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analyse

Elizabeth May : le départ d’une chef atypique

Habillée de vert, Elizabeth May pose devant une lampe.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, tire sa révérence moins d'un mois après les plus récentes élections fédérales.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Madeleine Blais-Morin

Plus de sept minutes après le début de son point de presse, la chef des verts a annoncé qu’elle cède la place qu’elle occupe depuis 13 ans. Elizabeth May a d’abord laissé le temps aux deux autres députés du parti de se présenter. C’est à l’image de celle qui a voulu faire de la politique autrement. Mais au-delà de son style atypique, l’histoire retiendra probablement celle d’une chef de parti qui visait plus grand.

Le Parti vert avait de grandes attentes lors de la dernière campagne électorale.

La formation politique espérait que de récents succès sur la scène provinciale se répètent à Ottawa. Les verts détiennent la balance du pouvoir en Colombie-Britannique. Ils forment pour la première fois l’opposition officielle à l'Île-du-Prince-Édouard. Ils sont aussi représentés en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

Le parti d’Elizabeth May se permettait de rêver d’obtenir le statut de parti officiel, c’est-à-dire faire élire au moins 12 députés. Ils ne sont finalement que trois. C’est un record. Mais c’est aussi bien en deçà des aspirations des verts.

Le parti, qui en début de campagne chauffait le Nouveau Parti démocratique (NPD) dans les intentions de vote, n’a obtenu que 6,5 % des voix, loin derrière les troupes du chef néo-démocrate Jagmeet Singh, qui ont récolté 15,9 % des votes.

Alors que l’environnement n’avait pas été un sujet aussi chaud depuis longtemps, les verts ont raté des occasions de s’imposer. Comme lors de la grande marche sur le climat à Montréal. Si Elizabeth May y était, elle a eu du mal à attirer l’attention.

C’est cette journée-là que Justin Trudeau avait promis de planter deux milliards d’arbres sur une période de 10 ans.

Talonnés sur l'environnement

Sur la question de l’environnement, Elizabeth May était devenue une référence au Parlement. Elle connaissait ses dossiers en profondeur et n’a jamais voulu surfer sur des slogans. Mais son parti est loin d’être le seul à se revendiquer vert. Un défi pour sa formation politique.

À cela se sont ajoutées quelques erreurs de parcours, comme la confusion passagère entourant la position du parti sur l’avortement, après qu’Elizabeth May eut signalé qu’elle n’a pas le pouvoir d’imposer une ligne de parti lors de votes.

Au sujet de cet épisode, elle affirme maintenant qu’elle était « une chef pas comme les autres », puisqu'elle croit qu’il faut répondre aux questions posées plutôt que de répéter des phrases apprises par coeur. Puisque dans son parti, les votes ne sont pas dirigés par un whip, a-t-elle dit en entrevue.

Mais la liste de reproches dressés par le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, ne se limite pas à l’enjeu de l’avortement. Il fait état d’« ambiguïtés » sur d’autres questions comme les sables bitumineux, l’indépendance du Québec et le projet de loi 21.

Il faisait d’ailleurs circuler une pétition réclamant une course à la direction du parti en se disant lui-même prêt à se lancer.

Comme quoi, si Elizabeth May dit qu’elle choisit de quitter son poste au moment où le Parti vert a connu, selon elle, des résultats sans précédent, certains l'incitaient déjà à céder sa place.

Mme May a dirigé ce parti pendant 13 ans. Elle en a longtemps été non seulement la chef, mais aussi l’unique députée. C’est long pour quelqu'un qui dit ne pas aimer la politique.

Même si elle compte rester députée et se présenter à nouveau aux prochaines élections, son ou sa successeur(e) devra donner un nouveau visage aux verts. Les résultats que le parti obtiendra par la suite permettront peut-être de mieux juger ceux d’Elizabeth May.

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