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Vivre dans une caravane l’hiver, un choix de liberté loin des préjugés

Sonia Kozlow face à des arbres de son jardin, devant sa caravane, à Fort McMurray .

Sonia Kozlow se sent heureuse et libre en vivant dans sa caravane.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Axel Tardieu

Alors que l'Alberta rentre doucement dans la saison hivernale, certains se préparent à affronter le froid dans leur caravane. À Fort McMurray, par exemple, des travailleurs du pétrole et de la construction préfèrent vivre dans des véhicules récréatifs en raison d'un style de vie qui est pour eux synonyme de liberté.

J'adore m'asseoir ici pour boire mon café et regarder les oiseaux, raconte Sonia Kozlow, qui profite dès qu'elle le peut de son jardin aménagé pour prendre l'air et nourrir les grives solitaires survolant sa caravane.

Être dans la nature, ça n'a pas de prix pour cette Albertaine de 55 ans qui vit avec son mari dans un véhicule récréatif depuis six ans. Leur maison de 12 mètres de long a de l'électricité, la télévision, une salle de bain équipée et un salon spacieux pouvant accueillir une dizaine de personnes.

Un véhicule récréatif garé dans un camping à Fort McMurray.

Un véhicule tout équipé et prêt à affronter le froid albertain.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Si le couple vit dans un VR, ce n'est pas par obligation. Beaucoup de gens ne comprennent pas qu'on vit ici par choix, explique Mme Kozlow. J'aime vivre dans ma caravane. On a de l'intimité, de l'espace et ce camping ici à Fort McMurray est propre et silencieux. C'est l'idéal.

Bien se calfeutrer

Pendant que son époux travaille comme mécanicien sur des projets pétroliers, Sonia prépare leur demeure à affronter les rudes hivers du Nord. Leur véhicule est équipé pour supporter les quatre saisons grâce à une jupe isolante qui enveloppe la caravane. Et c'est garanti à vie, dit-elle avec fierté.

À l'automne, une bâche est installée pour bloquer le froid venant du sol. Mais la partie la plus importante, c'est le système d'eau courante : C'est là qu'il faut vraiment faire attention. On va recouvrir et isoler les tuyaux dans les prochains jours. Ensuite, il faudra quotidiennement garder un œil sur le thermomètre pour s'assurer que rien ne gèle.

Un robinet et des conduites d'eau à l'extérieur, devant une caravane, à Fort McMurray.

Protéger les conduites d'eau, une priorité pour éviter le gel pendant l'hiver.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Le couple paie tout de même 1390 $ par mois pour son emplacement, eau et électricité inclus. Leur plus grosse dépense, c'est le chauffage. Pendant les mois les plus froids, il faut débourser au moins 400 $ par mois pour remplir la bonbonne de propane.

Les gens pensent qu'on vit dans un VR parce que c'est moins cher, mais c'est surtout parce qu'on se sent bien chez nous comme ça, on se sent libre, conclut Sonia.

Des loyers trop chers en ville

Keely Dunford, elle non plus, n'est pas du genre à vivre dans un appartement. Elle habite quelques mètres plus loin, dans l'un des 84 emplacements que comprend le camping Centennial RV Park, aux portes de Fort McMurray, dont dix sont occupés en hiver.

Selon Mme Dunford, la majorité de ses voisins travaillent dans le secteur pétrolier : C'est plus agréable de pouvoir rentrer chez soi plutôt que de vivre dans les camps de travail, dans des dortoirs, avec des inconnus.

Plusieurs voitures et véhicules récréatifs au camping Centennial RV Park, aux portes de Fort McMurray.

Le camping Centennial RV Park, aux portes de Fort McMurray, peut accueillir jusqu'à 84 véhicules récréatifs.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Alors que les températures sont déjà en-dessous de zéro, elle avoue avoir du travail à faire pour bien isoler son véhicule qui n'arbore pas encore son manteau d'hiver.

Avec son époux, ils ont toujours été attirés par les choix de vie alternatifs. Originaires de Calgary, ils sont venus ici pour travailler dans la construction après les feux de forêt de 2016. Ils vivent dans une caravane depuis plus de deux ans pour des raisons économiques.

Le prix des logements, ici, c'est dingue. Les loyers atteignent facilement 2000 $. C'est pire qu'à Calgary , explique-t-elle.

Des choix de vie qui divisent

Au moment où d’autres ont besoin de mettre fin à un bail de location ou de vivre avec un prêt hypothécaire sur plusieurs décennies, Keely et son compagnon peuvent partir, si nécessaire, vers n'importe quelle destination en moins de 24 heures.

C'est l'autre avantage pour cette jeune femme de 26 ans : le sentiment de liberté et de détachement qu'offre ce style de vie, mais un concept difficile à assimiler pour ses proches.

Keely Dunford et sa chienne, devant la porte de son véhicule récréatif.

Keely Dunford est heureuse de vivre dans une caravane, malgré les préjugés qui entourent ce style de vie.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Ma famille était surprise au départ. Mes frères et sœurs ont trouvé ça très cool, mais mes parents sont très traditionnels. Ils préféreraient qu'on vive dans une maison et ils s'inquiètent pour mon avenir.

Le couple met maintenant de l'argent de côté. Il rêve de s'acheter un terrain loin des grandes villes pour y construire un jour sa propre maison.

Alberta

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