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Des cordages de pêche ont causé la mort de la baleine noire Snake Eyes

La baleine Snake Eyes, vue de haut, nage dans la mer.

Une photo prise le 16 juillet 2019 de Snake Eyes, nommé ainsi en raison de deux petites cicatrices blanches sur sa tête qui font penser à des yeux de serpent.

Photo : Northeast Fisheries Science Center

Radio-Canada

Pour la première fois cette année, l’enchevêtrement dans de l’équipement de pêche est confirmé comme étant la cause de la mort d’une baleine noire de l’Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition dont il ne reste que 400 individus environ.

C’est ce que révèlent les résultats préliminaires de la nécropsie pratiquée sur la carcasse de la baleine noire Snake Eyes, un mâle âgé de 40 ans retrouvé mort le 16 septembre à l’anse de Fire Island, sur la rive sud de Long Island, New York.

C’est en eaux canadiennes que Snake Eyes s’était empêtré dans des cordages de pêche. Il avait été repéré dans cette fâcheuse position le 6 août dans le golfe du Saint-Laurent, 90 km au large des îles de la Madeleine. Le 16 juillet, il avait été aperçu dans la même zone, libre de tout cordage.

Bien qu’il ne restait plus de cordages de pêche sur la carcasse en décomposition qui s’est échouée près des berges à New York, les scientifiques qui ont pratiqué la nécropsie ont observé de multiples blessures linéaires autour de la tête, sur les deux nageoires pectorales et la queue de Snake Eyes.

Ces blessures correspondent aux cicatrices que peuvent laisser des cordages de pêche. Elles sont aussi situées aux endroits où les cordages étaient enroulés autour de l’animal le 6 août, lorsqu’il avait été vu dans le golfe du Saint-Laurent.

Une carcasse de baleine sur la plage et des scientifiques autour.

Il a fallu six heures pour amener la carcasse de Snake Eyes sur la plage de Jones Beach, dans l'État de New York, où une équipe de 17 spécialistes ont pratiqué une nécropsie qui a duré cinq heures le 18 septembre 2019.

Photo : NOAA

La nécropsie n’a pas révélé de traumatisme vasculaire qui aurait pu découler d’une collision avec un navire. Les organes internes de l’animal ne montraient pas de trace de maladie, ce qui a permis d’exclure une mort naturelle.

L’équipe ayant pratiqué cette nécropsie conclut donc que l’empêtrement dans de l’équipement de pêche est la cause la plus probable de la mort de Snake Eyes.

Une carcasse de baleine flottant dans l'eau près de la berge.

Snake Eyes a été trouvé le 16 septembre au large de Long Island.

Photo : New York Department of Environmental Conservation / NOAA

Selon Phillip Hamilton, de l’Aquarium de Nouvelle-Angleterre, dans le Massachusetts, Snake Eyes était connu depuis très longtemps des observateurs de la faune marine.

En 2019, en dépit des mesures de protection des baleines imposées par le gouvernement canadien, huit baleines noires ont été trouvées mortes dans le golfe du Saint-Laurent. 

Trois d’entre elles - Punctuation, Comet et Clipper - sont mortes des suites d’une collision avec des navires.

Snake Eyes est l’une des quatre baleines noires empêtrées dans de l’équipement de pêche aperçues dans le golfe du Saint-Laurent cette année, mais la première dont la mort est la cause de cet enchevêtrement.

Une de ces quatre baleines a été dépêtrée après une opération de sauvetage, et semble bien se porter selon les scientifiques, malgré les cicatrices qu’elle garde de sa mésaventure.

Phillip Hamilton, de l’Aquarium de Nouvelle-Angleterre, s’inquiète toutefois pour les deux autres. L’une n’a été que partiellement dépêtrée et se trouvait dans un piteux état la dernière fois qu’elle a été vue, selon le chercheur.

L’autre porte un émetteur satellite qui permet aux scientifiques de suivre ses déplacements. Elle a été partiellement dépêtrée au large de Cape Cod. C’était un empêtrement très sérieux, avec des cordages enroulés plusieurs fois autour de son corps et à travers sa bouche, dit M. Hamilton. Ses chances sont bien meilleures après l’intervention [de secours], mais nous ne savons pas si cette baleine va survivre.

Selon les plus récentes estimations, qui datent de la fin de l’année dernière, il ne resterait que 400 baleines noires de l’Atlantique Nord, dont environ 70 femelles reproductrices.

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

Protection des espèces