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Le Québec doit peser plus lourd autour de Justin Trudeau, plaident des libéraux

Plan rapproché de Justin Trudeau, le soir du 17 octobre 2019, à Montréal.

Dans la famille libérale, certains estiment que la préparation du second mandat est l’occasion parfaite pour amener du sang neuf au bureau du premier ministre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Louis Blouin
Daniel Thibeault

Le Québec doit avoir plus d’influence au sein de la garde rapprochée du premier ministre, estiment des élus et des stratèges libéraux. Plusieurs sources affirment aussi à Radio-Canada qu’ils souhaitent la nomination d’un lieutenant politique pour le Québec.

Justin Trudeau doit prendre acte du message envoyé par les Québécois le 21 octobre. C’est la conclusion que tirent plusieurs libéraux fédéraux.

Le Parti libéral du Canada (PLC) qui croyait pouvoir faire des gains au Québec y a plutôt perdu cinq députés, au terme d’une campagne qui a vu le Bloc québécois croître en popularité au point de tripler sa députation.

Il faut que le Québec soit écouté, résume une source libérale.

On a eu un message, il faut l’écouter et cela doit se refléter à tous les niveaux, explique pour sa part un membre influent du caucus.

Plusieurs libéraux font remarquer que, pendant son premier mandat, la garde rapprochée du premier ministre était dominée par des acteurs provenant de la scène politique ontarienne.

La chef de cabinet Katie Telford et le secrétaire principal Gerald Butts, deux amis du premier ministre, ont fait leurs classes avec les libéraux de Dalton McGuinty, à Queen’s Park, avant de faire le saut sur la scène fédérale.

C’est difficile d‘avoir le pouls du Québec quand tu ne viens pas du Québec, affirme l’un des députés consultés.

Certains estiment que la mauvaise compréhension de l’électorat québécois a pu nuire à la gestion d’enjeux comme l’affaire SNC-Lavalin. Les préoccupations de certains libéraux québécois arrivaient difficilement jusqu'à Justin Trudeau.

Une femme et un homme, cellulaire en main, sont assis sur un banc.

La chef de cabinet Katie Telford et le secrétaire principal Gerald Butts sont deux amis du premier ministre Justin Trudeau.

Photo : Reuters / Chris Wattie

Changement de garde?

Dans la famille libérale, certains estiment que la préparation du second mandat est l’occasion parfaite pour amener du sang neuf au bureau du premier ministre.

D’abord, parce qu’il faut pourvoir le poste laissé vacant par le départ de Gerald Butts. Mais certains pensent aussi qu’il faut un nouveau chef de cabinet. Katie Telford n’a pas annoncé publiquement si elle avait l’intention de rester en poste pour un second mandat.

Si plusieurs sources préfèrent garder l’anonymat, la députée québécoise Alexandra Mendes est prête à exprimer son point de vue publiquement. Il faut, selon elle, des voix fortes pour le Québec autour du premier ministre.

C’est essentiel. Ça va être important d’avoir quelqu’un qui va véhiculer le message du Québec. Le résultat de l’élection l’a bien démontré, explique-t-elle.

Un autre élu rappelle sous le couvert de l’anonymat que le Québec a ses spécificités. Cette compréhension profonde de ce qui fait vibrer les Québécois et les Québécoises est importante, insiste-t-il.

Cette source souligne aussi qu’au fil des administrations libérales (Trudeau, Chrétien, Martin) des Québécois ont toujours occupé des places prédominantes au bureau du premier ministre.

Déjà, Justin Trudeau a envoyé des signaux sur l’influence qu’aura le Québec dans sa prochaine administration. Il a fait appel à Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada à Paris et femme d’affaires au réseau impressionnant, pour le conseiller dans la transition.

Et le soir de sa victoire, le premier ministre avait affirmé dans son discours qu’il voulait s'assurer que la voix du Québec porte encore plus à Ottawa.

Un lieutenant pour le Québec?

Dans le passé, Justin Trudeau laissait entendre qu’il pouvait lui-même défendre les intérêts du Québec. Pas besoin d’un lieutenant quand on a un général, avait-il affirmé.

Avec l’arrivée à Ottawa d’un fort contingent de députés du Bloc québécois, plusieurs dans les rangs libéraux sont d’avis que la nomination d’un lieutenant pour le Québec serait souhaitable.

Une source influente dans la famille du PLC est d’avis qu’il faudrait un porte-parole pour donner la réplique au Bloc sur une base constante dans les médias. Il faudra être réactif, estime cette personne.

Tous ne sont cependant pas d'accord avec cette idée. La députée Alexandra Mendes croit que le PLC dispose de nombreux élus forts qui peuvent porter le message sans avoir à s'en remettre à un seul individu.

La place du Québec fera aussi partie des considérations dans l'élaboration du prochain Conseil des ministres.

Justin Trudeau annoncera ses choix le 20 novembre, presque un mois après l'élection.

Certains des députés et des stratèges consultés pour ce texte croient qu’il s’agit d’un signe que le premier ministre veut bien choisir son entourage avant d'entamer son second mandat, cette fois dans un contexte minoritaire.

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