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Catherine Dorion et l'Halloween : un pied de nez aux codes

Catherine Dorion, députée de Québec solidaire pour la circonscription de Taschereau.

Catherine Dorion, députée de Québec solidaire dans la circonscription de Taschereau.

Photo : Radio-Canada

David Rémillard

En enfilant un « costume de députée » pour l'Halloween, Catherine Dorion a posé « un acte de joie », pour rire. Rire des « codes », surtout, mais pas de ses collègues de l'Assemblée nationale, insiste la principale intéressée.

Trois jours après les faits, la députée solidaire de Taschereau était toujours fière de son coup. Mon intention première, c'était d'amuser et de faire rire. Je suis vraiment contente d'avoir réussi, affirme-t-elle lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada.

L'idée mijotait dans sa tête depuis un mois. Un an après son élection, pourquoi ne pas faire un clin d’œil aux critiques sur son habillement lors de son entrée à l'Assemblée nationale?

Je me suis dit : "Ah tiens, ça fait un an. Ça serait drôle de faire ça maintenant que les gens me connaissent, de montrer à quel point ce n'est pas moi". [...] Pour le plaisir aussi de pouvoir montrer comment je me serais sentie déguisée si, moi, j'avais eu à faire ça au jour un, explique-t-elle.

La députée Catherine Dorion pose au Salon rouge.

La députée Catherine Dorion pose au Salon rouge lors de l'Halloween.

Photo :  Facebook

Rire des codes

Certains de ses collègues semblent avoir trouvé la blague moins drôle. Des élus ont confié à La Presse canadienne, le lendemain, que leur confiance envers le président de l'Assemblée nationale, François Paradis, était ébranlée parce qu'il avait laissé Catherine Dorion poser au Salon rouge.

La députée de Taschereau a aussi été taxée de provocatrice.

Cette dernière s'explique mal ces réactions et croit qu'elles pourraient être la conséquence d'une mauvaise interprétation de son geste. Je pense qu'il y a des gens qui s'habillent plus près de mon costume d'Halloween [au quotidien] qui se sont dit : "Ah, elle rit de nous", analyse Mme Dorion.

Mais elle assure qu'il n'y a rien de personnel et qu'elle n'a pas voulu provoquer ou se moquer. J'ai fait exprès de pas être ridicule ou quoi que ce soit, précise la députée, parlant d'un cas d'autodérision.

Si le rire était l'élément central, reste qu'il y avait une certaine critique sociale dans son déguisement. Au Québec, il y a toutes sortes de monde, des gens qui parlent de toutes sortes de façon, des gens qui s'habillent de toutes sortes de façon, soutient l'élue.

Je voulais mettre de l'avant une des absurdités de notre monde, qui est qu'on s'attend à ce que [les gens] suivent des codes, peu importe qui ils sont eux.

Catherine Dorion, députée de Taschereau pour Québec solidaire

Elle croit que le Parlement ne devrait pas être exempt de cette pluralité. On voudrait une diversité au Parlement qui représente quelque chose comme le peuple québécois.

Le Salon rouge

En posant au Salon rouge, Catherine Dorion a contrevenu aux règles de l'Assemblée nationale. D'où certains reproches au président et député caquiste François Paradis.

Ce dernier a été forcé de rappeler tous les partis d'opposition à l'ordre, leur signalant que la prise de photos en dehors des activités officielles doit d'abord faire l'objet d'une autorisation.

J'en étais désolée, affirme Catherine Dorion, qui soutient que, si elle avait su, elle aurait choisi un autre lieu. Il y a plein d'autres endroits à l'Assemblée nationale qui sont l'Assemblée nationale.

Elle croit que François Paradis a bien fait son travail et a su bien gérer la situation.

Invité à réagir aux élus qui se sont plaints du geste de Mme Dorion, M. Paradis n'a pas voulu alimenter le débat. Il a été convenu qu'une telle situation ne devait plus se reproduire, a simplement signifié son attachée de presse.

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