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Vivre et s’appauvrir en CHSLD

Le reportage d'Yvan Lamontagne

Photo : Radio-Canada

Yvan Lamontagne

Comme on le sait, il faut payer pour vivre dans un Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) public. Plus de 70 % des patients paient une contribution maximale chaque mois. Mais pour ceux qui manquent de moyens financiers et qui sont mariés, il est impossible d’obtenir de l’aide financière si le couple possède plus de 2500 $ en liquidités.

Gisèle Hébert visite régulièrement son mari, Flavio, qui vit dans un CHSLD public de la région de Montréal. Il a été admis au début de 2018 parce qu’il souffre de démence. Ses revenus sont insuffisants pour payer chaque mois les 1596 $ que lui coûte la chambre qu’il partage avec une autre personne

Mme Hébert parle à la caméra et fait un signe de la main exprimant son ras-le-bol.

Gisèle Hébert exprime son ras-le-bol; elle n'a pas droit à l'aide financière de Québec pour payer l'hébergement de son mari en CHSLD.

Photo : Radio-Canada

Il a des besoins. Moi aussi j'en ai, des besoins. Est-ce que la personne qui est à la maison est obligée de ne plus vivre pour faire vivre l'autre?

Gisèle Hébert

Grâce au Programme de contribution financière, administré par la Régie de l’assurance maladie du Québec, il est possible d’ajuster le coût d’un loyer en CHSLD aux revenus du patient. Mais, dès qu’un couple marié possède plus de 2500 $ en liquidités, ou une maison de 40 000 $ et plus, il n’a plus droit au programme.

Gisèle Hébert possède plusieurs milliers de dollars en Fonds enregistré de revenus de retraite (FERR). Son mari ne peut donc pas profiter du programme et, par surcroît, Mme Hébert doit débourser le manque à gagner pour son conjoint.

Pour le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, les seuils établis pour les liquidités et les actifs sont intolérables en 2019.

M. Brunet parle à la caméra.

Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades.

Photo : Radio-Canada

Votre conjoint ou votre conjointe qui n'a pas à être hébergé, elle ou il va être contraint à la pauvreté assurément! Si toutes les liquidités et tous les actifs s'en vont pour payer la contribution. C'est indécent, c'est injuste!

Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades

Les seuils qui déterminent si une personne peut avoir droit à une aide financière ou non datent de 1983. Ce sont donc les mêmes depuis 36 ans.

La Protectrice du citoyen réclame aussi une intervention rapide du gouvernement depuis des années.

Mme Rinfret parle à la caméra.

Marie Rinfret, Protectrice du citoyen.

Photo : Radio-Canada

Actuellement, pour moi, ces critères ne sont pas acceptables, en raison de leur vétusté.

Marie Rinfret, Protectrice du citoyen

On ne sait toujours pas si le gouvernement Legault est prêt à bouger. La ministre responsable du dossier, Marguerite Blais, a refusé de nous accorder une entrevue.

On voit M. Cantero de profil.

Flavio Cantero, le mari de Gisèle Hébert, demeure dans un CHSLD.

Photo : Radio-Canada

La personne qui a de l'argent, elle paie, et c'est fini. On dit : l'argent ne fait pas le bonheur, mais l'argent supporte ton malheur.

Gisèle Hébert n’a eu d’autre choix que d’encaisser ses FERR pour que son mari puisse bénéficier du Programme de contribution financière. Elle se retrouve tout de même avec une dette accumulée de 6000 $ envers le CHSLD.

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