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Meurtre de Sandra Gaudet : « l'enquête est terminée », selon la Sûreté du Québec

Sandra Gaudet

Sandra Gaudet

Photo : Radio-Canada / Archives

Annie-Claude Luneau

Alors que la pression populaire monte pour savoir ce qui s'est passé dans l'enquête sur le meurtre de Sandra Gaudet en 1990 à Val-d'Or, la Sûreté du Québec affirme que le dossier est fermé.

Près de 5000 personnes font partie d'un groupe privé sur Facebook nommé Sandra Gaudet - La population exige des réponses (Nouvelle fenêtre).

Les membres réclament le déclenchement d'une commission d'enquête publique sur l'enquête policière de 1990 qui a mené à la condamnation de Billy Taillefer et Hugues Duguay. Ils ont ensuite été acquittés.

Billy Taillefer et Hugues Duguay poursuivent maintenant le Procureur général du Québec, la Ville de Val-d'Or et la Sûreté du Québec pour 40 millions de dollars en dommages.

Les internautes veulent faire bouger les choses

Le fondateur de la page Philippe Gaudet, qui n'a qu'un lien de parenté très éloigné avec Sandra Gaudet, a été troublé par l'histoire racontée dans le livre et maintenant la série Meurtriers sur mesure.

Après aussi longtemps, après autant de cachotteries et après tout ce qui s'est passé, la commission d'enquête publique est la seule façon que les langues se délieront et que les acteurs importants qui pourraient apporter des réponses vont parler. Ça peut avoir l'air étonnant et fâchant parce que quand on va témoigner dans une enquête publique, ce qu'on dit ne peut pas être retenu contre nous. Mais s'il n'y avait pas cette protection-là, les personnes qu'on souhaite qui parlent ne parleront pas.

Une capture d'écran de Facebook du groupe Sandra Gaudet - La population exige des réponses.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La description du groupe de pression créé pour réclamer une enquête publique sur la mort de Sandra Gaudet.

Photo : Capture d'écran

L'avocat qui représente Billy Taillefer dans sa cause au civil assure que cet appui est un baume pour son client, qui a vécu des années difficiles. Me Alain Arsenault doute toutefois que le gouvernement du Québec aille de l'avant avec une enquête publique.

Je n'y crois pas beaucoup parce que celui qui peut décréter la tenue d'une enquête publique, c'est le gouvernement du Québec et celui qui est poursuivi en dommages pour les fautes commises, c'est également le gouvernement du Québec. Le gouvernement du Québec ne va sûrement pas créer une commission d'enquête pour critiquer ses propres policiers, critiquer son procureur de la Couronne dans ce dossier-là en sachant qu'il y a un procès au civil dans ce dossier-là.

Philippe Gaudet est plus optimiste. Moi je pense que le gouvernement, le ministère, effectivement les documentaires, le livre, tout ça, je ne pense pas que ça les ébranle tant que ça. Mais l'opinion publique et une requête de masse de la population, je ne pense pas que le gouvernement peut ignorer ça. Une pétition en ligne (Nouvelle fenêtre) a d'ailleurs été lancée.

« L'enquête est terminée », selon la Sûreté du Québec

La Sûreté du Québec, qui a repris le dossier lors de la dissolution de la police municipale de Val-d'Or, ne voit pas les choses de cet oeil.

Le lieutenant Hugo Fournier maintient que l'enquête est terminée : Il y a déjà eu le processus judiciaire qui a abouti à ce qu'on connaît déjà. On ne peut pas accuser les mêmes personnes deux fois, alors c'est pour cette raison-là que le dossier est terminé. Il ajoute cependant que l'enquête pourrait être rouverte si de nouveaux éléments le justifiaient.

M. Duguay porte une chemise bleue et M. Taillefer une chemise noire.

Hugues Duguay et Billy Taillefer à Tout le monde en parle (archives)

Photo : Avanti Groupe / Karine Dufour

L'avocat de Billy Taillefer perçoit le même message. J'aimerais bien vous dire que suite à ça [le documentaire], on a eu des pourparlers de règlement, mais non. Et je peux vous dire qu'on n'en aura pas, ils ne veulent pas régler, on a fait plusieurs ouvertures dans le passé. Le gouvernement ne veut pas régler, point à la ligne.

Le ministère de la Sécurité publique n'a pas répondu à notre demande d'entrevue. Le procès civil aura lieu à l'automne 2020.

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Abitibi–Témiscamingue

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