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Pannes de courant : des dizaines de milliers de clients devront encore patienter

Deux travailleurs d'Hydro-Québec réparent un poteau endommagé par les intempéries, à l'aube.

Hydro-Québec espère avoir rétabli le courant chez tous ses clients d'ici mardi soir.

Photo : Hydro-Québec

Radio-Canada

Plus de 25 000 foyers, commerces et exploitations agricoles sont toujours privés d’électricité trois jours après la tempête automnale qui a déferlé sur le Québec. Hydro se donne jusqu'à demain pour rebrancher tous ses abonnés.

Selon le bilan publié à 21 h lundi par la société d’État, 25 905 clients restaient encore à rebrancher à la suite des nombreuses pannes de vendredi dernier qui ont touché près d’un million d’abonnés au Québec et des dizaines de milliers d’autres en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

Les pannes se concentrent essentiellement au Québec dans les régions de l’Estrie (6616 clients), du Centre-du-Québec (4246 clients), de Chaudière-Appalaches (3535 clients), de la Montérégie (3471 clients) et des Laurentides (2274 clients).

Un peu plus de 2100 pannes restent à réparer, selon le dernier bilan d’Hydro-Québec, dont l’objectif est d’avoir rebranché tous les clients d’ici mardi.

Or, les importants dégâts causés dans certains secteurs par les vents qui ont atteint 120 km/h par endroits sont difficiles à réparer dans les secteurs boisés, les zones isolées ou encore dans les cours des résidences où les camions et la machinerie lourde ne peuvent accéder.

Ça va prendre des nacelles ou des grutiers pour nous aider à nous rendre sur les lieux. Ces équipements spéciaux rendent la tâche de nos monteurs plus complexe que pour des cas réguliers, a expliqué dimanche le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel.

Importants effectifs

Plus de 450 équipes de réparation, certaines venues de Détroit, du Nouveau-Brunswick et d’Ottawa, sont toujours à pied d’œuvre au Québec pour rétablir le courant. Ce qui représente plus de 1200 employés à temps plein qui se consacrent essentiellement à la réparation du réseau.

Dimanche, la direction d’Hydro-Québec estimait qu’au moins 250 poteaux cassés devaient être remplacés et parfois des portions du réseau de distribution sont carrément à rebâtir, ce qui représente également un défi en matière d’acheminement du matériel sur les lieux de toutes ces pannes.

En attendant le retour de l’électricité, plusieurs municipalités ont mis sur pied des centres d’hébergement temporaires pour permettre aux personnes privées d’électricité depuis trois jours maintenant de dormir au chaud, de s’alimenter et de recharger leurs appareils de communication.

Dans les Laurentides, par exemple, et ailleurs au Québec, les sinistrés sont privés d'électricité et parfois aussi d'eau potable, puisque l'approvisionnement est, dans certains cas, assuré par l'utilisation de pompes électriques.

Si des résidents disposent de génératrices, d'autres ont dû se résoudre à des méthodes plus rustiques, comme aller carrément puiser de quoi boire et se laver dans des cours d'eau.

On a simplement hâte que tout revienne à la normale... pour pouvoir prendre une bonne douche!, a ainsi lancé, rieur, un citadin toujours plongé dans le noir.

Il faut s'entraider, mentionne un autre individu, qui a décidé de partager son bois de chauffage avec ses voisins.

Nous étions en train de faire la vaisselle et on a vu les camions [d'Hydro-Québec] passer; c'est comme le père Noël!, a poursuivi une troisième personne, avant de comparer les employés d'Hydro-Québec à « de petits lutins ».

Pas question d'enfouir les lignes

Par ailleurs, le PDG d'Hydro-Québec ferme la porte à la possibilité d'enfouir les lignes de transmission et les fils dans les secteurs urbains et résidentiels.

Selon Éric Martel, il y a présentement une hypothèse un peu facile à faire – que tout le monde fait – que d'enfouir les fils ça réglerait tous les problèmes, mais c'est clairement démontré que non, ça ne règle pas tous les problèmes.

Toujours au dire du dirigeant de la société d'État, procéder à l'enfouissement de tous les fils engendrerait des dépenses de l'ordre de 100 milliards de dollars, soit au-delà de la valeur totale des actifs de la société, qui sont évalués à 80 milliards.

Faire disparaître poteaux et pylônes engendrerait également son lot de problèmes, soutient M. Martel.

C'est faux de penser que ça améliorerait et que ça éliminerait les problèmes qu'on a eus cette semaine, parce que les lignes vieillissent plus rapidement – ça fait drôle à dire – quand elles sont enfouies : beaucoup plus de réparations, beaucoup plus difficile de détecter les pannes aussi quand c'est souterrain.

Éric Martel, PDG d'Hydro-Québec

La période hivernale serait par ailleurs accompagnée de ses propres difficultés, dit-il.

Ce sont des coûts astronomiques et ça réglerait peut-être une partie du problème, mais nos tarifs d'électricité augmenteraient de façon significative si on investit 100 milliards dans notre réseau, a-t-il conclu.

Après les pannes, les inondations

Dans certains secteurs, comme en Beauce ou en Estrie, il n’y a pas que les pannes d’électricité qui obligent des résidents à évacuer leur demeure. Les inondations provoquées par les pluies diluviennes de jeudi ont également forcé l’évacuation de plusieurs dizaines de résidences, d'entreprises et de commerces.

Un quartier résidentiel inondé.

Les pluies diluviennes de jeudi ont provoqué de nouvelles inondations en Beauce.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Déjà, les questions liées aux assurances se posent. En entrevue à RDI matin, Louis Cyr, courtier en assurance, a rappelé que les dommages causés par le vent, tels que des toitures arrachées ou des chutes d’arbres, font partie des assurances de base dans l’ensemble des contrats.

Toutefois, pour les aliments perdus dans le congélateur, il faut savoir qu’après la crise du verglas, les assureurs ont décidé de les intégrer dans les garanties complémentaires, et ils sont par conséquent sujets à la franchise, dit-il.

Avec les informations de Julie Marceau et de La Presse canadienne

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