•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un record provincial d’exemptions au cours d’éducation à la sexualité à la CSPO

Une infographie montre sur un tableau noir des coeurs, des équations mathématiques et des bonhommes allumettes.

Les cours d'éducation sexuelle sont offerts dans toutes les écoles primaires et secondaires au Québec depuis la rentrée de septembre 2018.

Photo : Radio-Canada / Emilee Flansberry-Lanoix

Radio-Canada

La Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) enregistre le plus grand nombre d’exemptions d’élèves dans toute la province pour le cours d’éducation à la sexualité. Selon le Journal de Montréal, les écoles du Québec ont reçu 540 demandes, dont 237 ont été acceptées. De ce nombre, 192 – soit 81 % – proviennent de la CSPO.

Ibrahim Sballil, président de l’OSBL Parents engagés de l’Outaouais, fait partie de ceux qui ont demandé de telles exemptions partielles de certaines parties du programme.

S’il reconnaît le besoin pour un tel cours, qu’il qualifie d’intéressant, encore plus dans un contexte hypersexualisé, il déplore que le processus n’ait pas pris en compte les parents.

M. Sballil accorde l'entrevue dans la rue.

Ibrahim Sballil, président de l’OSBL Parents engagés de l’Outaouais

Photo : Radio-Canada

Le fond de la problématique est le droit de regard que les parents ont sur ce qu’on enseigne à leurs enfants, résume-t-il. On se base sur notre façon de voir le monde qui est bâtie sur notre perception religieuse.

On est arrivés avec certaines notions, certains principes qu’on va imposer à tout le monde.

Ibrahim Sballil, Parents engagés de l’Outaouais

S’il y a eu davantage de demandes d’exemptions en Outaouais, c’est que les parents se sont organisés, estime M. Sballil. Parents engagés de l’Outaouais a notamment demandé conseil à des membres qui sont avocats. Ces derniers ont suggéré une procédure à suivre, en respectant les directives du ministère de l'Éducation.

Deux motifs peuvent être invoqués pour retirer un enfant du cours d’éducation à la sexualité, précise le ministère de l’Éducation. D’abord, si le contenu peut causer un tort psychologique à l’élève. Ensuite, si le cours peut porter atteinte à une liberté ou à un droit fondamental garantis par les chartes canadienne et québécoise, par exemple pour des raisons religieuses.

Pas d’exemptions pour des motifs religieux, selon le ministre

De son côté, le ministre de l’Éducation est formel. Les cours d’éducation sexuelle sont bien montés. Je pense que tout le monde devrait en bénéficier, souligne Jean-François Roberge. De mon avis, il n’est pas question d’accepter des demandes d’exclusion ou de retrait pour des motifs qui sont religieux.

Selon lui, la situation à la CSPOsoulève quelques drapeaux. Il ajoute avoir posé des questions à la commission scolaire et envoyé, vendredi dernier, une lettre officielle demandant d’expliquer le grand nombre d’exemptions. Quand j'aurai la réponse, je serai transparent avec vous, a ajouté le ministre Roberge.

La direction de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais a pour sa part refusé notre demande d’entrevue.

De la gestion de classe supplémentaire

Par ailleurs, les enseignants se retrouvent à devoir gérer les exemptions d’élèves. Le cours ne se donne pas en même temps dans toutes les classes. Ça a un petit peu moins d’impact, reconnaît la présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay. Mais ça demande de la gestion au niveau des enseignants.

Mme Tremblay accorde l'entrevue devant une pancarte affichant le nom du syndicat.

Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais

Photo : Radio-Canada

Elle estime également que la mise en place du cours d’éducation à la sexualité à la rentrée de 2018 a été très rapide et désordonnée. Des enseignants se sentaient d’ailleurs insuffisamment outillés pour présenter la matière.

Cette volonté d’agir rapidement pourrait avoir eu d’autres conséquences, selon elle, tout en ignorant la situation précise à la CSPO.

Si le gouvernement avait mieux informé, sensibilisé, que les profs [sic] avaient reçu la bonne formation [...] peut-être que ça aurait rassuré un petit peu plus les parents, entre autres de la CSPO, avance-t-elle. Il y avait sûrement une réelle inquiétude si on a retiré les enfants des cours.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale