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Épidémie de violence à Winnipeg : et si la solution venait de la communauté?

Des gens sont rassemblés avec une bougie dans la main et regardent par terre, l'air triste.

Plus d'une quarantaine de personnes était à la veillée qui s'est tenue mercredi soir au Centre des sciences de la santé de Winnipeg, en soutien à l'enfant poignardé dans son sommeil.

Photo :  CBC / Trevor Brine

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les récents événements violents qui ont fait plusieurs victimes, dont des enfants, ravivent d’importantes questions chez les Winnipégois. Parmi celles-ci, quelle est la meilleure façon de soutenir les familles et, surtout, d'éviter que la violence ne se propage encore plus?

Les événements de cette semaine ont poussé des membres de la communauté à tenir une rencontre vendredi soir, au 470, avenue Selkirk.

L'organisateur, Michael Redhead Champagne, anime un rassemblement hebdomadaire pour militer contre la violence et discuter d'autres problèmes depuis 2011.

Cette année-là, Winnipeg avait connu 41 homicides, un triste record.

À la suite des événements de cette semaine, où trois enfants de moins de 15 ans ont été victimes de violence, Michael Redhead Champagne et les autres membres du groupe souhaitent que leur rendez-vous, Meet me at the Bell Tower, devienne plus qu’une simple rencontre.

Nous voulons que cela devienne un lieu où les gens de la communauté se réunissent pour parler de ce que nous pouvons faire pour éviter que de tels incidents se reproduisent, explique-t-il.

Comment pouvons-nous pour entourer les familles qui vivent ces pertes et ces difficultés en ce moment?

Une citation de :Michael Redhead Champagne, organisateur de Meet Me at the Bell Tower

La directrice générale de Snowflake Place, un centre qui vient en aide aux enfants victimes d’abus lorsqu'ils doivent participer à des procédures judiciaires, admet que les événements de la dernière semaine ont anéanti tout le monde.

Selon Christy Dzikowicz, il faut une solution globale à un problème global qui gangrène la ville et touche tous les membres de la communauté. Le rôle de la communauté ne doit pas être laissé de côté. Nous avons notre responsabilité, martèle-t-elle.

La directrice générale du Centre de ressources communautaires de Elmwood, Nina Condo, souligne l’importance d’intégrer les nouvelles formes de violence dans les solutions.

Elle soutient que la lutte contre la violence en ville doit engager tous les citoyens, qu’importe d’où ils viennent.

Un avis que partage le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Wab Kinew.

« Oui, on peut avoir plus de policiers pour assurer la sécurité, dit-il. Mais la solution réelle est un plan global qui inclut l’éducation, le soutien en santé mentale ainsi que la lutte contre la pauvreté.»

Wab Kinew, le chef du Nouveau Parti démocratique.

M. Kinew encourage les citoyens à se joindre à des initiatives communautaires comme Meet me at the Bell Tower; premièrement pour mieux s’informer sur les violences et ensuite utiliser ces informations pour prévenir la violence autour d’eux.

Photo : Radio-Canada

Il rappelle que la crise de la méthamphétamine et la consommation des autres drogues sont des facteurs qui contribuent à amplifier la criminalité en ville.

Aller plus loin qu'en 2011

Dans le North End, les gens se mobilisent contre la violence depuis longtemps. Michael Redhead Champagne estime qu’il faut remonter aux racines du problème. Il estime que la pauvreté, le manque d’emploi, les dépendances, les problèmes de santé mentale, le manque d'accès à des logements sécurisés et de relations avec les organismes de protection de l’enfance sont des facteurs inhérents aux incidents qui se sont produits.

Je sais que les gens de la communauté essaient du mieux qu’ils le peuvent avec les outils disponibles, mais pour l’heure, il n’y en a pas beaucoup d’accessibles, déplore le Winnipégois.

Pour la directrice générale de Snowflake Place, les ressources existent. Le problème, c’est que les gens ne savent toujours pas où les trouver ou sont parfois gênés de les utiliser.

Les services d’aide à l’enfance et aux familles doivent faire leur part, mais Christy Dzikowicz estime que la population doit aussi accepter sa part de responsabilité.

Notre principale inquiétude, c'est d’avoir des gens qui, au fil du temps, ne s’occupent que d’eux. C’est quelque chose que nous ne pouvons pas nous permettre quand on parle de la sécurité des enfants, explique-t-elle.

Elle pense qu'il faudra, après le choc, s’atteler à un important travail de réflexion. Malgré la tristesse de ces événements, ils permettent de mettre en lumière des maux de société trop souvent passés sous silence.

Ces incidents ont au moins ouvert une discussion avec la communauté. Il va y avoir un temps où nous allons devoir réfléchir et penser à ce que nous pouvons faire différemment.

M. Kinew encourage les citoyens à se joindre à des initiatives communautaires comme Meet me at the Bell Tower; premièrement pour mieux s’informer sur les violences et ensuite utiliser ces informations pour prévenir la violence autour d’eux.

« Je serai au Meet me at the Bell Tower car on doit avoir des actions directes, aujourd'hui et maintenant. »

Le NPD a également lancé un appel à l’action et son chef précise que l'objectif est de permettre aux leaders communautaires de dire quelles sont leurs priorités en matière de lutte contre la violence. 

Il note qu’en plus des membres du parti, le chef de la police et bien d’autres autorités seront présents. « On va donner des invitations aux minières, aux chefs, etc. C’est très important d’avoir une collaboration avec les autres partis, dit-il. Dans les quartiers qui sont touchés par la violence, nous sommes le parti qui a le plus de députés. »  

Avec les informations de CBC 

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