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Le balado : une formule parfaite pour permettre aux Innus de se raconter

Jeunes Innus en apprentissage.

Les membres du groupe provenaient d'un peu partout au Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Onze Innus de partout au Québec se sont rassemblés au studio Makusham, à Maliotenam, en fin de semaine, pour apprendre à produire un balado. Cette formation offerte par la radio CKAU et Terre innue a notamment pour objectif de favoriser la création de contenus autochtones.

Zack McKenzie-Jourdain s’est joint à une dizaine d’autres personnes pour suivre la formation intitulée La tradition orale à l’ère du numérique, qui leur permettra de produire un balado de A à Z.

Il a toujours été intéressé par le domaine des arts et des médias. Mais il y a quelques jours à peine, il ne savait pas ce qu’était un balado.

J’ai vu son côté pratique et j’ai vu que ça peut être très créatif aussi, commente-t-il. Dans le sens que tu peux t’imaginer, c’est ça qu’on a appris, tu peux t’imaginer, comme quand tu lis un livre.

Deux jeunes Innus, l'air passionnés par la formation.

Deux participants : Zack Mckenzie-Jourdain et Ève Ringuette

Photo : Radio-Canada

Andréanne Frenette, productrice pour Terre innue, précise que l’activité a pu se réaliser grâce au volet Initiative des langues autochtones du Programme des Autochtones de Patrimoine Canada. Elle vise à valoriser la langue et la culture innues.

C’est partiellement théorique, mais on tombe rapidement dans la pratique de comment faire du bruitage, comment faire une narration, comment faire du montage, précise-t-elle, pour qu’ils puissent sortir de cette fin de semaine là et être capables de créer leur balado.

Un jeune homme travaille sur un ordinateur.

Boris Proulx, l'un des formateurs

Photo : Radio-Canada

Le formateur Boris Proulx constate qu’il existe un grand potentiel d’histoires à raconter dans la communauté et que la formule du balado s’y prête bien.

La plupart [des participants] ont fait des choses soit dans le milieu artistique, soit dans le milieu des médias. Nous, notre message, c’est de dire que le balado est un format qui est très accessible, est un format qu’ils peuvent utiliser pour eux-mêmes raconter leurs histoires. On pense qu’il y en a énormément, ici, des histoires qui doivent être racontées, estime-t-il.

Pour Zack McKenzie-Jourdain, cette formation est un premier pas pour encourager la création chez les Autochtones.

C’est un mouvement. Après, ça amène de jeunes créateurs innus à justement présenter de plus en plus de créations innues.

Zack McKenzie-Jourdain, participant à la formation

Selon Ève Ringuette, une autre participante, les gens de sa communauté vont aimer raconter des histoires avec la formule balado.

Il va y avoir plus de balados qui vont être faits par les gens des communautés, prévoit-elle. On veut partager des choses et, ça, c’est un moyen super facile de le faire.

Les jeunes écoutent attentivement.

Les participants assimilent l'information qui leur permettra de produire leurs propres créations.

Photo : Radio-Canada

Boris Proulx et François Larivière, les deux formateurs, viennent de Gatineau. Ils sont de la compagnie de production Transistor. Ils disent qu'ils ont eux-mêmes appris beaucoup en venant donner la formation ici.

Pour un gars qui vient de Gatineau, des fois on se sent étranger dans notre propre pays. Quand on vient ici, on se rend compte à quel point on n’en connaît pas beaucoup.

François Larivière, formateur
Programme de son sur un écran d'ordinateur.

Assimiler l'aspect technique est important pour ensuite laisser aller sa créativité.

Photo : Radio-Canada

Au-delà de cette formation, les participants seront encadrés de la conception jusqu'à la diffusion de leur reportage, prévue pour le mois de mars, à la radio CKAU, sur les ondes de la SOCAM et sur le web.

Ils peuvent produire en innu-aimun ou en français, comme ils le préfèrent. Par contre, ils doivent traiter d'enjeux ou de réalités autochtones dans leur balado.

Par ailleurs, l'auteur-compositeur-interprète Matiu, la poète Marie-André Gill et la journaliste de la radio CKAU Joyce Dominique ont participé à la formation.

Avec les informations de Laurence Royer

Côte-Nord

Autochtones