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La prostitution attire des Québécoises en Alberta, où elles font plus d'argent

Photo d'une travailleuse du sexe dans une chamble d'hôtel.

Des organismes de l'Alberta ont témoigné lundi dans le cadre de la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des femmes du Québec et de l’Ontario se prostituent régulièrement en Alberta parce qu’elles y font plus d’argent. C’est ce qu’affirment des policiers d’Edmonton ainsi que la directrice du Centre pour arrêter toute exploitation sexuelle, Kate Quinn.

Les policiers Daniel Duiker et Brian McGuigan, de la section sur le trafic humain et l’exploitation du Service de police d’Edmonton, ont témoigné, lundi soir, dans le cadre de la Commission parlementaire sur l’exploitation des mineurs du gouvernement du Québec.

Pour Daniel Duiker, ces travailleuses du sexe sont motivées principalement par le fait qu’elles peuvent faire plus d’argent en Alberta.

Beaucoup de ces femmes proviennent du Québec et, quand on leur demande pourquoi elles viennent à Edmonton, à Calgary ou Fort McMurray, elles expliquent qu’elles font beaucoup plus d’argent ici, explique le policier.

Au Québec, elles chargent entre 40 $ et 50 $ de l’heure, mais ici ou en Colombie-Britannique, c’est plutôt 200 $ ou 250 $ de l’heure, ajoute-t-il.

Brian McGuigan affirme que la majorité des mineurs qui se prostituent ont entre 14 et 17 ans.

Les filles qui font cela viennent en général une semaine ou deux et, une fois qu’elles ont l’argent qu’elles voulaient, elles repartent, dit-il.

Si la prostitution ouverte dans les rues est en déclin, elle s’est déplacée sur Internet et se pratique dans les hôtels ou dans des logements trouvés sur le site de location Airbnb.

Le fait français

Le fait de parler français ne semble pas être un critère dans le choix des Québécoises qui viennent en Alberta.

J’ai eu des discussions avec environ une centaine de femmes du Québec au cours des dernières années, et même avec des hommes qui ont été arrêtés, et personne ne m’a jamais dit que la langue ou le fait qu’une femme venait d’ailleurs était un facteur, affirme Daniel Duiker.

Parfois, dans les annonces en ligne, il y a une mention "fille française", mais ce n’est pas commun. C’est plus une question d’esthétique, de prix et si les commentaires sont bons. Je ne pense pas que le français ait une influence, ajoute Daniel Duiker.

Kate Quinn milite de son côté pour faire cesser toute exploitation sexuelle. Elle a raconté avoir aidé une femme du Québec qui fuyait un proxénète.

Elle s’était retrouvée dans une mauvaise relation avec un proxénète. Je suis allée la chercher, elle m’attendait avec ses deux valises au bord d’une route en bordure d’Edmonton. Nous lui avons fourni un billet d’avion pour qu’elle rentre chez elle en sécurité, explique Kate Quinn.

Il y a beaucoup de femmes qui viennent du Québec, mais aussi d’Ontario et de Chine ou de Corée. C’est parce que l’argent est facile en Alberta et qu'il y a beaucoup de secteurs industriels qui emploient des hommes, explique-t-elle.

Ces femmes font souvent des circuits et vont de Calgary à Red Deer, à Edmonton, à Fort McMurray et à Grande Prairie. C’est difficile de dire combien viennent de leur plein gré ou par des réseaux organisés et c’est aussi impossible de dire combien arrivent ici par elles-mêmes avant d'être recrutées par des proxénètes, ajoute Kate Quinn.

L’intervenante note que les proxénètes attirent souvent de jeunes travailleurs du sexe avec des drogues. Une fois qu'ils sont devenus dépendants, il est plus facile de les convaincre de se prostituer. Les proxénètes jouent aussi sur les sentiments de leurs victimes en leur faisant croire qu’ils les aiment ou qu’ils tiennent à elles.

Crime organisé

Selon la police, il y a à Edmonton et à Calgary une forte augmentation des salons de massage illégaux liés au trafic de femmes venant principalement d’Asie.

Il y a nettement un lien avec le crime organisé. Il y a du blanchiment d’argent associé aux salons de massage et aux casinos, ajoute Brian McGuigan.

Des stratégies en place en Alberta

L'Alberta a une loi sur la protection des enfants sexuellement exploités. Le gouvernement a aussi un plan pour s’attaquer à la question du trafic humain.

Le Service de police d’Edmonton organise régulièrement des opérations pour tenter de s’attaquer à la demande de services sexuels.

En moyenne, pendant des opérations, nous plaçons des annonces en ligne et dans un délai de 7 ou 8 heures, elles sont en général vues 4000 fois. Pour nous, c’est alarmant, ça montre à quel point ces sites sont actifs, dit-il.

La police dit que chacune de ces journées d’opération permet d’arrêter de 10 à 15 clients contre qui seront déposées des accusations.

Alberta

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