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Des traditions d’Halloween liées aux craintes qu'engendrait la moisson autrefois

Dessin de squelettes humains qui dansent.

La danse de la mort illustrée dans La Chronique de Nuremberg publié en 1493. Cette image était utilisée pour encourager les gens à bien mener leur vie pour s'assurer une bonne vie dans l’au-delà, indique l'historienne Sharon Wright.

Photo : Fournie par Sharon Wright

Radio-Canada

Le soir d’Halloween, plusieurs prennent un malin plaisir à faire peur aux jeunes avec de sinistres décorations et des histoires d’horreur. Ce qu'ils ignorent peut-être, c'est que, selon certains experts, ces traditions liées à cette célébration tirent leur origine à une époque où la peur de la mort ne hantait pas seulement les jeunes.

Avec des décorations de tombes, de squelettes, de tête de mort, cette période de l’année prend l'allure de célébration. Cependant, il fut un temps, indiquent les historiens, cette période de moisson et de changement de saison s'accompagnait de risques élevés de faillite et de mort, causant de réelles frayeurs.

Frank Klaassen est assis devant une table sur laquelle sont déposés des chandeliers avec des bougies, de vieux livres et une grosse vielle clé

Le professeur d'histoire à l'Université de la Saskatchewan, Frank Klaassen, indique dans les communautés agricoles traditionnelles, durant la saison de la moisson , « la mort était partout. »

Photo : Radio-Canada / Rosalie Woloski

À cette époque, les mauvaises récoltes pouvaient engendrer une famine causant des morts, explique Frank Klaassen, un professeur agrégé au département d’histoire de l’Université de la Saskatchewan.

Il explique qu’en ce temps-là tout rappelait la mort : les feuilles mortes qui tombent des arbres, les animaux qui sont abattus parce qu’on ne peut pas les nourrir durant l’hiver.

Dans une large mesure, la mort était partout.

Frank Klassen, département d'histoire, Univ. de la Sask.

Des histoires d’horreur pour déstresser

À l’époque, les programmes d’assurances contre les risques agricoles n’existaient pas.

Selon la directrice du département d’histoire du College St Thomas More de l’Université de la Saskatchewan, Sharon Wright, la peur d’une mauvaise récolte pouvant causer la mort créait un grand stress chez les agriculteurs de la province.

« Les gens étaient soumis à de fortes pressions, car ils savaient qu’une mauvaise récolte signifiait que des gens allaient mourir dans leur communauté », note-t-elle.

Sharon Wright donne une entrevue pendant qu'elle est assise à son bureau.

La directrice du département d'histoire au collège St Thomas More, Sharon Wright, indique que les histoires d'horreurs apaiseraient le stress des gens qui vivaient dans les communautés agricoles traditionnelles.

Photo : Radio-Canada / Chanss Lagaden

Elle indique que les histoires d’horreur servaient en quelque sorte de distraction.

« À l’origine, ces histoires servaient de soupape de décompression pour une commutée soumise à beaucoup de stress. Quelqu’un peut raconter une histoire — souvent terrible et violente — dans le but de baisser le stress dans sa petite communauté », explique l’historienne.

De telles histoires pouvaient donner à la personne le sentiment d'avoir un certain pouvoir sur ce qui, dans la vie quotidienne, causait une grande peur.

Elle mentionne l’exemple de l'histoire de La Faucheuse, qui à n'importe quel moment pouvait emporter un membre de la communauté.

« Vous pouvez prendre plaisir à faire peur à quelqu’un, mais à la fin de l’histoire les gens sont indemnes. »

Sharon Wright ajoute que les histoires terrifiantes servaient aussi à encourager la prudence à cette époque où le danger était partout.

Une tradition pour tester la force de ses liens avec sa communauté

Les origines de la tradition de la collecte des bonbons par les enfants peuvent aussi être liées à la période de la moisson, indique la Kristin Catherwood, la directrice du programme Héritage vivant à l’organisme Heritage Saskatchewan.

Elle indique que les gens allaient de porte en porte pour partager la nourriture et la boisson. Cela témoignait de l’étendue des liens qu’entretenait une personne avec sa communauté.

C’était comme un test une façon de demander : « Si les temps devenaient durs, m’accueillerais-tu chez toi, m’aiderais-tu? Me connais-tu suffisamment pour me considérer comme membre de ta communauté? », explique Kristin Catherwood.

Avec les informations de Morgan Modjeski

Saskatchewan

Croyances et religions