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Paul Poirier et Piper Gilles forgés dans l’ombre pour mieux briller

Piper Gilles et Paul Poirier en train de faire une figure sur la glace lors d'une compétition.

Piper Gilles et Paul Poirier ont remporté aux Internationaux Patinage Canada, samedi dernier à Kelowna, leur première médaille d'or dans un Grand Prix ISU.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les danseurs sur glace Paul Poirier et Piper Gilles ont signé une première victoire d’envergure samedi dernier à Kelowna, en Colombie-Britannique, après huit années passées à jouer les seconds rôles derrière les doubles champions olympiques Tessa Virtue et Scott Moir. Le patineur artistique franco-ontarien et sa partenaire ont encore des étoiles plein les yeux une semaine plus tard et pour cause!

Depuis le début de leur partenariat en 2011, la paire Poirier-Gilles a évolué dans l’ombre de ses compatriotes. Cette saison, ils ont fait oublier la retraite du duo Virtue-Moir en grimpant deux fois sur la première marche du podium.

Certains danseurs comme Tessa [Virtue] et Scott [Moir] patinent ensemble depuis plus de 20 ans. Ce n’est pas possible de rivaliser avec une expérience pareille, tranche Piper Gilles qui a d’abord représenté les États-Unis avant d’obtenir la citoyenneté canadienne et de faire équipe avec Paul Poirier.

Avoir un couple comme ça toujours en avant de toi, ça rend la vie difficile d’une certaine manière, rajoute son complice qui a grandi à Unionville.

« On n’a jamais eu la chance d’être l’équipe canadienne, l’équipe à battre, le numéro un du Canada. Notre carrière a toujours existé dans ce cadre-là […] donc c’est très différent comme expérience! »

— Une citation de  Paul Poirier

Paul Poirier et Piper Gilles n’avaient pas réussi à se qualifier pour les Jeux olympiques de Sotchi en 2014 où le couple Virtue-Moir a obtenu la médaille d’argent. Paul s’était fracturé la cheville droite quelques mois avant les championnats canadiens, rendant presque impossible l’obtention d’un billet pour les Jeux en Russie.

En 2018, la paire Poirier-Gilles a représenté le Canada lors du rendez-vous olympique à Pyeongchang, terminant en huitième place de l’épreuve de danse sur glace. À ce moment, la mère de Piper, Bonnie Gilles, menait un combat contre le cancer du cerveau. Elle a rendu l’âme quelques mois plus tard, en mai.

Leur médaille d’or aux Internationaux Patinage Canada, leur première en Grand Prix, représente une belle métaphore de leur carrière et des épreuves qu’ils ont dû traverser ensemble.

Paul Poirier (gauche) et Piper Gilles (droite) parlent lors d'une entrevue à Radio-Canada sur une patinoire.

Paul Poirier (gauche) et Piper Gilles (droite) n'ont pas caché leurs aspirations en entrevue à Radio-Canada Toronto.

Photo : Radio-Canada

Ça a été un test pour nous deux. En fait, l’année olympique a été plus facile parce que nous étions concentrés sur l’objectif. On voulait se qualifier parce que c’était un rêve pour ma mère, ma famille et pour nous, précise Piper assise aux côtés de Paul.

Nous ne serions pas qui nous sommes aujourd’hui sans ces difficultés. Traverser ensemble ces moments difficiles et s’engager l’un envers l’autre, c’est ce qui fait [de nous] une grande équipe. C’est aussi comprendre que nous sommes des humains après tout et que la vie se barre parfois sur notre route, renchérit-elle.

Une victoire bien au-delà du sport

Les deux athlètes le concèdent : ils ont appris davantage au cours de la dernière année sur la valeur d’une victoire que lors des premières années de leur partenariat. La notion de victoire dépasse largement le cadre du sport même si chaque occasion de mettre les pieds sur la première marche du podium mérite d’être célébrée.

[L’expérience a] coloré la relation entre Piper et moi, souligne Paul Poirier. On se sent beaucoup plus comme des humains complets quand on patine ensemble et je pense que c’est ça qui a fait la différence cette fois-ci. J’espère que ça va continuer à faire la différence, indique le patineur franco-ontarien qui avait aussi pris part aux Jeux de Vancouver en 2010 avec Vanessa Crone, sa partenaire de l’époque.

Je ne pense pas que sans les circonstances de la maladie de Bonnie, on aurait eu cette chance-là de prendre un moment et de se permettre d’être des humains ensemble premièrement et des athlètes [ensuite], poursuit-il.

Piper Gilles et Paul Poirier en train de patiner à l'entraînement.

Piper Gilles (gauche) et Paul Poirier (droite) à l'entraînement, mercredi, à Scarborough.

Photo : Radio-Canada

Les deux partenaires ont du pain sur la planche s’ils désirent succéder au couple Virtue-Moir. Les Olympiades de Pékin en 2022 font figure d’objectif, mais d’ici là, il reste encore beaucoup à faire.

Paul Poirier et Piper Gilles se rendront à Moscou pour y disputer leur deuxième Grand Prix de la saison du 15 au 17 novembre. Ils ont mis la barre haute en Colombie-Britannique en établissant de nouveaux records personnels avec 82,58 points au programme court, 126,43 points au programme libre et 209,1 points au cumulatif!

La raison pour laquelle nous sommes ici pour le prochain cycle olympique, c’est pour être sur la première marche du podium. On veut tous les deux gagner. Ce n’est pas drôle d’être deuxièmes pour le reste de sa vie, soutient-elle.

« Maintenant, nous avons la chance de faire de ce vœu [d’être sur la première marche du podium] une réalité et il faut la prendre. »

— Une citation de  Piper Gilles

Les deux patineurs auront également l’occasion d’en mettre plein la vue aux partisans canadiens cette saison. Les championnats nationaux auront lieu à Mississauga à la mi-janvier alors que Montréal accueillera les championnats du monde au mois de mars.

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