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  • Jean-Pierre Ferland : de fleur de macadam à petit roi

    Jean-Pierre Ferland qui chante un micro à la main.

    Le chanteur Jean-Pierre Ferland à l'émission « En habit du dimanche » le 29 avril 1963

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Jean-Pierre Ferland a marqué l’histoire de la musique québécoise. De son enfance passée dans un quartier populaire de Montréal à la période de son album Jaune encensé par la critique, retour en archives sur les débuts de la carrière de ce chanteur d’exception.

    Un modeste quartier vivant et inspirant

    Un brin de soleil, six pieds de boucane, un escalier en tire-bouchon, les voisins d’en haut qui se chicanent, ma mère qui veille sur son balcon.

    Jean-Pierre Ferland, Les fleurs de macadam

    Montréal Ce soir, 8 septembre 1988

    Au Montréal ce soir du 8 septembre 1988, la journaliste Martine Lanctôt retourne avec Jean-Pierre Ferland dans le quartier qui l’a vu naître le 24 juin 1934, le Plateau Mont-Royal.

    « Jean-Pierre Ferland a vécu toute sa jeunesse au cœur du Plateau », un quartier populaire de Montréal où ses parents étaient enracinés depuis longtemps.

    Il habite au 5089, rue Chambord, où il partage sa chambre avec ses quatre autres frères. Il ne quittera cet appartement que lorsqu’il décidera de se marier à 21 ans.

    C’est de ce quartier vivant que Ferland tire son inspiration pour certaines de ses chansons les plus connues.

    Au départ, le quartier ne lui inspire rien, il le trouve même « très laid ».

    Il y avait Tremblay qui habitait à côté, Il y avait monsieur Bourassa qui était à l’autre paroisse, puis eux autres trouvaient une certaine poésie dans ce quartier-ci.

    Jean-Pierre Ferland

    Petit à petit, il aura envie de raconter sa jeunesse. Les fleurs de macadam sont les fleurs qui percent les trottoirs. Marie-Claire « Marilo », c’est sa cousine qui réside dans l’immeuble voisin.

    Sur les ondes et dans les bureaux de Radio-Canada

    Avant d’embrasser la carrière de chanteur, Jean-Pierre Ferland travaille à Radio-Canada. Il est d’abord commis au courrier, puis employé au Service des annonceurs.

    Entre deux tâches administratives, il chante pour les collègues en grattant sa guitare.

    L’animateur Henri Bergeron lui propose de l’enregistrer. De là naît son premier disque.

    Sur nos ondes, 9 décembre 1958 (audio)

    À l’émission de radio Sur nos ondes animée par la journaliste Janine Paquet, Jean-Pierre Ferland, alors employé de Radio-Canada, débute comme chanteur. Il se fait appeler simplement Jean-Pierre.

    Au moment de l’entrevue, Jean-Pierre Ferland chante depuis tout juste sept-huit mois.

    La journaliste le questionne sur le type de chansons qu’il affectionne. Il parle de son admiration pour Félix Leclerc, « qui sait marier le poétique et le populaire ».

    On a des influences comme tout le monde. On les déforme le plus possible. Pour devenir le plus personnel possible. C’est ce qui fait le caractère de chacun.

    Jean-Pierre Ferland

    En compagnie de Clémence Desrochers et de Claude Léveillée, il fonde les Bozos, qui se produisent au cabaret du même nom.

    Il quittera momentanément Radio-Canada en 1958 pour se consacrer à sa carrière d’auteur-compositeur-interprète.

    En 1962, avec sa chanson Feuilles de gui, il remporte le concours Chansons sur mesure de Radio-Canada et le grand prix du Gala international de la chanson de Bruxelles.

    En 1964, Jean-Pierre Ferland devient animateur de l’émission Jeunesse oblige. Il y chante parfois devant public.

    Le 7 juillet 1964, Ferland chante Reste encore un peu avec la participation des jeunes de Shawinigan.

    Jeunesse oblige, 7 juillet 1964

    Jean-Pierre Ferland revient chez nous couvert de gloire, après Paris

    Comme tous les grands chanteurs québécois de l’époque, Ferland tentera sa chance en Europe.

    En 1968, il remporte à Paris le prestigieux prix de l’Académie du disque Charles-Cros pour son album Jean-Pierre Ferland (Barclay B-80006).

    C’est à cette période qu’il écrit son succès Je reviens chez nous. À l’émission Aujourd’hui du 25 mars 1968, l’animatrice Michèle Tisseyre le reçoit pour discuter de sa carrière en France.

    Aujourd’hui, 25 mars 1968

    Tout ne s’est pas fait sans heurts pour Jean-Pierre Ferland en sol européen. Comme il l’explique lui-même :

    Quand j’y suis allé pour la première fois il y a cinq ans, ça été dramatique. Il y avait eu des échecs incroyables. Je n’étais pas tout à fait prêt et j’étais trop jeune. […] L’an passé, ça n’a pas marché du tout. J’ai fait un disque, on en a vendu 300, je pense.

    Jean-Pierre Ferland

    L’artiste raconte ce que son prix Charles Cros a changé pour lui dans son métier et sa vie personnelle.

    J’ai vu les plus beaux restaurants de Paris, j’ai été dans les plus grands hôtels. […] J’ai un an de contrat de signé. […] Je pense que je vais pouvoir acheter mon cheval.

    Jean-Pierre Ferland

    La période Jaune ou comment se renouveler musicalement

    En 1970, le chanteur produit l’album Jaune qui fera grand bruit.

    C’est une révolution dans le monde musical québécois. Si certains adorent, d’autres crient à la trahison. Ferland arrive avec un style résolument nouveau. Des musiciens américains de renom participent à l'album, comme David Spinozza et Tony Levine. L'enregistrement de haute qualité est réalisé au légendaire studio Perry.

    À l’émission Femme d’aujourd’hui du 13 janvier 1971, le journaliste Pierre Paquette discute avec Jean-Pierre Ferland de son renouvellement pour son public.

    Femme d’aujourd’hui, 13 janvier 1971

    Le chanteur explique que lorsqu’il a commencé à faire ce métier-là, à l’époque des chansonniers, il s’adressait à « un public intellectuel, un public fin ».

    À partir du moment où on a choisi ce public-là, fatalement, on devait s’attendre à ce qu’il évolue.

    Jean-Pierre Ferland

    L’artiste explique qu’un des talents nécessaires à son métier est de sentir quand le public est prêt à recevoir un nouveau produit.

    Je suis définitivement plus américain que je l’étais il y a cinq ans […] Les Américains nous donné un boum, un coup de pied extraordinaire. Ils nous ont montré ce que c’était que la belle musique populaire.

    Jean-Pierre Ferland

    L’album Jaune fera entrer la chanson québécoise dans une période audacieusement moderne.

    En 2008, dans le journal La Presse, 50 personnalités du disque et critiques musicales sacrent l’album Jaune meilleur album de l’histoire de la musique au Québec.

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