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Élections en Bolivie : le chef des observateurs de l'OEA démissionne

Deux manifestants au milieu de la fumée de gaz lacrymogènes.

Deux manifestants à La Paz, en Bolivie.

Photo : Reuters / Kai Pfaffenbach

Agence France-Presse

Le chef de la mission d'observation de l'Organisation des États américains (OEA) sur l'élection présidentielle en Bolivie a annoncé vendredi sa démission, après avoir reconnu avoir écrit des articles critiques à l'égard du président Evo Morales.

J'ai décidé de me retirer de la mission d'observation pour ne pas compromettre son impartialité, a écrit sur Twitter Arturo Espinosa, un avocat et universitaire mexicain. J'aurais dû informer l'OEA de mes manifestations publiques préalables au sujet du processus électoral en Bolivie.

L'authenticité de ce tweet a été confirmée à l'AFP par le bureau de l'OEA à La Paz.

Les médias boliviens ont rapporté que M. Espinosa avait publié la semaine précédente un article d'opinion sur les élections en Bolivie dans lequel il se montrait très critique à l'égard du président socialiste Evo Morales, l'accusant notamment de vouloir se maintenir à tout prix au pouvoir.

Paradoxalement, l'enquête de l'OEA sur le processus électoral en Bolivie, qui a démarré jeudi et doit durer environ deux semaines, a été demandée par le gouvernement de M. Morales, et est rejetée par l'opposition.

Les premiers chiffres partiels le soir de l'élection, le 20 octobre, laissaient entrevoir un second tour inédit entre M. Morales, au pouvoir depuis 2006, et son rival libéral Carlos Mesa. Mais de nouveaux résultats, diffusés le lendemain, avaient pratiquement donné la victoire à M. Morales, suscitant de la part de l'opposition et des observateurs internationaux des soupçons de fraude.

Cinq jours plus tard, le tribunal suprême électoral annonçait la victoire de M. Morales, avec une avance de plus de dix points, lui permettant de s'imposer dès le premier tour.

Un écart de dix points

Selon les résultats officiels publiés vendredi par ce tribunal, M. Morales a obtenu 47,08 % des voix contre 36,51 % pour M. Mesa. Ce dernier, sur Twitter, a aussitôt estimé que le tribunal démontre que la volonté d'Evo Morales est de consolider sa fraude électorale en Bolivie sans écouter le peuple.

Dès le lendemain du scrutin, des incidents entre pro et anti-Morales avaient éclaté dans plusieurs villes de Bolivie, faisant au moins 2 morts et 140 blessés.

De nouvelles manifestations ont eu lieu vendredi, notamment dans les quartiers aisés du sud de La Paz où des militants anti-Morales ont coupé la circulation. Des grèves, émaillées d'incidents, se poursuivaient dans la capitale économique Santa Cruz ainsi que dans la ville de Potosi, fiefs de l'opposition.

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