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Poursuite de 35 millions $ de Colosse Plamondon : retour sur les méthodes d’enquête

Yves « Colosse » Plamondon, un homme aux cheveux blancs, regarde la caméra. Il porte une cravate rose et un complet noir.

Yves « Colosse » Plamondon lundi matin, au palais de justice de Québec

Photo : Radio-Canada

Jean-François Nadeau

La Cour supérieure a entendu lundi le premier témoin de la Défense dans la poursuite qui oppose Yves « Colosse » Plamondon au Procureur général du Québec. L’homme au lourd passé criminel réclame 35 millions de dollars en dommages et intérêts pour violation de ses droits.

Yves Plamondon a été libéré après avoir passé 28 ans derrière les barreaux pour les meurtres de trois trafiquants de drogues à Québec, en août 1985.

Les accusations ont été retirées en mars 2014 dans le cas d’une des victimes, Claude Simard. Il y a eu arrêt des procédures pour les deux autres victimes.

Violation des droits

La Cour d’appel a statué que des enquêteurs de la SQ et le procureur de la Couronne de l’époque, René de la Sablonnière, ont omis de transmettre des déclarations de témoins qui donnaient un alibi à Yves Plamondon ou encore qui contredisaient des éléments du témoignage du délateur André Desbiens.

Le premier témoin, le policier de la Sûreté du Québec à la retraite Denis Alain, était enquêteur principal dans le cas du meurtre de Claude Simard.

Le corps du trafiquant avait été retrouvé le matin du 14 août 1985 en bordure d’une route de Lac-Beauport.

Il avait reçu quatre projectiles dans le dos, tirés à courte distance.

Retour sur l’enquête

Denis Alain a relaté le déroulement de l’enquête, les personnes rencontrées à l’époque et comment la police en est arrivée à la conclusion qu’Yves Colosse Plamondon était responsable des meurtres.

Selon le témoignage de la conjointe de Claude Simard recueilli par les policiers, il était très nerveux la journée de son assassinat.

Claude Simard aurait mentionné à sa conjointe qu’ Yves Plamondon lui met de la pression, lui dit qu’il a une dette de 17 000 $. Claude Simard a peur qu’il lui arrive quelque chose. Il n’est plus capable de se procurer de stupéfiants, a témoigné Denis Alain.

Le délateur André Desbiens

La journée s’est terminée par un retour sur les aveux du délateur André Desbiens, un criminel de carrière et un proche d’Yves Plamondon.

Denis Alain explique pourquoi il aurait décidé de collaborer avec la police.

Il avait des dettes envers Plamondon et avait peur de se faire tuer lui aussi, comme Simard, affirme l’enquêteur à la retraite.

Durant son interrogatoire, en septembre 1985, Desbiens s’incrimine lui-même concernant sa participation au meurtre de Simard. Son véhicule a été utilisé pour aller commettre le crime.

Il affirme aussi s’être rendu, le matin du 11 septembre, avec un des frères de Plamondon, dans une maison de chambres de la rue Saint-François, à Québec pour aller se procurer des armes.

Les policiers y ont retrouvé trois armes, dont celle qui a servi à tuer Claude Simard.

Autres meurtres

Lors du même entretien, Desbiens va aussi mentionner qu’il a assassiné un autre homme, un dénommé Bérubé.

Le délateur va permettre aux policiers de retrouver le corps sur la Rive-Sud, alors que le dossier était considéré comme une disparition par la police de Québec.

Les enquêteurs ne doutent donc pas de la crédibilité de Desbiens quand il dira que le meurtre de Claude Simard avait été commandé par Yves Plamondon.

Il nous avait déjà donné plusieurs éléments qu’on pouvait corroborer, explique Denis Alain.

Le délateur raconte que Plamondon et lui-même avaient décidé d’éliminer Claude Simard et un intermédiaire, Jean-Pierre Boudreault, parce qu’ils ne remboursaient pas à Colosse Plamondon les sommes perçues par la vente de stupéfiants.

Plamondon et Desbiens décident d’assassiner Simard et Boudreault, lors d’une rencontre organisée au début du mois d'août 1985.

L’opération tourne mal. Desbiens est arrêté pour une infraction au Code de la route. Plamondon, lui, est arrêté pour avoir troublé la paix.

Le meurtre de Simard aura lieu quelques semaines plus tard.

Or, peu de temps avant de mourir en 1994, André Desbiens a affirmé avoir menti aux policiers dans son témoignage concernant le meurtre de Simard.

La poursuite devra démontrer que le Procureur général a délibérément omis de divulguer des éléments de preuve.

Les avocats de Plamondon entendent démontrer non seulement qu’il y a eu faute, mais que la connaissance des éléments aurait pu modifier l’issue du procès, ce qui a causé des préjudices à leur client.

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Procès et poursuites