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Joi Scientific : l'investissement était un risque calculé, selon le PDG d’Énergie NB

Le président-directeur général de la société Énergie NB, Gaëtan Thomas, défend la décision d'investir 13 millions de dollars dans le projet de Joi Scientific.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Radio-Canada

Le président-directeur général de la société Énergie NB, Gaëtan Thomas, répond aux questions de députés au sujet de l’investissement dans l’entreprise américaine Joi Scientific.

Énergie NB, avec l’appui de la Société de développement régional, a investi 13 millions de dollars pour se servir un jour de la technologie de Joi Scientific, qui est présentée comme un moyen de générer efficacement de l’électricité à partir d’hydrogène.

Toutefois, le PDG de Joi Scientific, Traver Kennedy, a annoncé aux actionnaires, l’été dernier, que l’entreprise a mal calculé le rendement énergétique. La technologie en question était en fait peu efficace.

Gaëtan Thomas comparaissait vendredi matin devant le comité des comptes publics de l’assemblée législative.

Il affirme que les chances de succès du projet de Joi Scientific étaient évaluées à 50 % au moment d’investir les 13 millions de dollars.

La technologie n'était pas optimisée au moment du test, dont le résultat a été annoncé aux actionnaires l’été dernier, explique Gaëtan Thomas. Il y a eu aussi de meilleurs résultats, selon lui.

Il est encore possible que les résultats soient meilleurs que ceux présentés dans les médias, soutient M. Thomas, mais il refuse de donner le moindre détail sur ces résultats pour des raisons de confidentialité liée à la nouvelle technologie.

Énergie NB poursuit son partenariat avec Joi Scientific, précise-t-il, même si les résultats obtenus jusqu'ici sont décevants et qu'il y a eu de mauvais calculs.

On continue à faire des tests, puis évidemment, on continue d'optimiser les circuits, l'électronique, la technologie, précise-t-il.

Ces tests coûtent encore 20 000 $ par mois à Énergie NB. Il s'agit visiblement d'une information qui ne s'était pas rendue au ministère du Développement des ressources naturelles et de l'Énergie qui assurait, jeudi, que pas un cent de plus ne serait investi dans l'aventure.

L'enseigne de l'entreprise en Floride.

Joi Scientific, une entreprise partenaire d'Énergie NB, est établie en Floride.

Photo : CBC/Karissa Donkin

Gaëtan Thomas affirme que son équipe est peut-être coupable d'avoir eu trop d'attentes. Il dit qu’il faut du temps pour mettre au point cette technologie.

M. Thomas siège au conseil d'administration de Joi Scientific, ce qui laisse supposer qu'il était au courant depuis l'été dernier des déboires de l'entreprise.

Joi Scientific a fait les premiers contacts, selon Gaëtan Thomas

Joi Scientific savait que le Canada voulait s’éloigner des sources d’énergie fossile, explique Gaëtan Thomas. Énergie NB, rappelle-t-il, doit trouver une source d’énergie de remplacement pour la centrale de Belledune.

En 2015, raconte M. Thomas, Joi Scientific a communiqué avec un membre du conseil d’administration d’Énergie NB, Norms Betts, qui l’a contacté à son tour. Des représentants d’Énergie NB ont ensuite visité les laboratoires de l’entreprise.

L'investissement, comme dans toute entreprise en démarrage, comportait des risques, reconnaît le PDG.

Énergie NB a eu des communications avec le gouvernement avant de demander des fonds au ministre Rick Doucet, en 2016, pour investir dans le projet, assure M. Thomas. Il y a d'abord eu un montant de 6 millions de dollars de la Société de développement régional, approuvé par le Cabinet de Brian Gallant, précise M. Thomas, puis un de 6 millions d’Énergie NB.

Énergie NB prend toujours des risques calculés et, en général, elle le fait assez bien quant aux investissements en innovation, estime M. Thomas. Dans le cas de Joi Scientific, dit-il, si le projet ne marche pas, Énergie NB se retirera.

Une arnaque, selon le Parti vert

Le chef du Parti vert, David Coon, qualifie d'arnaque l’aventure d’Énergie NB avec Joi Scientific. Il demande si la loi sur l’électricité permet de faire des investissements aussi risqués. Gaëtan Thomas répond que la loi ne l’interdit pas.

La députée verte Megan Mitton a déposé une motion qui demande à Énergie NB de rendre publiques les évaluations de la technologie de Joi Scientific. Elle a en déposé une autre pour que la Société de développement régional comparaisse à son tour devant le comité des comptes publics.

Les libéraux évitent d'aborder la question de Joi Scientific. Seuls les députés d'autres partis posent des questions à ce sujet.

Des leçons à tirer, selon un scientifique

Énergie NB aurait mieux fait de consulter des experts avant de se lancer dans cette aventure, selon un professeur au Département de physique et d’astronomie de l’Université de Moncton, Deny Hamel.

Je pense qu’une leçon qu’on peut tirer de ça, c’est important pour les entreprises comme NB Power ou n’importe quel organisme gouvernemental de faire appel aux experts qu’on a ici au Nouveau-Brunswick, parce qu’on a beaucoup d’expertise dans nos universités, affirme Deny Hamel.

Deny Hamel en entrevue dans sa classe devant un tableau recouvert de formules mathématiques.

« Quand on regardé le brevet [de Joi Scientific] et qu'on a vu qu'il y avait des erreurs d'arithmétique, c'était assez inquiétant », affirme le professeur Deny Hamel.

Photo : Radio-Canada

Je pense que c’est même une leçon pour tous les Néo-Brunswickois dans la vie de tous les jours. Si on a une offre qui est trop belle pour être vraie, comme ça semble l’être ici, bien peut-être qu’il faut aller se questionner et s’informer plus en profondeur, ajoute le scientifique.

Avec des renseignements de Michel Corriveau, Jacques Poitras et Michèle Brideau

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