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Le président du Liban appuie la fin de l’État confessionnel

Le président du Liban, Michel Aoun.

Le président du Liban, Michel Aoun

Photo : AFP / Stephane Mahe

Radio-Canada

Le Liban doit choisir les ministres qui formeront le prochain gouvernement en fonction de leur compétence et de leur expérience, et non plus de leur confession religieuse, a affirmé jeudi le président libanais Michel Aoun tandis qu’il s’adressait à la nation deux jours après la démission de son premier ministre.

Les ministres devront être choisis en fonction de leurs compétences, non de leurs allégeances politiques [...] d'autant que le Liban se trouve à un tournant critique, notamment sur le plan économique, et a désespérément besoin d'un gouvernement harmonieux capable d'être productif, a déclaré M. Aoun dans un message télévisé.

Le premier ministre du Liban Saad Hariri a remis sa démission mardi en raison de la pression de la rue qui conteste, depuis le 17 octobre dernier, le pouvoir en place et la corruption qui gangrène l’économie.

Saad Hariri fait une intervention télévisée.

Le premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé sa démission et celle de son gouvernement lors d'une allocution télévisée.

Photo : Reuters / Mohamed Azakir

Cette démission ne signifie pas la dissolution automatique du Parlement et le déclenchement d'élections pour les Libanais, puisque le président a le pouvoir de nommer un autre élu.

M. Aoun doit en fait annoncer à quel moment se tiendront les consultations parlementaires contraignantes, au cours desquelles il doit entendre chaque groupe parlementaire avant de nommer un nouveau premier ministre, comme l'exige la Constitution libanaise.

Aide américaine suspendue

L’administration américaine aurait suspendu une aide militaire de 105 millions de dollars à destination du Liban, deux jours après la démission du premier ministre libanais Saad Hariri. L’agence Reuters, citant des responsables américains qui ont requis l’anonymat, indique que la Maison-Blanche a informé le Congrès de cette décision.

« Tu as affamé tout le monde »

À peine le discours du président terminé, les manifestants qui s'était réunis au centre de Beyrouth pour l'écouter ont scandé Tous, c'est-à-dire tous, l'un des slogans phares du mouvement de contestation, témoignant de leur souhait de voir tous les dirigeants quitter le pouvoir.

M. Aoun est lui-même conspué, au même titre que les autres dirigeants. Dégage, dégage, tu as affamé tout le monde et Le peuple veut la chute du régime, ont encore crié les manifestants rassemblés dans la capitale pour écouter le discours, qui coïncidait avec le troisième anniversaire de l'accession à la présidence de M. Aoun.

Le mouvement de contestation, qui a pris de court les partis au pouvoir, a mobilisé des centaines de milliers de Libanais à travers plusieurs régions du pays depuis le 17 octobre. Des médias locaux affirment que le nombre de protestataires a atteint plus de 1,5 million de personnes, alors que la population totale du Liban est d'environ 6 millions d'habitants.

En soirée jeudi, les forces de l'ordre tentaient de débloquer des axes routiers du centre-ville de Beyrouth occupés par des manifestants. D'autres ont aussi défilé à Tripoli, une grande ville du nord du pays devenue un des fers de lance de la contestation.

Des gens manifestent devant des policiers antiémeutes.

Des manifestants se sont rassemblés à Beyrouth jeudi soir, sous le regard attentif des forces de l'ordre.

Photo : afp via getty images / Patrick Baz

Les manifestants réclament un renouvellement complet de la classe politique, qui est restée inchangée depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). Ils accusent aussi leurs dirigeants d'avoir provoqué la pire crise économique depuis des décennies.

Actuellement, plus du quart de la population du Liban vit sous le seuil de pauvreté, et le pays affiche une dette publique représentant 150 % de son produit intérieur brut (PIB).

À l'origine de la contestation se trouve l'annonce d’une nouvelle taxe sur les appels effectués avec la messagerie WhatsApp. La mise en place de cette taxe a rapidement été annulée, ce qui n'a toutefois pas su calmer les ardeurs de la rue.

Les manifestants réclament maintenant la fin du système politique de type confessionnel qui régit le partage et l’exercice du pouvoir au Liban entre musulmans sunnites, musulmans chiites et chrétiens, et qui perpétue l'immobilisme des classes dirigeantes.

Avec les informations de Agence France-Presse, et L'Orient-Le Jour

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