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La réalité virtuelle fait son entrée au théâtre avec Jeff Koons

Un homme plongé dans la pénombre est devant un écran illuminé.

La pièce de théâtre «Jeff Koons» se déroule en trois dimensions : dans la salle avec les spectateurs, sur scène avec les comédiens et sur écrans où est projeté une réalité virtuelle.

Photo : Radio-Canada

Christelle D'Amours

Imaginez-vous une scène occupée par des comédiens portant des casques de réalité virtuelle. Imaginez-vous maintenant être spectateur en train de regarder ces comédiens pendant que, sur des écrans, sont projetées les images de la troisième dimension dans laquelle ils évoluent. La nouvelle création du Théâtre du Trillium, Jeff Koons, cherche à réinventer les codes du théâtre.

En reprenant le texte de Rainald Goetz, le jeune metteur en scène Dillon Orr a voulu se réapproprier un art qu’il aime, mais qu'il souhaiterait voir s’actualiser.

C’est surtout une volonté de réinventer la scène, de réinventer notre façon de consommer la culture, parce qu’au théâtre, je trouve que des fois, on est un peu en arrière, soutient-il.

Un jeune homme aux cheveux frisés et portant des lunettes est éclairé sur une scène sombre.

Le metteur en scène Dillon Orr

Photo : Facebook : Dillon Orr / Crédit : Nicolas Biaux

L’artiste franco-ontarien fait plus que faire tomber le 4e mur : il pulvérise les barrières en permettant à la réalité virtuelle de s’intégrer dans l’une des plus vieilles formes d’art au monde.

La pièce Jeff Koons n’est pas une histoire, mais plutôt une série de tableaux se succèdant pendant 40 minutes. Dillon Orr y étudie le dialogue entre la salle, la scène et les écrans.

C’est un spectacle complètement innovateur, du jamais-vu, pour nous, comme pour le spectateur.

Pierre Antoine Lafon Simard, directeur du Théâtre du Trillium
Une homme porte un casque de réalité virtuelle devant les yeux.

Le comédien porte un casque de réalité virtuelle.

Photo : Radio-Canada

Il y a les spectateurs dans la salle et les comédiens sur scène, mais ces derniers portent des casques de réalité virtuelle. Et tout à coup, les interprètes jouent devant nous, mais sont dans un autre lieu que nous, précise le directeur du Théâtre du Trillium, Pierre Antoine Lafon Simard.

Ce dernier tient à ajouter que le spectacle est accessible et qu’il ne faut pas une thèse en art contemporain pour le comprendre.

Mais pourquoi Jeff Koons?

Jeff Koons est un artiste américain stigmatisé par la critique, mais dont les oeuvres se vendent des dizaines de millions de dollars auprès des collectionneurs. Si le plasticien imagine ses pièces kitsch, il les fait ensuite confectionner par ses assistants.

Une sculpture géante d'un chien en ballons oranges est présentée dans un musée.

Balloon Dog (Orange), de l'artiste Jeff Koons s'était envolé en 2013 pour 77 millions de dollars canadiens.

Photo : Getty Images / Don Emmert

Presque un personnage, Jeff Koons incarne le visage de l’art marchandisé. La pièce de théâtre se veut une métaphore pour illustrer un marché invisible et construit où les oeuvres sont vendues à des prix gonflés, voire exorbitants.

Jeff Koons, c’est une figure tout à fait pertinente pour ça, parce qu’un gars qui vend des oeuvres plusieurs, plusieurs millions de dollars, mais qui n’a jamais touché à son oeuvre, est-ce que c’est vraiment un artiste ou un symbole du milieu de l’art?

Pierre Antoine Lafon Simard, directeur du théâtre du Trillium

Dans notre société contemporaine, on se questionne beaucoup sur la place de l’art, le rôle de l’artiste, puis ce sont des questions qu’on avait envie d’attaquer de front, explique le directeur du théâtre du Trillium.

La compagnie a trouvé en Jeff Koons une occasion ludique de réfléchir sur la société contemporaine et la place de l’art y tient. Tout ça, en faisant voyager le public dans des contrées inexplorées.

POUR Y ALLER
Jeff Koons
Du 6 au 9 novembre, 19 h 30
La Nouvelle Scène

Ottawa-Gatineau

Théâtre