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Les sorcières ont toujours la cote

Trois femmes et un bébé devant un comptoir de cuisine.

Stéphanie El-Murr et des amies préparent des produits pour le corps dans une cuisine.

Photo : Radio-Canada / Pascale Langlois

Radio-Canada

Dans un quartier en apparence tranquille de Shawinigan se cache un repaire de sorcières. Des sorcières nouveau genre, qui cachent dans leurs pots des plantes séchées, du miel et des huiles essentielles plutôt que de la bave de crapaud.

Un texte de Pascale Langlois

Stéphanie El-Murr, sorcière depuis 2018, croit qu’une sorcière moderne est généralement écoresponsable. Elle fait de la magie, explique-t-elle. Quand tu mélanges tes petites affaires ensemble et que ça te fait un onguent, c’est magique!

Stéphanie et ses comparses ont toutes pris conscience de la teneur en produits chimiques des produits corporels lorsqu’elles sont devenues mamans. Leur virage vert est autant pour protéger la planète que pour prendre soin de leur famille.

Des fleurs et des herbes séchées dans des pots Mason.

Les « sorcières modernes » utilisent des produits naturels pour leurs potions destinées à des fins cosmétiques.

Photo : Radio-Canada / Pascale Langlois

Je pense que c’est de conscientiser les gens aux produits chimiques, à tout ce que notre peau, nos voies respiratoires peuvent avoir de moins bon , explique Kessey-Vanessa Vaudrin.

Plusieurs genres de sorcières

Si les sorcières de Shawinigan ont surtout pris un virage vert, Francine Descarries précise qu’il y a plusieurs genres de sorcières. Selon la professeur de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), certaines sont plus politisées alors que d’autres font plutôt partie d’une mouvance spirituelle.

Les sorcières ont toute en commun de reprendre possession d’une image qui a été longtemps négative. Parce que du moment qu'elles avaient une certaine initiative, on les accusait de sorcellerie, rapporte Francine Descarries. Alors maintenant on se dit "Écoutez, on va être des sorcières, et vous allez voir, on va la changer la société.

La professeure ajoute que de nombreuses sorcières sont d’ailleurs apparues dans les manifestations aux États-Unis depuis l’élection de Donald Trump.

La transmission du savoir

Tant pour Francine Descarries que pour Stéphanie El-Murr, être sorcière, c’est aussi transmettre des connaissances. Alors qu’à une époque elles allaient au bûcher à cause de leur savoir, aujourd’hui, elles se font un devoir de le partager.

Les sorcières c'était quoi? C'était des femmes de la terre. C'était des femmes qui savaient cultiver les herbes. C'était des femmes qui allaient dans la nature chercher ce dont elles avaient besoin pour aider leur communauté.

Stéphanie El-Murr

Elle ajoute que préparer crèmes et onguents n’est pas un ajout à sa charge mentale. Elle trouve les gestes entourant ses concoctions méditatifs et encourage les apprentis sorcières à préparer seulement les produits qui ne représentent pas un fardeau. Pour cette sorcière, il n’y a pas de retour en arrière possible.

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