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La première opération neurovasculaire au monde assistée par un robot réalisée à Toronto

Une salle d'opération avec du personnel médical en pleine action, assisté par un bras robotisé.

Le Dr Vitor Mendes Pereira dirigeait le bras robotisé depuis une console à quelques mètres de la table d'opération et de son équipe, vendredi dernier.

Photo : Krembil Brain Institute

Myriam Eddahia

Un neurochirurgien de l'Hôpital Toronto Western a utilisé un bras robotisé pour faire une intervention chirurgicale dans le cerveau d'une femme.

Il s'agit de la toute première chirurgie neurovasculaire au monde à être réalisée sur un être humain à l’aide de la robotique.

Le Dr Vitor Mendes Pereira, neurochirurgien et neuroradiologue du Krembil Brain Institute, a dirigé le bras robotisé pendant l'opération chirurgicale qui a duré moins de trois heures.

Un homme regarde un écran montrant des images radiologiques.

Le Dr Vitor Mendes Pereira à son poste de contrôle du bras robotisé lors de l'opération chirurgicale.

Photo : Krembil Brain Institute

Ce système robotique contrôle les cathéters, les fils et les dispositifs utilisés lors des interventions chirurgicales. L'opérateur a le contrôle à 100 %, mais c'est le robot qui exécute les mouvements, avec une meilleure précision.

Les images radiologiques permettent de voir les manipulations submillimétriques en temps réel pendant l'opération chirurgicale.

C'est un moment historique pour l'avenir de la médecine.

Le Dr Vitor Mendes Pereira, neurochirurgien et neuroradiologue

Cette machine peut faire [avec plus de minutie] ce que nous faisons à quatre mains, ajoute le Dr Vitor Mendes Pereira.

La patiente de 64 ans souffrait d'un anévrisme cérébral majeur, un gonflement potentiellement mortel d’un vaisseau sanguin dans le cerveau.

L'opération chirurgicale non invasive ne nécessite pas l’ouverture du crâne. Les patients peuvent parfois obtenir leur congé de l'hôpital le jour même.

Qu'est-ce qu'un anévrisme?

Un anévrisme se produit lorsqu'une partie d'une paroi artérielle s'affaiblit, l'amenant à s'élargir ou à se gonfler.

Si un anévrisme cérébral se rompt, il peut être mortel ou causer des lésions cérébrales permanentes.

À l'aide d'un bras robotisé, le Dr Pereira a mené l'opération chirurgicale avec succès.

Le neurochirurgien a mis au point cet outil pendant deux ans avec la compagnie Corindus Vascular Robotics, une filiale du géant allemand Siemens. Ce bras robotisé a coûté 1,2 million de dollars.

Un homme regarde un écran.

Pendant que le robot est à côté de la patiente, le Dr Vitor Mendes Pereira dirigeait le robot dans la même salle.

Photo : Krembil Brain Institute

Cette technologie a déjà été utilisée pour d’autres types d’interventions médicales [cardiaques], mais elle n’a jamais été utilisée auparavant pour des interventions neuro-endovasculaires [accidents vasculaires cérébraux, anévrismes, etc.], précise la responsable des communications du Réseau universitaire de santé de Toronto (UHN), Heather Sherman.

Cette procédure pourrait non seulement ouvrir la porte à une plus grande précision chirurgicale, mais aussi à l’amélioration des soins aux patients des communautés isolées.

Traiter les membres de communautés éloignées

Chaque minute compte quand vient le moment de limiter les dommages causés par un accident vasculaire cérébral (AVC), par exemple.

Selon le Dr Timo Krings, neuroradiologue et bras droit du Dr Pereira, les accidents vasculaires cérébraux peuvent tuer jusqu'à deux millions de neurones par minute, ce qui rend le traitement rapide indispensable, mais difficile d'accès pour de nombreux Canadiens, comme dans le Nord de l'Ontario.

Cette technique ouvre la porte au développement de l'opération chirurgicale à distance par des systèmes robotiques, selon le Dr Pereira.

Ça veut dire qu'on élargit l'accès à des traitements sensibles au temps à ces communautés qui font face à un manque d'accès lié au climat, par exemple pendant l'hiver, ajoute-t-il.

Nous espérons que la technologie pourra être déployée dans un an dans des zones qui n'ont pas accès à un centre spécialisé en traitement d'accidents vasculaires cérébraux. Le potentiel est énorme pour les patients ayant des [maladies neurovasculaires] dans des régions éloignées, ajoute Heather Sherman.

Une nouvelle approche

Même si l’assistance robotique pourrait constituer une amélioration révolutionnaire, selon les deux neuroradiologues, ils reconnaissent que certains médecins hésiteront peut-être à en faire usage.

Le Dr Pereira s’est dit très heureux d’avoir utilisé le bras robotisé, en particulier au cours d’une partie difficile de l'intervention dans laquelle il a installé des endoprothèses à l’intérieur du cerveau de la patiente.

Avec les informations de Nick Boisvert

Médecine

Science