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COP25 : le Canada passe son tour, l'Espagne lève la main

Des morceaux de glace du glacier Hubbard se détachent et tombent dans la mer.

La question des changements climatiques sera au cœur des discussions de la COP25... si elle a lieu.

Photo : iStock / Don Mennig

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors qu'Ottawa estime que le Canada n'est pas en mesure d'accueillir le prochain sommet de l'ONU sur le climat, qui devait avoir lieu en décembre au Chili, l'Espagne a annoncé jeudi qu'elle serait disposée à recevoir l'événement, et ce, aux dates prévues.

Dans un communiqué publié jeudi, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, explique qu’il a proposé au président chilien Sebastian Piñera d’organiser à sa place la prochaine COP25 qui devait avoir lieu à Santiago du 2 au 13 décembre prochains.

Cette offre gracieuse survient au lendemain de l’annonce du président Piñera voulant que son gouvernement renonce à recevoir la COP25 ainsi que le sommet du Forum de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) en novembre, en raison de la situation qui règne dans le pays.

Depuis le 18 octobre dernier, le pouvoir chilien doit faire face à un important soulèvement populaire qui perturbe l’ordre public et la sécurité dans les rues du pays, où au moins 20 personnes sont mortes lors de violences et d’affrontement avec les forces de sécurité.

Dans son communiqué, le chef du gouvernement espagnol explique avoir fait cette offre à son homologue chilien compte tenu du court délai disponible et de l'importance de tenir la COP25 aux dates prévues.

Plus de 25 000 délégués, dont la jeune militante suédoise Greta Thunberg, sont attendus cette année à la COP25.

L’Organisation des Nations unies a fait savoir de son côté qu’elle étudiait les alternatives.

Dans le cas où l’ONU déclinerait l’offre de Madrid, la ville de Bonn, en Allemagne, s’est également offerte pour recevoir l’événement.

Le Canada décline l'offre

Plus tôt, le gouvernement canadien avait fait savoir qu'il n'était pas en mesure de recevoir un événement d'une telle envergure tout juste au sortir d'une élection fédérale et avec un si court préavis.

Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, le cabinet de la ministre de l'Environnement Catherine McKenna reconnaît que ces conférences sont essentielles à notre lutte mondiale contre les changements climatiques.

Toutefois, le Canada ne planifie pas d'organiser la COP25 le mois prochain, précise la directrice adjointe des communications, Caroline Thériault. Notre priorité demeure de livrer le mandat pour lequel les Canadiens ont élu ce Parlement.

Nous avons confiance que l'entité responsable trouvera une solution, ajoute Mme Thériault.

Des sources gouvernementales nous ont indiqué que ce type d'événement d'envergure se prépare généralement un ou deux ans à l'avance et qu'il était impensable de prendre la relève à quatre semaines d'avis, surtout dans le contexte actuel, soit immédiatement après des élections fédérales.

Même son de cloche à Québec

Cette décision suit celle de la CAQ, qui a également fermé la porte à une candidature québécoise, jeudi matin.

En mêlée de presse à l'Assemblée nationale, le premier ministre François Legault a répondu par la négative à la demande du Parti libéral, de Québec solidaire et du Parti québécois en indiquant qu'il préférait pour l'instant se concentrer sur les plans de lutte contre les changements climatiques de son gouvernement.

« Ce n'est pas réaliste.  »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

C'est dans un mois; il faut être réaliste, là!, a lâché M. Legault. On parle d'inviter 25 000 personnes au Québec, la sécurité, préparer ça... On voudrait être fier d'organiser ça. Ça prend des mois faire ça. Donc, moi je pense que c'est pas mal plus important actuellement de mettre nos énergies à avoir un plan d'action, à montrer l'exemple au reste du monde, à dire : "Le Québec fait des efforts pour réduire ses GES".

Valérie Plante était prête à le faire

À Montréal, l'administration Plante s'est dite déçue de la décision d'Ottawa.

En tant que ville de congrès par excellence en Amérique du Nord et leader en matière de transition écologique, la Ville de Montréal aurait été fière d'accueillir la COP25, a fait savoir l'attachée de presse de Valérie Plante, Geneviève Jutras, dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada. Toutefois, il s'agit d'une compétence fédérale et nous respectons la décision prise.

Pas de sommet de l'APEC non plus

En ce qui a trait au sommet de l'APEC, le forum de Coopération économique Asie-Pacifique, qui devait avoir lieu à Santiago les 16 et 17 novembre prochains, une source gouvernementale a également confirmé que le Canada n'organisera pas ce sommet, qui demande, tout comme la COP25, beaucoup de planification en ce qui a trait à la sécurité et aux infrastructures d'accueil.

Si aucun pays ne se prononce pour remplacer le Chili, le prochain sommet de l'APEC aura lieu en 2020 en Malaisie.

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