquis et que même les étudiants déjà inscrits ne pourront pas accéder au programme selon les anciennes modalités.

Moratoire demandé

Le Syndicat des enseignants et enseignants du cégep de Matane joint sa voix à ceux qui demandent au gouvernement Legault un moratoire sur les modifications apportées au programme de l’expérience québécoise ainsi qu’une clause de droit acquis.

Le DG du cégep de Matane demande aussi au gouvernement de rétablir la liste de tous les programmes qui étaient admissibles au PEQ et de protéger les étudiants déjà inscrits à une formation.

Il estime que les impacts se feront déjà sentir en janvier puisque déjà des étudiants remettent en cause la poursuite de leurs études au cégep de Matane.

Pierre Bédard ajoute que le gouvernement est aussi en train de faire une très mauvaise presse à l’étranger pour la formation au Québec.

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