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Au Canada, 553 objets ont été oubliés dans le corps de patients après une opération

Un chirurgien prend un instrument dans sa main.

Le nombre de cas où un corps étranger a été laissé dans l’organisme d’un patient a augmenté de 14 % en cinq ans à l’échelle du Canada.

Photo : iStock

Danielle Kadjo
Simon-Pierre Poulin

Au cours des deux dernières années, un total de 553 objets ont été oubliés dans le corps de patients canadiens ayant subi une intervention chirurgicale. C’est ce que révèle le dernier rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Selon l'ICIS, le système de santé canadien demeure parmi les meilleurs au monde. La majorité des indicateurs de performance le confirme, mais le Canada fait toutefois piètre figure sur certains d’entre eux, particulièrement au chapitre de la sécurité des patients.

L'oubli d'un corps étranger dans l'organisme après une opération fait partie de ces indicateurs de la sécurité des patients.

Selon la porte-parole de l'organisme, Christina Lawand, ce sont généralement des éponges ou des instruments chirurgicaux qui sont oubliés par le corps médical. Et pourtant, explique-t-elle, plusieurs pratiques exemplaires, comme une liste de contrôle pour chaque intervention chirurgicale, sont mises à la disposition des médecins.

Les équipes en salle d'opération font des comptes, avant, durant et après l'intervention pour être sûres de comptabiliser tous les instruments, a-t-elle précisé.

Pendant ce temps, le nombre de cas où un corps étranger a été laissé dans l’organisme d’un patient a augmenté de 14 % en cinq ans à l’échelle du Canada, selon le rapport.

C’est préoccupant parce que ce sont des événements qui ne devraient jamais arriver.

Christina Lawand, porte-parole de l’Institut canadien d’information sur la santé
Une image avec des statistiques.

Selon l'Institut canadien d’information sur la santé, le Canada tire toujours de l’arrière par rapport à d’autres pays de l’OCDE sur le plan des mesures de la sécurité des patients.

Photo : Institut canadien d’information sur la santé

Un manque d'uniformité

Christina Lawand estime que cette situation se traduit par le fait que les procédures ne sont pas uniformes d'un établissement de santé à l'autre ou que tout simplement les comptes sont mal faits.

Selon elle, il y a des variations importantes entre les provinces : À l'intérieur d'une province, il peut y avoir beaucoup de variations d'une région à l'autre, et même d'un établissement à l'autre. C'est la raison pour laquelle nous demandons aux décideurs en santé de bien analyser la situation dans leur province, afin de comprendre exactement ce qui explique ces chiffres et mettre en place un plan d'action.

Pour Donna Davis, membre de l’organisme Patients pour la sécurité des patients, une meilleure collaboration s’impose entre le personnel médical et les patients. Elle appelle les professionnels de la santé à mieux écouter les préoccupations de leurs patients.

« Les médecins sont les experts de la médecine, mais vous êtes l’expert de vous même », souligne-t-elle. Elle invite donc les patients à communiquer leur inconfort.

« Quand quelque chose cloche, faites-le savoir. Sans chercher la confrontation, sans être désagréable, vous avez le droit de savoir », ajoute celle qui a perdu son fils de 19 ans des suites d’une erreur médicale.
« I l y des mesures consultatives comme des comités en place dans presque tous les hôpitaux, explique-t-elle. Les patients et leur famille ont intérêt à y raconter leur expérience ».

La qualité des soins

L'ICIS précise que, en matière de qualité de soins, les systèmes de santé canadiens se comparent à ceux des autres pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Les taux de survie au cancer du sein et au cancer du côlon, par exemple, sont parmi les plus élevés au monde.

Le Canada enregistre également des progrès dans la réduction des décès à l'hôpital attribuables à une crise cardiaque ou à un accident vasculaire cérébral.

Alberta

Santé publique