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  • Envoyé spécial
  • Incendies en Californie : « Ce n'est que le début »

    Un pompier tient une lance à eau et arrose une maison qui a été détruite par les flammes.

    L'une des six maisons rasées par les flammes dans les quartiers nord de San Bernardino, à l'est de Los Angeles.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    Timothé Matte-Bergeron

    Une dizaine de feux de broussailles de taille plus ou moins importantes ont éclaté dans la dernière semaine aux quatre coins de la région urbaine de Los Angeles. Les pompiers sont prompts à réagir, mais les dégâts sont inévitables puisqu’il est impossible de prédire où frappera le prochain feu.

    Dans la nuit de mercredi à jeudi, ce sont les quartiers nord de San Bernardino qui y ont goûté : six maisons ont été rasées par les flammes, et 1300 personnes ont été sommées d’évacuer les lieux.

    L’incendie Hillside a dévalé à grande vitesse les collines qui surplombent la ville, et il a atteint les premières demeures aux petites heures du matin. Les vents de Santa Ana, venant des déserts de l’intérieur de la Californie, soufflaient cette nuit-là à près de 100 km/h.

    Les restes calcinés d'une maison, avec des palmiers en arrière.

    Cette maison rasée par les flammes était habitée par une famille de six personnes, qui ont dû trouver refuge ailleurs.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    C’était un feu très rapide, qui projetait des braises ardentes dans le quartier, explique le responsable des communications de la Forêt nationale de San Bernardino, Zach Behrens. Ces morceaux d’herbes enflammés ont été poussés jusque dans certaines maisons.

    Le malheur des uns…

    C'est ce qui est arrivé chez Matthew Valdivia, qui habitait sa maison avec sa femme et ses quatre enfants depuis un an seulement. On est des premiers acheteurs, on ne savait pas dans quoi on s’embarquait, dit-il.

    Mathieu Valdivia devant sa maison

    Matthew Valdivia a perdu sa maison, détruite par les flammes dans la nuit de mercredi à jeudi.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    Au moment d’assurer sa maison, le couple a constaté que les risques d’incendie faisaient grimper sa prime. Ça ne l'a pas empêché d’y faire plusieurs rénovations, qu’il a vues partir en fumée mercredi.

    Leçon apprise, glisse sombrement Matthew Valdivia, une pointe d’autodérision dans la voix. À la dure.

    Il n’a pas encore décidé s’il fera reconstruire sa maison ou non. Mais s’il choisit de déménager, il s’ennuiera du voisinage.

    … le soulagement des autres

    Heureusement, dans ce secteur, les pompiers ont réussi à limiter la propagation des flammes.

    Tony Marzullo, voisin d’en face de la famille Valdivia, habite depuis 25 ans sur Viento Way, un petit bout de rue au pied des collines de San Bernardino. Sa maison a été épargnée.

    Ce n’est pas la première fois qu’il doit l'évacuer à cause d’un feu de forêt. La dernière fois, c’était en 2003. Mais le vent et la fumée sont des désagréments récurrents.

    Plusieurs personnes nous demandent pourquoi on vit ici, raconte-t-il. On aime juste énormément vivre près de la montagne.

    Tony Marzullo devant sa maison

    La maison de Tony Marzullo a tenu le coup, juste de l'autre côté de la rue.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    Tony Marzullo déteste pourtant une chose : le vent. Celui de Santa Ana, qui fait et défait les incendies, et qui revient chaque automne.

    Et je vis sur Viento Way, ce qui veut dire “chemin venteux” en espagnol, c’est un peu ironique, lance-t-il.

    Pourquoi les tisons poussés par les bourrasques ont-ils atteint la maison de ses voisins et pas la sienne? Il ne faut pas essayer de comprendre. Le vent n’en fait qu’à sa tête, répond M. Marzullo.

    Des palmiers qui se dressent haut dans les airs, le haut de leur tronc est calciné.

    Le haut des troncs des palmiers a été brûlé par les flammes, mais les pompiers les ont éteintes lors de leur intervention au courant de la nuit.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    Le pire encore à venir?

    La chaleur et la sécheresse, les deux ingrédients qui composent, avec le vent, la recette de l’incendie parfait, ne sont pas près de disparaître.

    Dans la région, des pluies fortes ne sont pas nécessairement garanties avant décembre, ou même janvier, prévient Zach Behrens. Normalement, la saison des feux de forêt est en novembre et en décembre.

    Certains des incendies les plus destructeurs des années 2017 et 2018 ont en effet été déclenchés au courant de ces deux mois.

    Ce n'est que le début, affirme de son côté le capitaine Branden Silverman, du Service des incendies de Los Angeles.

    Où flambera le prochain incendie dans la région de la métropole californienne? Les paris sont ouverts.

    Incidents et catastrophes naturelles

    International