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Les fabricants d'électroménagers devront récupérer leurs produits

Des réfrigérateurs neufs.

Les fabricants d'électroménagers devront, en décembre 2020, mettre en place un système pour s'assurer de la récupération et de la valorisation de leurs produits en fin de vie utile.

Photo : Radio-Canada / ICI Estrie/Carl Marchand

La Presse canadienne

Les fabricants d'électroménagers, considérés comme de grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES), devront dès le 5 décembre 2020 mettre en place un système pour s'assurer de la récupération et de la valorisation de leurs produits en fin de vie utile.

Ainsi, d'ici 2024, les réfrigérateurs, les congélateurs et les climatiseurs devront être récupérés à 70 % par les fabricants. Quant aux entreprises qui fabriquent des appareils qui ne contiennent pas de gaz réfrigérants mais qui sont aussi visés par la mesure, soit les cuisinières, les lave-vaisselle, les laveuses et les sécheuses, elles disposeront de deux ans de plus pour atteindre l'objectif qui leur est fixé.

Cette mesure va permettre de réduire les GES de 200 000 tonnes par année, l'équivalent de 60 000 voitures annuellement, a indiqué le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. Benoit Charrette, lors de l'annonce lundi à la Maison du développement durable à Montréal.

Le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane sont les gaz les plus souvent associés au réchauffement climatique, mais les hydrofluorocarbures présents dans les électroménagers comme les réfrigérateurs ou les climatiseurs ont un potentiel de réchauffement planétaire de 1400 à 10 900 fois plus élevé que celui du CO2, selon le ministre.

Le gouvernement investira un total de 90 millions de dollars durant la période 2020-2031 afin de soutenir les producteurs dans ce processus et d'éviter l'imposition de nouveaux frais aux consommateurs.

Le gouvernement Legault a donc modifié le Règlement sur la récupération et la valorisation de produits par les entreprises pour soumettre les producteurs de gros appareils électroménagers au principe de la responsabilité élargie des producteurs.

Il arrive que les entreprises refilent la facture aux contribuables, mais on refuse que les Québécois paient plus au moment de l'achat. On veut concilier défense de l'environnement et portefeuille des Québécois.

Benoit Charrette, ministre de l'Environnement et de la lutte contre les changements climatiques

À 93 $ la tonne de GES évités, la récupération des appareils réfrigérants est une mesure très performante pour atteindre nos cibles, a ajouté le ministre.

Les groupes écologistes attendaient cette mesure

Caroline Brouillette, experte en changements climatiques d'Équiterre, qualifie cette mesure de très positive : C'est une mesure qui est très importante, compte tenu du potentiel de réchauffement climatique très élevé de ces gaz, c'est très important d'éviter que les gaz de nos vieux électros se retrouvent dans l'atmosphère.

La Fondation David Suzuki salue la mesure du gouvernement, mais déplore que l'industrie n'ait pas mis en place elle-même des moyens pour réduire les GES émis par ses appareils en fin de vie.

Ça fait des années et des années que l'industrie s'oppose, et là le gouvernement décide de prendre la facture et d’aller de l'avant. On est content que ça se fasse, mais c'est sûr qu'on aurait aimé que les détaillants réalisent qu'il y a une urgence climatique et qu'ils prennent leurs responsabilités, a indiqué Karel Mayrand, directeur général de la Fondation.

Une manne pour l'entreprise PureSphera

Selon PureSphera, une entreprise de Bécancour qui collecte et recycle les appareils de réfrigération et de climatisation tout en détruisant leurs gaz nocifs, 90 % des gaz du circuit réfrigérant et de la mousse isolante des électroménagers sont encore rejetés dans l'atmosphère au Québec.

Parce que les méthodes de revalorisation ne sont pas appliquées et les gens coupent les coins ronds, les vieux électros se retrouvent dans les sites d'enfouissement et les gaz finissent par se libérer dans l'atmosphère, a précisé Mathieu Filion, directeur de l'exploitation de PureSphera.

Selon le ministre Charette, PureSphera est en mesure de revaloriser 96 % des éléments contenus dans un vieux frigo.

L'annonce du gouvernement est donc une excellente nouvelle pour cette entreprise.

On sera là pour répondre au besoin, avec des standards très élevés. On va travailler avec Recyc-Québec, c'est très très très positif, a déclaré le directeur de l'exploitation de PureSphera.

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