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Un barbier demande des changements aux règles qui encadrent son travail

Robert Lévesque coupe les cheveux de son père Gérald, lui-même un ancien barbier, à l'extérieur du foyers de soins où il réside.

Robert Lévesque coupe les cheveux de son père Gérald, lui-même un ancien barbier.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

François Vigneault

Un barbier de Bathurst demande, une fois de plus, des modifications aux règles qui encadrent le travail de barbier et celui de coiffeur styliste.

Robert Lévesque souhaite des changements qui permettraient aux barbiers et aux coiffeurs d'exercer les deux métiers en même temps... comme ça se fait à peu près partout dans les autres provinces.

Il a choisi une très belle journée récemment pour couper les cheveux de son père à l'extérieur du foyer où il réside depuis quatre mois. Pour des raisons sanitaires et de sécurité, il ne peut couper les cheveux de son père, lui-même un ancien barbier, dans sa chambre. De plus, le foyer de soins a une coiffeuse qui offre le service aux résidents.

Pas de problème pour ça, mais mon père veut avoir une coupe de cheveux ''technique barbier'' comme moi je fais, explique-t-il.

Il mentionne que même si on lui permettait d'utiliser les commodités du salon de coiffure du foyer de soins, il ne pourrait le faire.

[L]e gouvernement a passé une loi disant qu'un barbier et une coiffeuse ne peuvent pas travailler dans le même salon et le même établissement.

Robert Lévesque, barbier à Bathurst

Une personne ne peut pas non plus exercer simultanément les deux métiers dans la province. À titre d'exemple, un coiffeur styliste n'a pas le droit de raser un client, alors qu'un barbier ne peut utiliser un fer à friser.

Ça nous empêche de créer des emplois, et puis ça m'empêche de travailler dans mes deux métiers pour, disons, la clientèle homme et femme.

Une longue bataille

Depuis plus de dix ans, il se bat pour faire changer les règles, mais sans succès jusqu'ici. Robert Lévesque défie la loi en pratiquant dans son commerce de façon simultanée le métier de barbier et celui de coiffeur styliste, et ce, même si l'Association de cosmétologie lui a retiré son permis de coiffeur.

Cette affiche a récemment été placée à l'extérieur du commerce de Robert Lévesque, à Bathurst.

Cette affiche a récemment été placée à l'extérieur du commerce de Robert Lévesque.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Le barbier n'entend donc pas lâcher le morceau. Entre-temps, il compte continuer de couper les cheveux de son père à l'extérieur, même lorsque l'hiver s'installera.

Puis si on y place de l'eau sur ses cheveux, bien mon père va devenir un glaçon, dit-il en riant.

Il promet toutefois de choisir un temps clément pour éviter que son père âgé ne tombe malade.

Par courriel, un porte-parole du ministère de l'Éducation postsecondaire, Formation et Travail a fait savoir que toute modification à la loi doit être introduite par l'Association de cosmétologie du Nouveau-Brunswick et par l'Association des barbiers de la province.

Petite lueur d'espoir, le député libéral de la région, Brian Kenny, a informé Robert Lévesque qu'il tente d'organiser une rencontre avec le ministre conservateur de la Sécurité publique, Carl Urquhart, pour discuter du dossier.

L'Association de cosmétologie n'a pas répondu aux messages de Radio-Canada.

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