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De Terre-Neuve à Vancouver, ces femmes qui assurent la sécurité des airs

Une femme souriante dans un centre de contrôle aérien.

Rien ne laissait présager que Catherine Boucher, parachutiste et diplômée en criminologie, deviendrait contrôleuse aérienne.

Photo : Luther Caverly

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Si vous survolez le ciel au-dessus de Québec, de Montréal ou d’Ottawa, il se peut que votre pilote soit en communication avec Catherine Boucher. Pourtant, lorsqu’un ami lui a suggéré de devenir contrôleuse aérienne il y a quelques années, la femme de 28 ans a éclaté de rire. « J'ai dit : "Aucune chance." »

Malgré les multiples efforts de NAV Canada, qui est responsable du trafic dans l'espace aérien canadien, pour recruter un nombre croissant de femmes, la parité est loin d'être acquise. Même si leur embauche a augmenté au cours des trois dernières années, encore seulement 17 % des contrôleurs aériens au pays sont des femmes.

Toutefois, celles qui choisissent cette carrière hors de l'ordinaire le sont tout autant. De Terre-Neuve à Vancouver, voici huit femmes qui assurent la sécurité des airs.

Emma O’Neill, Toronto

Le poids de la responsabilité

Dans son bureau à Toronto, Emma O’Neill discute avec un pilote qui se trouve à bord de l’avion apparaissant sur l’écran d’un radar. Je suis en communication avec une dizaine de pilotes en même temps, parfois plus, raconte la contrôleuse aérienne âgée de 25 ans, une pointe de fierté dans la voix.

Une femme souriante dans un centre de contrôle aérien.

Emma O'Neill voulait un travail qui la mettrait au défi quotidiennement, qui la garderait toujours sur ses gardes.

Photo : Fournie par Emma O'Neill

Toronto est l’un des aéroports ayant le trafic le plus complexe et le plus dense au pays, dit la jeune contrôleuse aérienne, qui termine deux mois de service. La formation, elle, a duré deux ans.

Dans le métier, on dit aux contrôleurs aériens que la seule personne à laquelle ils doivent songer dans l'avion est le pilote avec lequel ils sont en communication. Penser au nombre de vies qu'on a entre les mains pourrait nous stresser, reconnaît Emma O'Neil. Mais elle aime cette responsabilité. Quand je rentre chez moi, je songe à combien de personnes j'ai menées à destination. Et ça, c’est excitant.

Elle raconte qu'à l'âge de 16 ans elle était sauveteuse, un des emplois avec le plus haut niveau de responsabilités qu'on puisse avoir à cet âge . Le métier de contrôleur aérien en est l'extension, d’une certaine façon. Remarquez, il y a beaucoup plus de gens dans les airs que dans une piscine, dit-elle en riant.

Anna Gallis, Edmonton

User de créativité pour résoudre les problèmes

La créativité est peut-être la plus grande qualité dans ce métier, lance d’emblée Anna Gallis, spécialiste en information de vol à Grande Prairie, près d’Edmonton.

Je sais que cela semble étrange, mais la créativité nous permet de réfléchir à de nouvelles façons de résoudre les problèmes, d’innover et de nous adapter à de nouveaux défis.

Une femme souriante dans une tour de contrôle aérien.

Le rôle d'Anne Gallis consiste à résoudre les problèmes potentiels découlant du trafic aérien, des mouvements du pilote et des conditions météorologiques de l'aéroport.

Photo : Fournie par Anna Gillis

Du haut de sa tour avec une vue circulaire, elle est responsable du trafic des vols d'arrivée et de départ, et doit être en alerte à tout moment.

Il n’y a pas de temps dans ma journée où je peux rêvasser. Je dois toujours être sur le qui-vive.

Une citation de :Anna Gallis, spécialiste en information de vol

Le métier requiert une grande part de résolution d'énigmes. Comme les pièces d'un casse-tête en mouvement constant. Ce qu'elle apprécie par-dessus tout, c'est de trouver des solutions innovatrices pour des défis qui sont différents chaque jour.

Catherine Boucher, Montréal

Entre force de caractère et humilité

L'entourage de Catherine Boucher l’a encouragée à postuler, suggérant qu’elle en avait le courage et la force de caractère. Finalement, elle s'est lancée, sans pour autant savoir de quoi il en retournerait. Sauf que moi, quand j’ai une idée dans la tête, je ne l’ai pas dans les pieds.

Quand j’ai commencé ma formation, je me suis dit : "Si je l’essaie, je termine." Je suis une « go-getter », moi. Je n’abandonne pas.

Une citation de :Catherine Boucher, contrôleuse aérienne

La responsabilité qui vient avec le métier exige un certain sang-froid. Il faut être strict, honnête, même un peu autoritaire, décrit-elle.

Fière de son métier? Oui, mais elle n’aime pas s’en vanter. Comment sais-tu s’il y a un pilote dans la salle? T’inquiète pas, il va te le dire lance-t-elle à la blague. Elle préfère l'humilité, même s’il est vrai qu’elle se sent valorisée. Après tout, c’est le plus beau métier du monde, dit-elle.

Anne Breen, Vancouver

Du haut des airs à la terre

On peut dire qu'Anne Breen connaît le domaine de l'aviation sous tous ses angles. La superviseuse du terminal au centre de contrôle de Vancouver a aussi été pilote et instructrice de vol au cours de sa carrière. J'ai l'avantage de comprendre les besoins et les défis du point de vue des pilotes, fait-elle remarquer.

Une femme souriante.

Anne Breen a obtenu son permis de pilote en 1998.

Photo : Fournie par Anne Breen

Lorsqu'elle pilotait, Anne Breen adorait les décollages et les atterrissages, et les formalités techniques et les calculs qu'ils requièrent. Mais, une fois en croisière, bien que la vue soit magnifique, on doit rester assise pour de longues périodes de temps, explique-t-elle.

Au sol, il n'y a pas de temps morts. La partie excitante des arrivées et départs et la résolution de casse-tête que j’aimais tant au volant de l'avion, je les fais tout le temps en tant que contrôleuse aérienne.

Catherine Thebeau , Ottawa

De père en fille

Lorsqu'elle a commencé sa formation il y a 15 ans, Catherine Thebeau était la seule femme dans sa cohorte de 12 personnes. Elle rejoignait l’organisation NAV Canada en suivant les traces de son père, un contrôleur de la circulation aérienne aujourd’hui à la retraite.

Elle rit en racontant s’être retrouvée à travailler à ses côtés dans une tour torontoise. Il était très fier, se rappelle-t-elle. Il ne travaille plus maintenant, mais je partage encore avec lui les histoires qui se produisent au travail.

Une femme souriante devant un tableau d'un avion.

Catherine Thebeau est enthousiaste de voir comment les nouvelles technologies vont transformer son métier dans l'avenir.

Photo : Fournie par Catherine Thebeau

La technologie a évolué depuis l’époque où son père a commencé, s'enthousiasme-t-elle.

Autrefois, la technologie c’était un papier et un stylo, et vous écriviez des informations sur les aéronefs.

Une citation de :Catherine Thebeau, Ottawa

Depuis peu, Catherine Thebeau a coiffé un nouveau chapeau, celui de spécialiste des normes et des procédures de contrôle du trafic aérien. Aux jeunes femmes qui seraient tentées par un métier hors du commun et exigeant comme le sien, elle : Croyez en vous et n’aspirez pas à l’ordinaire, mais aspirez à l’extraordinaire. Visez haut.

Theresa Green, Winnipeg

Résilience et persévérance

J'ai fait un long détour, dit Theresa Green, contrôleuse aérienne à Winnipeg. J'avais entendu parler de ce métier dans un salon de l'emploi au secondaire et cela m'intéressait parce que je trouvais ça cool et unique. Mais des commentaires de gens qui s'inquiétaient que ce serait trop difficile et trop stressant l'en ont découragée.

Ce n’est qu’à l’âge de 28 ans, alors qu’elle ne se sentait pas comblée dans l’emploi qu’elle occupait, qu’elle a finalement pris le taureau par les cornes. C’était toujours dans le fond de mon esprit.

Une femme dans un centre de contrôle aérien.

Les 18 mois de formation ont été pour Theresa Green parmi les plus difficiles de sa vie.

Photo : Fournie par Nav Canada

La formation a été plus difficile que tout ce [qu’elle avait] fait auparavant. Après tout, ce n'est pas tout le monde qui réussit à se rendre jusqu'au bout, dit-elle.

On doit avoir de solides compétences en matière d’études, une résistance et une ténacité sans failles.

Une citation de :Theresa Green, contrôleuse aérienne à Winnipeg

Theresa Green a tout donné. Aujourd'hui au centre de contrôle aérien de Winnipeg, elle termine sa 15e année de service.

Robyn Chaulk, Terre-Neuve

L'amour du voyage

Robyn Chaulk travaillait dans le secteur bancaire, mais ressentait un désir de changement. Des collègues et des amis lui ont parlé du métier de contrôleur aérien. La femme originaire de Terre-Neuve compte aujourd'hui 18 ans de service à Gander.

J'ai toujours aimé voyager, mais cette passion a grandi depuis que je fais ce métier, raconte-t-elle.

Une femme souriante dans un centre de contrôle aérien.

Robyn Chaulk travaille dans le centre de contrôle de Gander, à Terre-Neuve.

Photo : Fournie par Nav Canada

La plus grande récompense dans son métier est de faire partie d’une équipe nationale qui aide les voyageurs à se rendre à destination.

Elle a de l'empathie pour les gens qui ont peur de prendre l'avion, mais reconnaît qu'elle a un avantage. Ils ne le savent peut-être pas, mais moi, je sais qu'il y a des gens qui travaillent d'arrache-pied pour assurer ma sécurité. Ça change votre perspective , explique-t-elle.

Michelle Ivany, Halifax

Mère et femme de carrière

Michelle Ivany est contrôleuse aérienne à Halifax depuis les années 1980. À cette époque, on ne parlait pas beaucoup de la conciliation travail-famille, mais les femmes avaient certainement du mal à devoir choisir entre une carrière et des enfants, dit-elle.

Le métier de contrôleuse aérienne, en ce sens, était parfait et lui permettait d'avoir les deux.

Une femme souriante dans un centre de contrôle aérien.

Il y a plus de femmes qui travaillent comme contrôleuses aériennes qu'il y en avait à l'époque, dit Michelle Ivany.

Photo : Luther Caverly

Elle se sent privilégiée d’avoir un emploi qui lui apporte autant de fierté, mais aussi une grande flexibilité, ce qui lui aura permis de participer d'être partie prenante dans l'éducation de ses enfants.

L'avantage d'avoir un poste opérationnel, c'est qu'on se présente à son quart de travail, qu'on assume sa responsabilité jusqu’à ce qu'on confie cette responsabilité à un collègue, puis on rentre à la maison. On peut véritablement décrocher, conclut-elle.

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