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L'Ontario refuse de déclarer l'état d’urgence pour s’attaquer à la crise des opioïdes

Jamie West fait une déclaration à l'Assemblée législative.

Le député néo-démocrate de Sudbury, Jamie West, demandait au gouvernement Ford de déclarer l’état d’urgence en santé publique, afin d’autoriser plus d’argent pour lutter contre la crise des opiacés dans le Nord de l'Ontario.

Photo : Assemblée législative de l'Ontario

Une motion en ce sens déposée jeudi après-midi à la législature ontarienne par le député néo-démocrate de Sudbury, Jamie West, n’a pas reçu l’appui des députés progressistes-conservateurs et a été défaite par un vote de 55 contre 33.

Aujourd'hui, nous avons donné au gouvernement Ford l'occasion de prendre des mesures concrètes pour prévenir la dépendance aux opiacés et les surdoses, et pour sauver des vies , a déclaré M. West après le vote. Je suis déçu que Doug Ford et les conservateurs aient choisi de continuer à ignorer les effets dévastateurs de cette crise sur les familles et les collectivités du Nord

Les cas de décès liés aux opiacés sont montés en flèche, avait affirmé le député Jamie West lors de la présentation de sa motion.

En 2018, l’on comptait 1473 personnes mortes à cause des opioïdes dans la province, selon des chiffres compilés par Santé publique Ontario.

De ce nombre, 141 décès ont été enregistrés dans le Nord , dont 32 dans le Grand Sudbury.

Le programme d’échange de seringues a enregistré 23 000 visites l’an dernier et le Service de santé publique de Sudbury et districts a distribué un million et demi de seringues et 2040 trousses de naloxone.

Le gouvernement doit traiter la crise des opiacés comme une crise et décréter l’état d’urgence.

Jamie West, député néo-démocrate ontarien dans la circonscription de Sudbury

Le ministre associé délégué à la Santé mentale et à la Lutte contre les dépendances, Michael Tibollo, a déclaré que le gouvernement Ford a déjà pris de nombreuses mesures concrètes pour lutter contre la crise et la déclaration de l'état d'urgence n'était pas nécessaire.

Je veux remercier le député de l’opposition de me donner la chance de me lever en chambre aujourd’hui et de parler de santé mentale.

Micheal Tibollo, ministre associé délégué à la Santé mentale et à la Lutte contre les dépendances
Le ministre debout en chambre qui parle en regardant le président de l'Assemblée.

Michael Tibollo, le ministre associé délégué à la Santé mentale et à la Lutte contre les dépendances.

Photo : Chaîne de l'Assemblée législative de l'Ontario

M. Tibollo a notamment énuméré plusieurs subventions versées à des hôpitaux et organismes du Nord de la province pour lutter contre la toxicomanie et les problèmes de santé mentale.

L'adoption de la motion aurait permis à la province d’engager rapidement des fonds pour lutter contre les opioïdes notamment en :

  • Augmentant les ressources pour les travailleurs de première ligne
  • Garantissant les fonds dans la stratégie communautaire contre les drogues

Les libéraux sous Kathleen Wynne et maintenant Doug Ford refusent de décréter l’état d’urgence, dit le député West.

Au lieu de faire des coupes dans le système de santé, je demande l’appui de tous les députés, dit-il. Je leur demande de voter en faveur de ma motion.

Site d’injection supervisée

M. West souhaite que la province lève un moratoire.

L’on compte 20 sites d’injection supervisée en Ontario dont un seul dans le Nord-Ouest de la province.

Dans le Nord, nous mesurons les distances à parcourir en comptant les heures. Il faut voyager pendant 11 heures entre Sudbury et Thunder Bay, dit le député néo-démocrate.

Les opioïdes sont désormais la principale cause de décès chez les jeunes âgées de 30 à 39 ans au Canada.

Marion Quigley, directrice générale de l’Association canadienne pour la santé mentale Sudbury/Manitoulin

Une approche holistique

Invitée à appuyer la motion du député néo-démocrate, la directrice de l’Association canadienne de la santé mentale Marion Quigley croit que la lutte doit se faire d’un commun accord, à l’abri de la partisanerie.

Elle explique qu’il faut aussi une approche holistique englobant le logement abordable, l’accès aux soins primaires et l’aide financière pour les toxicomanes.

Une femme avec des drapeaux derrière.

Selon Marion Quigley, la principale cause des décès chez les jeunes de 30 à 39 ans au pays est la surdose d’opiacés.

Photo : Studio médias QP

Nous voulons plus d’aide et des programmes moins contraignants afin de répondre aux besoins des gens qui vivent une dépendance aux opiacés, dit-elle.

La stratégie communautaire contre les drogues est destinée aux personnes, peu importe, qu’elles soient intoxiquées ou droguées. Ces gens ont droit à un endroit sécuritaire et à l’abri du froid, rappelle Mme Quigley.

Nous avons des listes d’attente et nous devons malheureusement refuser des demandes de logement.

Marion Quigley, directrice-générale de l’Association canadienne de la santé mentale Sudbury-Manitoulin

Depuis le début de 2019, les ambulanciers sudburois ont répondu à 262 appels possiblement reliés aux opioïdes par rapport à 67 l’année précédente.

Source : Association canadienne pour la santé mentale Sudbury/Manitoulin

Une étude sur les conséquences des opiacés sur les personnes vulnérables et sur la communauté sera conclue en avril 2020.

Elle vise à appuyer l’ouverture d’un site d’injection supervisée dans le Grand Sudbury.

Une version précédente de cet article indiquait que l'Ontario compte 21 sites d'injections supervisé plutôt que 20.

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