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Enquête en destitution : une diplomate américaine s'est sentie menacée par Trump

Marie Yovanovitch marche entourée de journalistes.

L'ancienne ambassadrice des États-Unis en Ukraine, Marie Yovanovitch, arrive au Capitole à Washington, le vendredi 11 octobre 2019, pour témoigner devant le Congrès.

Photo : Associated Press / J. Scott Applewhite

Agence France-Presse

L'ex-ambassadrice des États-Unis en Ukraine a affirmé s'être sentie menacée en découvrant le contenu de l'appel entre Donald Trump et son homologue ukrainien, au coeur de la procédure de destitution contre le président américain, selon un compte rendu dévoilé lundi.

Marquant l'ouverture d'une nouvelle phase publique de cette procédure explosive, les démocrates du Congrès américain ont publié deux premiers témoignages de diplomates entendus à huis clos dans cette enquête : ceux de l'ex-ambassadrice à Kiev, Marie Yovanovitch, et de Michael McKinley, conseiller du secrétaire d'État Mike Pompeo jusqu'à sa démission au début d'octobre.

Avec chacune des auditions, nous en apprenons plus sur les tentatives du président de manipuler les leviers du pouvoir dans son propre intérêt, ont affirmé les trois chefs démocrates des commissions de la Chambre des représentants menant l'enquête.

Les deux témoignages démontrent également la perversion de la politique étrangère américaine par un canal clandestin de communication parallèle qui cherchait à promouvoir les intérêts personnels et politiques du président, ainsi que les graves inquiétudes que ceci a provoquées à travers nos institutions, ont-ils poursuivi.

Lors d'un échange téléphonique avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky en juillet, Donald Trump avait critiqué la diplomate alors qu'elle avait déjà été rappelée à Washington.

Il va lui arriver des choses.

Donald Trump, au sujet de Marie Yovanovitch

La Maison-Blanche a publié un compte rendu de ce fameux appel. Les enquêteurs parlementaires ont demandé à Mme Yovanovitch le 11 octobre quelle avait été sa réaction en lisant cette phrase. Je ne savais pas ce que cela voulait dire. J'étais très inquiète. Je le suis encore.

Vous êtes-vous sentie menacée?, lui ont-ils demandé. Oui, a-t-elle répondu.

C'est lors de cet appel que l'homme d'affaires a demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur un de ses rivaux démocrates, Joe Biden.

Convaincus de tenir la preuve d'un abus de pouvoir du président, les démocrates ont engagé, le 24 septembre, une procédure de destitution à la Chambre, où ils sont majoritaires. L'enquête a pris une nouvelle ampleur avec l'approbation, le 31 octobre, d'une résolution autorisant des auditions publiques.

Dans son témoignage du 16 octobre, M. McKinley explique de son côté avoir démissionné en partie parce qu'il estimait que le département d'État n'avait pas correctement défendu son ambassadrice dans cette affaire.

Les démocrates comptent publier mardi les témoignages de Kurt Volker, ex-envoyé spécial des États-Unis pour l'Ukraine, et de l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne (UE) Gordon Sondland.

La Maison-Blanche ignore des convocations

Deux avocats de la Maison-Blanche appelés à témoigner dans l'enquête en vue de destituer Donald Trump ne se sont pas rendus au Congrès américain lundi matin, ignorant les convocations des démocrates.

Ces derniers veulent entendre John Eisenberg, spécialiste des questions de sécurité intérieure, car il a écouté l'appel entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, au coeur de toute l'affaire ukrainienne, selon des médias.

M. Eisenberg ne s'est pas présenté à l'heure prévue, pas plus que Robert Blair, haut conseiller du chef de cabinet de la Maison-Blanche.

Deux autres témoins attendus en début d'après-midi ont aussi ignoré les convocations des démocrates : Michael Ellis, un autre avocat de la Maison-Blanche, ainsi que Brian McCormack, employé des services de la Maison-Blanche responsable du budget, mais surtout ex-chef de cabinet du secrétaire à l'Énergie, Rick Perry, également soupçonné par les démocrates d'être mêlé à l'affaire ukrainienne.

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