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L’opposition dresse un bilan de mi-mandat sévère de l’administration Plante

Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal.

Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal, brosse un sombre bilan de mi-mandat de l'administration Plante.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Une ville divisée et mal gérée » : le verdict de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Montréal est sans appel. Il n’y a rien de bon à souligner dans le bilan de mi-mandat de l'administration Plante, à en croire Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal.

Pour M. Perez, au lieu de faire avancer la ville vers un objectif commun à tous, les positions dogmatiques de la mairesse Plante divisent de plus en plus les citoyens.

Avec Projet Montréal, c’est noir ou c’est blanc. Il n’y a pas de compromis possible.

Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal

Lionel Perez cite entre autres l’exemple du projet pilote interdisant la circulation de transit sur le mont Royal, en 2018.

M. Perez indique que c'est Ensemble Montréal qui a réclamé et obtenu une consultation sur ce projet, menée par l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM), il y a un an.

L'OCPM a non seulement qualifié de "peu concluants" les résultats du projet, mais il s'en est aussi pris à la façon de faire de l'administration, en parlant d’une "planification hâtive, avec des objectifs imprécis et communiqués maladroitement", dit-il.

Ce projet définit parfaitement une administration qui refuse d'écouter ses citoyens, dit-il.

Lionel Perez donne aussi l’exemple d’Outremont, où du jour au lendemain, sans consulter qui que ce soit, le maire de cet arrondissement et son équipe de Projet Montréal ont décidé que tous les espaces de stationnement sur rue seraient dorénavant tarifés.

Le chef de l'opposition officielle reproche également à l’équipe de la mairesse d'endetter davantage les Montréalais en augmentant les dépenses d'environ 500 millions de dollars en 2 ans.

Peu de réalisations sur le plan du développement économique

Là aussi, M. Perez met l’accent sur ce qu’il qualifie d’échec retentissant, soit la construction d'une nouvelle usine de fabrication de panneaux solaires, par l'entreprise britannique Solargise, sur le terrain du Club de golf Métropolitain Anjou. Le projet, estimé à 2,3 milliards de dollars, aurait créé 1000 emplois directs, mais il n’a pas abouti, parce que la mairesse voulait étendre le parc-nature du Bois-d’Anjou sur ce même site.

Devant ce manque d’intérêt évident de la part de l’administration, Solargise a finalement décidé de s’installer à Salaberry-de-Valleyfield, ajoute M. Perez.

Le chef de l'opposition officielle revient également sur le programme de compensation financière pour les commerces sur les artères en chantier. Il s’agit d’un échec, dit-il. Très peu de commerçants s’y sont inscrits. Les conditions sont exigeantes : par exemple, les commerçants doivent assumer les premiers 15 % de pertes. Cela constitue la marge de profit de beaucoup de ces commerçants, explique M. Perez. Le programme ne leur est d’aucune utilité.

La gestion des matières résiduelles est un autre dossier sur lequel l’opposition trouve beaucoup à redire, notamment sur la question des dépassements des coûts.

L'octroi des contrats pour la construction des centres de traitement des matières organiques (CTMO), dont le premier, situé dans l'arrondissement de Saint-Laurent, coûtera 175 millions de dollars, soit 59 millions de dollars de plus que la dernière estimation de la Ville. L'autre, situé à Montréal-Est, coûtera 130 millions de dollars, soit 39 millions de dollars de plus que ce qui était prévu.

Nous comprenons très bien l'enjeu climatique, mais ce n'est pas une raison pour tout à coup oublier notre responsabilité de bien gérer l'argent des contribuables.

Francesco Miele, leader adjoint d'Ensemble Montréal

La charge du chef de l’opposition s’étend aussi aux finances publiques. Place à l'amateurisme, lâche-t-il, résumant l’exercice de l’administration Plante. Aucun effort de rationalisation, des dépenses records, une dette qui atteint des niveaux extrêmes, juge M. Perez.

En deux ans d'administration Projet Montréal, les dépenses de la Ville ont augmenté de 9,5 %, ce qui représente la somme gigantesque de 503 millions de dollars.

Alors que tous les experts nous disent qu'un ralentissement économique est à nos portes, nous sommes devant une administration qui dépense sans compter et qui ne se gêne pas pour remplir la carte de crédit au-delà de la limite.

Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal

La gestion du déneigement est également jugée catastrophique. L'opposition rappelle qu'en janvier dernier, Urgences santé recevait 140 appels à l'heure en raison des nombreuses chutes sur la glace qui avait envahi les trottoirs et les rues de la ville.

Un déneigeur souffle de la neige dans un camion de chargement, à ses côtés.

Des déneigeurs au travail (archives)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

L'hiver dernier fut un véritable cauchemar. De la glace partout, pendant des mois, parce que la neige tombée lors des premières chutes n'avait pas été ramassée. Et l'année d'avant, ils n'ont pas décrété de chargement après une tempête parce qu'ils croyaient que cette neige allait fondre!, dit M. Francesco Miele, leader adjoint d'Ensemble Montréal.

Valérie Plante se dit « rassembleuse »

Invitée à réagir, Valérie Plante a rejeté en bloc les accusations de l’opposition. Je balaye du revers de la main cette critique. Au contraire, je pense que j'ai la capacité, et on le voit avec la transition écologique, de rassembler les gens autour de moi.

Pas question de nier les changements climatiques, il faut poser des gestes forts. Je laisse à l’opposition la culture du statu quo. C'est ce qu'il y avait avant mon arrivée à l'Hôtel de Ville, répond Mme Plante.

La semaine dernière, la mairesse avait fait son propre bilan, disant s'accorder une note d'environ 7 sur 10 pour l'ensemble de son oeuvre. Un résultat qu'elle a rectifié à 7,5 lundi, sur un ton humoristique, estimant que ce score reflétait davantage tout ce qui a été accompli dans chaque secteur.

Au moment de ce bilan de mi-mandat, elle assurait également avoir « appris l'art du compromis ».

Grand Montréal

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