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Le projet de fusion entre Peugeot et Fiat Chrysler ravive l'espoir en Ontario

Une enseigne dans un stationnement vue à travers une clôture en métal.

Fiat Chrysler a trois usines en Ontario.

Photo : CBC/Chris Ensing

Philippe de Montigny

Des analystes de l’industrie automobile et le syndicat Unifor en Ontario, où Fiat Chrysler compte trois usines, estiment que le rapprochement avec le conglomérat français qui possède Peugeot aurait des retombées positives au pays.

Quelques mois après sa fusion avortée avec Renault, Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a officialisé son projet de fusion avec PSA Peugeot Citroën jeudi, qui doit créer un nouveau géant de l’automobile.

Jerry Dias, président national du syndicat Unifor, qui représente les 11 000 travailleurs de Fiat Chrysler en Ontario, estime qu’un tel mariage est inévitable.

Si Fiat Chrysler veut croître et faire concurrence aux grands joueurs mondiaux, une fusion est nécessaire.

Jerry Dias, président national d’Unifor

Jerry Dias souligne que les constructeurs automobiles veulent suivre les habitudes des consommateurs et faire un virage vers le développement de véhicules autonomes et électriques, de plus en plus convoités. C’est une transformation de l’industrie très coûteuse, dit-il.

Un homme et une femme travaillent dans une usine d'assemblage du groupe Fiat Chrysler Automobiles à Windsor, en Ontario.

L’industrie automobile, le premier secteur d’exportation au Canada, génère quelque 80 milliards de dollars annuellement en activité économique.

Photo : Associated Press / Jerry S. Mendoza

Yan Cimon, professeur de stratégie à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, souligne que Peugeot apporte dans ce mariage une expertise en recherche et développement qui pourrait être bonifiée au Canada.

L’Ontario est très bien positionné sur le plan des caractéristiques qui pourraient séduire un éventuel transfert des activités de Peugeot PSA-FCA en Amérique du Nord.

Yan Cimon, professeur de stratégie à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval

Du côté de l’Ontario, il y a énormément de capacité en innovation automobile dans un monde où on aura des véhicules de plus en plus branchés, un transport de plus en plus électrique, précise-t-il.

Yan Cimon, professeur au Département de management de l'Université Laval, en train de prendre des notes à son bureau.

Yan Cimon, professeur au Département de management de l'Université Laval

Photo : Radio-Canada

Bonne nouvelle après les mises à pied

Les possibilités qui découlent de cette union sont très bien accueillies dans la province, alors que d’autres constructeurs automobiles, tels que Ford et General Motors, ont annoncé des mises à pied et une réduction de leurs activités.

Dans une déclaration envoyée par courriel à Radio-Canada, le ministre ontarien du Développement économique, Vic Fedeli, affirme que son gouvernement s'attarde toujours à rétablir la compétitivité de l'Ontario et compte laisser l'industrie décider de la meilleure façon d'avancer. Il ajoute que son ministère a contacté FCA Canada pour obtenir davantage de détails quant à cette fusion.

À court et à moyen terme, M. Cimon n'anticipe pas de fermeture d'usines ou de mises à pied de la part de Fiat Chrysler dans ses installations à Windsor, à Brampton et à Toronto.

Images des marques de voitures.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les marques qui fusionneront dans le cadre du projet de fusion entre Fiat Chrysler Automobiles (FCA) et PSA Peugeot Citroën.

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

Dennis DesRosiers, consultant du secteur automobile, abonde dans le même sens. Il croit que la fusion de FCA et PSA ne serait pas une menace pour le Canada et pourrait même avoir des retombées positives, puisque Peugeot n’est pas dans le marché nord-américain.

Au Canada et partout en Amérique du Nord, toute vente de nouveaux véhicules serait positive. Cette fusion pourrait élargir l’éventail de produits vendus par FCA sur le continent nord-américain, affirme-t-il.

Les usines ontariennes, selon lui, pourraient même être adaptées afin de produire ces nouveaux véhicules.

Le professeur Yan Cimon soutient toutefois que cet optimisme doit être tempéré. Il rappelle que la fusion entre Nissan et Renault, il y a 20 ans, n’a pas eu cet effet. On ne voit pas de voitures Renault sur nos routes malheureusement, dit-il.

Toronto

Industrie automobile