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La Chambre des représentants officialise l'enquête en destitution du président Trump

Le président des États-Unis, Donald Trump.

Le président des États-Unis, Donald Trump, à la Maison-Blanche le 16 octobre 2019

Photo : Getty Images / Tasos Katopodis

Radio-Canada

La Chambre des représentants a formellement approuvé jeudi les règles qui encadreront l'enquête pouvant mener à la destitution du président Donald Trump, soupçonné d'avoir abusé de ses pouvoirs à des fins personnelles.

Une résolution, qui fixe les règles des audiences publiques qui doivent avoir lieu et qui décrit les droits qui seront garantis au président, a été adoptée par 232 voix contre 196.

Comme prévu, le vote a confirmé le clivage partisan à la Chambre. Seuls 2 des 234 représentants démocrates se sont opposés à la résolution, et aucun des 197 républicains ne l'a approuvée.

Prenant la parole avant le vote, la présidente de la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi, a fait valoir que la décision de destituer le président n'a pas encore été prise, et que l'enquête vise précisément à permettre aux représentants, et aux Américains, de se faire une idée.

Je ne sais pas pourquoi les républicains ont peur de la vérité. Tous les représentants devraient permettre au peuple américain d'entendre les faits par eux-mêmes. Le vote porte sur ça, sur la vérité. [...] Ce qui est en jeu dans tout ça, c'est notre démocratie.

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants

L'enquête en destitution de Trump officialisée

La résolution prévoit que le président de la commission du renseignement de la Chambre, Adam Schiff, dirigera les audiences publiques qui permettront d'entendre des témoins.

Ces audiences doivent aboutir à la production d'un rapport qui sera remis avec d'autres éléments de preuve à la commission de la Justice de la Chambre, dirigée par Jerry Nadler.

C'est à ce second stade de la procédure que la participation du président et de ses avocats sera autorisée. La défense de Donald Trump pourra par exemple demander de nouveaux témoignages ou des documents, procéder à des contre-interrogatoires et soumettre des objections.

Mais, si le président refuse de coopérer aux requêtes du Congrès, ses demandes pourraient être refusées. La procédure prévoit par ailleurs que les démocrates conservent le droit de refuser des témoins.

Les démocrates essaient de destituer le président parce qu'ils ont peur de ne pas pouvoir le battre avec les boîtes de scrutin.

Kevin McCarthy, chef de la minorité républicaine à la Chambre

Si les preuves sont jugées suffisantes, la commission de la Justice aura le mandat de rédiger l'acte d'accusation contre le président Trump.

Le cas échéant, il reviendra au Sénat de se prononcer sur chacun des chefs d'accusation. Pour que le président soit destitué, il faut que les deux tiers des sénateurs approuvent au moins un chef d'accusation.

Cela est loin d'être acquis, dans la mesure où le Sénat compte en ce moment 53 républicains et 45 démocrates, en plus de deux indépendants qui votent généralement avec les démocrates.

Nancy Pelosi derrière un lutrin.

La présidente de la Chambre des représentants tient une conférence de presse avant de participer au vote relativement au processus de destitution du président Trump.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Une chasse aux sorcières, dénonce le président

Bien que la présidente de la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi, ait annoncé l'ouverture d'une enquête visant le président il y a un peu plus d'un mois, aucun vote formel n'avait encore lieu à ce sujet.

Jusqu'ici, des commissions de la Chambre à majorité démocrate ont plutôt entendu à huis clos des diplomates ou des conseillers de la Maison-Blanche, s'attirant les foudres du président et de ses alliés républicains, qui ont dénoncé un processus opaque.

Jeudi, c'était au tour de Tim Morrison, un expert de la Russie et conseiller en sécurité à la Maison-Blanche, de témoigner. Je veux être clair : je n'ai jamais été inquiété par quoi que ce soit d'illégal dans ces discussions, a expliqué M. Morrison, qui a remis sa démission du Conseil de sécurité nationale la veille de son témoignage.

Les propos de Tim Morrison contredisent directement ceux d'un autre témoin-clé, le lieutenant-colonel Alexander Vindman, qui avait plutôt affirmé mardi avoir tout de suite été alerté par la teneur illégale des conversations entre Donald Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky.

M. Morrison a soutenu jeudi que, s'il ne craignait pas que la conversation entre Trump et Zelensky soit illégale, il craignait toutefois qu'elle soit perçue comme telle si jamais elle était dévoilée au grand public. Pour les républicains, il s'agit là d'un tournant clair en faveur de Donald Trump.

L'ensemble de ces témoignages visent à déterminer quels efforts ont été déployés par des proches du président, en marge des canaux de la diplomatie officielle, pour convaincre l'Ukraine de fournir des informations embarrassantes sur Joe Biden, l'un des favoris de la course à l'investiture démocrate.

Nancy Pelosi a décidé d'engager son parti sur la voie de la mise en accusation en vue d'une destitution (impeachment) après des révélations sur un appel téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au coeur de l'été.

Lors de cet échange, rendu public après l'intervention d'un lanceur d'alerte, le président républicain avait demandé à son interlocuteur de se pencher sur son rival démocrate Joe Biden et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Les démocrates l'accusent depuis d'avoir abusé de son pouvoir à des fins personnelles, Joe Biden étant bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Commentant le dénouement du vote sur Twitter, le président Trump a une fois de plus avancé qu'il était victime de la plus grande chasse aux sorcières de l'histoire des États-Unis.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Stephanie Grisham, a pour sa part dénoncé l'obsession des démocrates pour cette procédure illégitime n'ayant rien à voir selon elle avec les besoins de la population.

Les démocrates veulent rendre un verdict sans offrir à l'administration la chance de présenter une défense. C'est injuste, inconstitutionnel et fondamentalement antiaméricain.

Stephanie Grisham, porte-parole de la Maison-Blanche

Le président n'a rien fait de mal, a-t-elle assuré.

Avec les informations de Agence France-Presse

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