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Des gangs de rue plus désorganisés et plus enclins à la violence

Des t-shirts de gangs de rue des Manitoba Warriors sont disposés sur une table.

Le gang des Manitoba Warriors est un des plus connus à Winnipeg.

Photo :  CBC / Jeff Stapleton

Radio-Canada

Selon la police de Winnipeg, ce sont les gangs de rue qui sont responsables de l'épidémie de violence qui se répand dans la ville.

Les gangs de rue ont changé, selon les observateurs. Non pas en nombre, mais dans leur culture. Selon la police de Winnipeg, cela explique l’explosion de violence que connaît la ville en ce moment.

Le travailleur social Mitch Bourbonnière explique ainsi que la structure des organisations et leur composition ont changé.

C’est un peu plus chaotique que ça l’était auparavant, explique-t-il. Il semble que les gens ne sont pas aussi organisés et loyaux qu’avant. Il semble aussi qu’il y a un certain manque de structure.

Les différents groupes se scindent de plus en plus. D’après la police de Winnipeg, de plus petits groupes se forment pour éviter de se faire attraper par les forces de l’ordre. Ils sont plus difficiles à suivre et à identifier, car ils ne portent pas les mêmes couleurs et symboles que les plus grandes organisations.

La ville enregistre 40 homicides depuis le début de l’année. Ce chiffre se rapproche du triste record de 2011, quand il y avait eu 41 meurtres dans la capitale manitobaine.

En plus des homicides, la police note une explosion des crimes qui touchent la propriété ainsi qu'une augmentation de la violence alimentée par la crise de la méthamphétamine.

C’est au-delà des querelles de clocher, au-delà de simples litiges. Ce sont des actes de violence au hasard pour entrer dans les gangs, affirme l’inspecteur Max Waddell, qui travaille pour l’unité du crime organisé.

Max Waddell estime à 1500 le nombre des membres de gangs, auxquels s'ajoutent près de 2500 associés. Selon lui, ces derniers sont plus prompts à la violence que par le passé. Au cours de cette année, la police de Winnipeg a mis sur pied une nouvelle unité pour combattre l'augmentation de la violence.

Les facteurs restent les mêmes

Pour Mitch Bourbonnière, d’autres choses n’ont pas changé, en revanche. La renommée ainsi que l'argent continuent d'attirer de nouveaux membres, surtout dans les tranches les plus pauvres de la société.

Il ajoute que le sentiment de fraternité compense parfois les problèmes familiaux. Selon lui, il y aura toujours des gens volontaires pour prendre la place de ceux qui s’en vont.

La professeure associée du département d'anthropologie culturelle à l’Université du Manitoba Kathleen Buddle étudie les gangs de Winnipeg depuis 15 ans.

Elle explique que, désormais, les membres ne prennent part qu'à certaines missions.

C’est surtout parmi les plus jeunes membres qu’il y a des changements. Ils vont souvent faire le sale travail pour les membres plus haut placés, dit la professeure.

Selon elle, la pauvreté, les problèmes de santé mentale et l’itinérance sont les principales causes d’engagement dans un gang.

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