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Le patron de McDonald's se fait montrer la porte en raison d'une liaison

Il répond à des questions.

Steve Easterbrook

Photo : The Associated Press / Richard Drew

Agence France-Presse

Le géant américain de la restauration rapide McDonald's a contraint son président-directeur général Steve Easterbrook à quitter l'entreprise, considérant qu'il avait commis une erreur de jugement en engageant récemment une liaison certes « consentie » avec un ou une salariée, mais contraire aux règles de l'entreprise.

Le groupe assure dans un communiqué que ce départ n'a pas de rapport avec la performance opérationnelle ou financière de McDonald's.

Mais le conseil d'administration a déterminé que M. Easterbrook avait enfreint le règlement de l'entreprise et qu'il avait fait preuve d'un mauvais jugement en ce qui concerne une récente relation consentie avec un(e) membre du personnel.

McDonald's n'a rien divulgué sur le salarié en question.

Dans une lettre adressée aux salariés et consultée par l'AFP, M. Easterbrook a reconnu lui-même avoir commis une erreur.

Étant donné les valeurs de l'entreprise, j'estime comme le conseil d'administration qu'il est temps pour moi de passer à autre chose.

Steve Easterbrook

M. Easterbrook est remplacé, avec effet immédiat, par Chris Kempczinski, qui gérait jusqu'à présent les activités de McDonald's aux États-Unis.

Chris prend les rênes de cette grande entreprise à un moment où la performance est solide et durable, et le conseil a confiance en lui pour être à même de définir la vision et guider la stratégie permettant à l'entreprise de poursuivre son succès, a commenté le président du conseil d'administration, Enrique Hernandez fils, dans le communiqué.

Il dispose des compétences et de l'expérience voulues pour avoir mené à bien nos activités aux États-Unis (de 2017 à 2019), où les franchisés produisent des résultats financiers et opérationnels solides, et pour avoir supervisé la stratégie mondiale, le développement commercial et l'innovation de McDonald's en 2015 et 2016, a-t-il ajouté.

Diplômé de l'Université Duke et de la prestigieuse école de commerce de Harvard, il est un habitué des groupes offrant des produits de grande consommation puisqu'il avait auparavant travaillé à PepsiCo, Kraft et Procter & Gamble.

Un départ prématuré

M. Easterbrook était, lui, arrivé en 2015 au poste de PDG de l'entreprise, qui compte 38 000 restaurants dans plus de 100 pays.

Sous sa houlette, l'action de McDonald's a doublé à Wall Street et le bénéfice net a augmenté chaque année.

Il n'a toutefois pas réussi à enrayer la diminution progressive des ventes de l'entreprise, qui fait face comme d'autres grandes chaînes de restauration rapide aux changements d'habitude des consommateurs, à la recherche d'une alimentation plus saine.

Il a bien tenté de revitaliser le chiffre d'affaires en simplifiant sa carte, en proposant une formule petit-déjeuner toute la journée, des sodas et cafés pour 1 $ aux États-Unis ou des hamburgers en petites tailles.

McDonald's a également beaucoup investi dans les technologies pour faciliter par exemple la prise de commandes, depuis les bornes dans les restaurants ou l'application sur les téléphones, ou dans les services de livraison.

Le géant de la restauration rapide a toutefois déçu les marchés lors de son dernier rapport trimestriel, en faisant état d'une croissance moins forte que prévu de ses ventes aux États-Unis, où il semble payer cher son retard dans les burgers végétariens, la dernière mode du secteur.

Un cas qui n'est pas isolé

Les liaisons sur le lieu du travail ont coûté leur place à de nombreux PDG aux États-Unis lors des dernières années, et le sujet est devenu encore plus sensible depuis le mouvement #MeToo contre le harcèlement et les agressions sexuelles.

En 2018, ce sont les patrons du fabricant de microprocesseurs Intel, Brian Krzanich, et du fabricant de vêtements de yoga branchés Lululemon, Laurent Potdevin, qui avaient quitté leur entreprise respective pour des liaisons avec des salariées.

En 2016, Darren Huston, le PDG du site du commerce en ligne Priceline, avait dû démissionner pour des raisons similaires. Idem en 2012 pour Brian Dunn, le PDG du groupe de grande distribution BestBuy.

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