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Le boeuf et le porc canadiens de nouveau les bienvenus en Chine

Des vaches regardent vers la caméra. Elles se tiennent dans ce qui ressemble à de la boue.

Les exportations de boeuf canadien reprendront sous peu vers la Chine.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Radio-Canada

La viande canadienne pourra de nouveau être exportée en Chine, a annoncé Justin Trudeau, mardi, plus de quatre mois après la suspension de toutes les importations de viandes en provenance du Canada dans le pays le plus populeux du globe.

Bonne nouvelle pour les agriculteurs canadiens : les exportations de porc et de bœuf vers la Chine reprendront. Merci à l’ambassadeur Barton et à l’industrie canadienne de la viande d’avoir contribué à rouvrir ce marché clé pour nos producteurs de viande et leurs familles, a écrit le premier ministre Trudeau mardi après-midi sur Twitter.

En juin, la Chine a suspendu toutes ses importations de viandes en provenance du Canada après avoir décelé dans une cargaison de viande porcine des traces de ractopamine, un additif qu’elle interdit dans la nourriture des bêtes d’élevage.

Au cours des derniers mois, par l’intermédiaire de l’Agence canadienne d'inspection des aliments [ACIA] et d’Affaires mondiales Canada via l’ambassade canadienne à Beijing, nous avons collaboré avec la Chine, ont déclaré la ministre de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau, et son collègue de la Diversification du commerce international, Jim Carr.

Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec les producteurs et transformateurs de porc et de bœuf dans les jours et les semaines à venir pour assurer la reprise du commerce, ont assuré les deux ministres.

Le Conseil des viandes du Canada a aussitôt exprimé sa satisfaction de voir cette interdiction levée après un embargo de quatre mois sur l'exportation de ses produits en Chine.

Nous aimerions exprimer notre reconnaissance au gouvernement du Canada pour tous les efforts qu'il a déployés tant à Ottawa qu'à l'étranger.

Chris White, président du Conseil des viandes du Canada

Nos relations commerciales de longue date avec la Chine sont très importantes pour les deux parties, a déclaré Chris White en rappelant que l’industrie de la viande rouge est un marché qui représente plus de 20 milliards de dollars et 288 000 emplois au Canada.

Les éleveurs de porcs soulagés

La nouvelle a également été très bien accueillie par les producteurs et les transformateurs de porcs du Québec pour qui la Chine est un important client. Selon René Roy, deuxième vice-président du Conseil canadien du porc, l'embargo chinois a causé des pertes de 120 millions de dollars pour l'industrie québécoise.

C’est une excellente nouvelle pour l’ensemble de la filière porcine québécoise, mais aussi canadienne. C’est des retombées de plusieurs milliards, a déclaré Louis-Philippe Roy, deuxième vice-président des Éleveurs de porcs du Québec.

Pour l’instant, ce qu’on sait, c’est qu’il va y avoir une période de probation de quelques semaines, quelques mois, mais c’est une bonne nouvelle.

Louis-Philippe Roy, deuxième vice-président des Éleveurs de porcs du Québec et président des Éleveurs de porcs des Deux Rives
Élevage de porcs à la ferme Meloporc, à Saint-Thomas de Joliette, au Québec.

Élevage de porcs à la ferme Meloporc, à Saint-Thomas de Joliette, au Québec

Photo : Getty Images / SEBASTIEN ST-JEAN

La Chine va être très stricte au niveau des certificats, donc les documents devront être bien remplis, ajoute M. Roy, qui explique que cet embargo a entraîné des pertes économiques très importantes pour les transformateurs et les éleveurs.

La Chine est en effet le deuxième marché en importance pour le porc canadien et le cinquième pour le bœuf.

Des tensions qui persistent

Selon l’ancien ambassadeur du Canada en Chine, Guy Saint-Jacques, l’éclosion d’une épidémie de grippe porcine africaine dans les élevages de porcs chinois a également contribué à la réouverture des importations de viande en provenance du Canada.

La Chine n’avait pas le choix de reprendre ses importations du Canada qui va fournir une viande de porc de haute qualité à bon prix, a expliqué l’ex-ambassadeur à CBC.

Malgré tout, les tensions diplomatiques persistent toujours entre Pékin et Ottawa. Les exportations canadiennes de graines de canola sont d'ailleurs encore l'objet d'un embargo de la Chine, qui affirme que les marchandises canadiennes sont contaminées.

Cette situation pourrait coûter plus d'un milliard de dollars aux producteurs de grains canadiens, qui exportent environ 40 % de leurs produits de canola en Chine, pour une valeur de 2,7 milliards de dollars en 2018, selon le Conseil canadien du canola.

Cette levée de boucliers de la Chine face aux exportations de viandes canadiennes et de graines de canola s'inscrit dans le cadre des tensions politiques entre Ottawa et Pékin depuis l'arrestation, en décembre 2018, de la vice-présidente de la société de technologie chinoise Huawei, Meng Wanzhou, à Vancouver, à la demande des autorités fiscales américaines.

Deux Canadiens ont par la suite été arrêtés en Chine, où ils sont soupçonnés d’avoir menacé la sécurité nationale, et un troisième Canadien a été condamné à mort.

Washington, qui a demandé l'extradition de Meng Wanzhou pour la traduire en justice, la soupçonne d'avoir violé les sanctions américaines contre l'Iran. Les États-Unis reprochent également au géant chinois d'utiliser les produits qu'il vend dans le monde pour faire de l'espionnage au profit du gouvernement chinois.

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