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Accident de l'Apollo à Godbout, une erreur humaine et technique, selon le BST

L'Apollo au débarcadère de Godbout.

L'Apollo a dû être réparé après l'accident du 25 février 2019 qui a déchiré l'avant de la coque. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Olivier Roy-Martin

Louis Lessard

Le rapport d’enquête sur la sécurité du transport maritime cible le manque de formation du capitaine et les problèmes de moteurs et d'électricité pour expliquer l'accident du navire Apollo au quai de Godbout en février 2019.

Le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada dévoilait vendredi son rapport, près de 10 mois après l'impact du navire Apollo contre le quai de Godbout.

Les enquêteurs du BST estiment que le peu d'expérience du capitaine à manœuvrer ce navire et le manque de formation ont contribué à causer l'accident. Le rapport précise que le capitaine a mal évalué la vitesse et la direction prise par le navire dans un contexte de glace et de vent.

L'enquête a permis de révéler [que] le peu d'expérience du capitaine à manœuvrer le navire acquis récemment ainsi que la formation limitée qu'il a reçue à cet égard ont mené à une évaluation erronée de la vitesse et du cap du navire...

Extrait du rapport du Bureau de la sécurité des transports

Le capitaine [veille] à ce que toute personne affectée à une fonction à bord d’un [navire] reçoive, avant de s’acquitter d’une tâche à bord de ce [navire], l’information sur la familiarisation de même que la formation sur la sécurité requises à bord, assure toutefois Transports Canada.

Avant la mise en service du navire, Transports Canada s’est assuré du respect des exigences en matière de familiarisation et formation.

Simon Rivet, porte-parole, Transports Canada

Le jour de l'accident, l'Apollo quittait le port de Matane à destination de la Côte-Nord avec 100 passagers à son bord. La visibilité était limitée en raison des précipitations de neige. De plus, les vents soufflaient à une vitesse de près de 55 km/h.

Un trou dans la coque de l'Apollo.

La collision entre l'Apollo et le débarcadère de Godbout avait obligé la STQ à revoir le service de traversier pour quelques jours.

Photo : Radio-Canada / Olivier Roy-Martin

Dans son rapport, le BST précise en revanche que le capitaine avait réalisé près de 400 débarquements à Godbout, mais avec d'autres navires. Le pilote avait aussi participé à 7 trajets entre Matane et Baie-Comeau aux commandes de l'Apollo.

Indépendamment du nombre de déplacements en mer, les enquêteurs concluent au manque de formation sur ce type de navire. Le 25 février 2019, le capitaine effectuait son premier voyage de Matane à Godbout avec des passagers à bord.

L'enquêteur principal au BST à Québec, Antonin Marcoux, précise que la sécurité des passagers n'a jamais été menacée dans cette histoire. La formation était limitée, l'équipage connaissait mal la réaction des équipements, mais pas au point de mettre en jeu la sécurité des passagers.

C'est le même son de cloche chez Transports Canada, où le porte-parole Simon Rivet indique que, à l’analyse des données d’inspection, aucun risque significatif pour la sécurité n’avait été identifié.

Des problèmes de moteurs et d'électricité majeurs

Le BST note que, lors de la construction de l'Apollo en 1970, le navire était équipé de deux moteurs diesels à 4 temps identiques. En 2005, le moteur de gauche a été remplacé par un moteur plus puissant. Le défi pour tous les nouveaux pilotes consistait à naviguer avec un nouveau moteur plus rapide que son voisin de droite, beaucoup plus ancien.

Le navire Apollo amarré au quai de Matane.

Le navire Apollo continue de faire jaser.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Les enquêteurs ont aussi constaté que l'alimentation électrique à bord de l'Apollo était loin d'être optimale. Le rapport précise que l'état mécanique des moteurs diesels des génératrices est tel qu'ils ne peuvent fonctionner à plus de 50 % de leur charge nominale.

Dans ce contexte, le capitaine a été forcé de réduire au minimum l'utilisation du propulseur d'étrave. Un défi certain qui a limité la qualité des manœuvres en zone portuaire.

Des constats, mais pas de recommandations

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada n'a pas pour rôle de déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

Les enquêteurs n'ont pas fait de recommandations formelles non plus, puisque ce n'était pas le mandat de ce type d'enquête. Ils précisent cependant l'importance de veiller à ce que toute machine conçue pour aider le capitaine à manœuvrer le navire soit en bon état de fonctionnement et que le capitaine connaisse bien la réaction des machines ainsi que leurs limitations opérationnelles.

Le navire a coûté 2,1 millions de dollars. L'Apollo aura été en service moins d'une vingtaine de jours au total.

La Municipalité de Godbout achètera sous peu le vieux traversier dans le but de le couler et d'attirer des plongeurs.

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