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À un an du scrutin, la menace de destituer Trump estompe la joute présidentielle

Donald Trump réclame de nouveau l'identité du lanceur d'alerte à l'origine des révélations qui ont motivé la procédure de destitution contre lui.

Donald Trump pose, l'air sérieux.

Le président Donald Trump avant son départ de la Maison-Blanche pour New York samedi.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Agence France-Presse

Une Amérique très polarisée a lancé dimanche le compte à rebours à un an de la présidentielle de 2020, Donald Trump pariant sur ses fidèles pour ravir un second mandat et surmonter l'enquête en vue de sa destitution qui écrase la campagne.

Les démocrates se sont engagés dans cette voie périlleuse, au risque d'occulter les débats de leur primaire qui compte un nombre record de prétendants et pas tout à fait de grand favori.

Nous n'avons jamais eu autant de soutien qu'actuellement. Le regard sévère, entouré d'une marée de casquettes rouges, le président Trump a balayé vendredi l'idée selon laquelle la procédure de destitution pourrait le priver d'un second mandat.

Au contraire, assure-t-il, elle lui permet de galvaniser ses troupes, une majorité en colère qui dénonce de concert une chasse aux sorcières.

Le président a reconnu de lui-même que son ton – déjà combatif – s'était encore électrifié depuis le lancement de l'enquête, comparant dimanche l'ambiance de ses rassemblements de campagne à celle d'un match de violents combats d'arts martiaux mixtes (MMA) auquel il avait assisté la veille.

Donald Trump se trouve parmi la foule qui regarde deux hommes se battre dans un ring.

Donald Trump a assisté à un combat d'arts martiaux mixtes samedi soir à New York.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Donald Trump a d’ailleurs de nouveau réclamé dimanche le dévoilement de l'identité du lanceur d'alerte dont les révélations ont motivé cette procédure de destitution à son encontre.

Le lanceur d'alerte a tellement tort qu'il doit sortir de l'ombre, a-t-il tweeté dans la matinée.

Les médias bidon savent qui c'est, mais comme ils sont au service des démocrates, ils ne veulent pas le dire. Révélez qui est le lanceur d'alerte et mettez un terme à l'arnaque de la destitution, a ajouté le locataire de la Maison-Blanche, qui a mis en doute à plusieurs reprises la crédibilité de ce témoin.

Depuis quelques jours, plusieurs médias conservateurs font circuler un nom en dépit des règles de protection des lanceurs d'alerte, et des élus républicains ont donné de l'écho à leurs articles en les partageant sur Twitter. Si cette identité est la bonne, il s’agirait d’un partisan de l'ancien président démocrate Barack Obama.

Stratégie risquée pour les démocrates

Assurance maladie, port d'armes, immigration : à un an du scrutin, certains candidats à la primaire démocrate tentent de faire prendre un virage à gauche à leur parti. Malgré leurs efforts, ces enjeux sont relégués au second plan, dans l'ombre de cette procédure de destitution explosive.

Cette semaine, la sénatrice Elizabeth Warren, l'une des favorites de la primaire démocrate, a vu la présentation de son projet d'assurance maladie universelle noyée par le premier vote formel au Congrès sur la procédure de destitution.

À court terme, la procédure de destitution va dominer l'actualité à Washington, la couverture médiatique, et de manière générale l'élaboration de politiques.

Christopher Arteton, professeur à l'Université George Washington

La chef des démocrates Nancy Pelosi a longtemps hésité à ouvrir une enquête contre Donald Trump à la Chambre des représentants – où son parti est majoritaire –, craignant que l'opposition ne soit sanctionnée par une procédure clivante, voire impopulaire.

La démarche est d'autant plus risquée que le président sera probablement acquitté par le Sénat contrôlé par les républicains. Les démocrates craignent qu'il ne trompette, juste avant les élections, qu'il a été blanchi.

Mme Pelosi a finalement franchi le pas le 24 septembre après les révélations d'un lanceur d'alerte au sujet d'un appel téléphonique, au cours duquel Donald Trump a demandé à Kiev de se pencher sur l'ancien vice-président démocrate Joe Biden, dont le fils a longtemps fait des affaires en Ukraine.

La procédure de destitution gagne en popularité

Depuis, le soutien à la procédure de destitution semble augmenter, avec 53 % des Américains en sa faveur et 44 % opposés, selon un sondage publié dimanche, qui confirme le fossé entre électeurs démocrates et républicains sur la question.

Emporté dans la tourmente, Joe Biden, jusqu'ici grand favori de la primaire démocrate, a vu son avantage se réduire au profit surtout d'Elizabeth Warren. Suivent le sénateur progressiste Bernie Sanders, puis le maire modéré Pete Buttigieg.

Pour la première fois vendredi, un sondage a placé Joe Biden en quatrième dans les préférences des électeurs démocrates de l'Iowa, qui sera le premier État à voter dans cette primaire, derrière le jeune Pete Buttigieg, encore inconnu il y a un an.

Nous sommes à un an de l'élection la plus importante de notre vie. Nous devons nous assurer que nous disons au revoir au cauchemar national qu'est Donald Trump.

Kamala Harris, candidate démocrate et 5e dans les sondages

Une autre inconnue pèse sur la campagne : le calendrier de la procédure de destitution. On ne sait pas combien de temps cette enquête va prendre, alors que les premiers votes de la primaire démocrate se dérouleront début février.

Quand la course de la primaire sera vraiment lancée, je pense que la campagne dominera l'actualité, a soutenu le professeur Arteton.

L'accent mis sur la destitution risque de nuire d'ici là aux plus petits des 17 candidats à l'investiture démocrate, qui affichent une diversité inédite avec plusieurs femmes, deux Afro-Américains et un membre de la communauté LGBTQ.

Dernier exemple en date, le Texan Beto O'Rourke, un temps perçu comme un possible espoir démocrate, a jeté l'éponge.

De son côté, Donald Trump devrait tenter de rééditer la stratégie gagnante de 2016 : conquérir, grâce à ses électeurs de base, quelques États-clés lui permettant d'obtenir une majorité de grands électeurs, et de remporter le scrutin même en étant battu au chapitre du vote populaire.

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