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« Ce que Mme Bombardier a fait, c’est une bénédiction pour la francophonie »

Un panel sur l'avenir de la Francophonie canadienne est animé par Radio-Canada à Regina.

Photo : Radio-Canada

Samuel Desbiens

Les propos de Denise Bombardier à l’automne 2018 qui ont mené au documentaire Denise au pays des francos ont en quelque sorte rendu service à la francophonie canadienne, selon Denis Desgagnés, ancien président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques.

Ce que Mme Bombardier a fait, c’est une bénédiction pour la francophonie. C’est malheureux, mais des fois, ce qui rapproche les gens, ce sont les tragédies, affirme Denis Desgagnés.

Ce dernier participait samedi, à Regina, à un panel sur l’avenir de la francophonie canadienne en compagnie de cinq autres intervenants francophones de partout au pays.

Denis Desgagnés, parle au micro.

L'ancien président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques Denis Desgagnés travaille depuis quelques mois au sein du Conseil des écoles fransaskoises, en Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada

Ils ont profité de l’occasion pour revenir sur le documentaire de Denise Bombardier, mais aussi sur ses déclarations à l’émission Tout le monde en parle, en octobre 2018, où elle a déclaré que presque toutes les communautés francophones au pays avaient disparu.

On doit se rappeler que la francophonie canadienne, c’est la minorité linguistique du Canada qui inclut les francophones du Québec, alors cessez de nous provoquer, parce que vous allez réaliser que nous sommes toujours là, présents, souligne quant à lui le président de la Fédération des communautés francophones et acadiennes, Jean Johnson.

Gros plan sur le visage d'un homme.

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadiennes, Jean Johnson, s'est donné comme objectif au cours de son mandat de convaincre Ottawa de moderniser la Loi sur les langues officielles.

Photo : Radio-Canada

Les intervenants sont unanimes : la francophonie canadienne est toujours bien vivante et elle n’est pas près de s’éteindre, même si les francophones sont moins nombreux que les anglophones au Canada.

Le nombre, ce n’est pas tout. C’est aussi l’énergie, le dynamisme. Si la quantité est vraiment ce qu’on recherche, on ne rattrapera jamais le bateau.

Fayza Abdallaoui, présidente sortante du Mouvement ontarien pour les femmes immigrantes francophones
Gros plan sur le visage d'une femme.

La présidente sortante du Mouvement ontarien pour les femmes immigrantes francophones, Fayza Abdallaoui, est née en Suisse et a vécu 15 ans en France avant d'immigrer au Canada.

Photo : Radio-Canada

Pour la directrice de l’Accueil francophone du Manitoba, Bintou Sacko, le bilinguisme au Canada ne veut pas dire qu’il y a un groupe de francophones et un groupe d’anglophones.

Pour moi, il n’y a pas de minorité ici. Anglophones, francophones, immigrants, tout le monde est en train de bâtir le Canada dans les deux langues, insiste-t-elle.

Gros plan sur le visage d'une femme.

Bintou Sacko est directrice de l'Accueil francophone du Manitoba, un organisme qui aide les immigrants francophones à s'établir au Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Inciter la jeunesse à s’impliquer

La préservation de la langue française au Canada doit aussi passer par la jeunesse, selon les panélistes, qui considèrent notamment que les jeunes doivent avoir davantage accès à des services en français.

Je suis francophone et si j’ai l’occasion de prendre des services en français, je vais les prendre, mais ce n’est pas la réalité en ce moment, affirme Andréa Perrault, députée de l’Assemblée communautaire fransaskoise, qui dit ressentir le poids qui pèse sur les épaules des jeunes francophones en milieu minoritaire.

Gros plan sur le visage d'une jeune femme.

Andréa Perrault, députée de l'Assemblée communautaire fransaskoise.

Photo : Radio-Canada

L’accessibilité à plus de services en français permettrait aussi, selon les intervenants, de contrer l’insécurité linguistique que les jeunes vivent par moments.

Je veux vivre ma francophonie sans avoir à y penser, poursuit Andréa Perrault.

Des gens, assis, écoutent attentivement une discussion.

Plus d'une centaine de francophones écoutaient attentivement les propos des panélistes.

Photo : Radio-Canada

L’éducation doit être une priorité

Aux yeux du président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, les politiciens sont de plus en plus nombreux à vouloir apprendre le français, ce qui ouvre la porte à une meilleure compréhension des enjeux qui touchent la francophonie canadienne.

Il croit toutefois que les gouvernements doivent avoir comme priorité d’investir en éducation.

Le frein principal à l’essor de la francophonie au Canada, c’est la pénurie d’enseignants et d’enseignantes, parce qu’on pourrait remplir nos écoles d’immersion et nos écoles de français langue première davantage, mentionne-t-il.

Lors d’une brève conversation téléphonique mardi matin, Denise Bombardier a décliné notre demande d'entrevue pour réagir aux propos tenus par les intervenants lors de l’événement, indiquant qu’elle n’avait pas vu le panel sur l’avenir de la francophonie canadienne.

Avec les informations de Zoé Clin et de Pascale Bouchard

Gros plan sur le visage d'un homme.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, a fait carrière dans le milieu de l'éducation.

Photo : Radio-Canada

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