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  • Envoyé spécial
  • Dans le nord de la Californie, tondre le gazon peut causer un feu de forêt

    L'incendie Kincade continuera de brûler pendant des semaines, mais l'accalmie des derniers jours donne espoir.

    Des pompiers debout sur les fondations d'une maison, entourée d'arbres verts. De la fumée se dégage de la maison.

    Des pompiers luttent contre le feu dans une maison en flammes, après le passage de l'incendie Kincade, dans le nord de la Californie.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    Timothé Matte-Bergeron

    La route 128 serpente entre des collines couvertes de vignes, juste au nord de Santa Rosa, dans le comté de Sonoma. San Francisco est à environ une heure et demie de route vers le sud.

    Le paysage serait charmant, si ce n’était des volutes de fumée qui sortent de terre dans les champs et des nuages gris-brun qui s’accrochent aux montagnes. Une odeur de feu de bois règne en permanence à l’extérieur, et plusieurs font le choix de porter un masque respiratoire.

    Une clôture devant un champ, en arrière-plan, on voit des collines envahies par la fumée.

    La fumée enveloppe les collines, près de l'incendie Kincade.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    Nous voici dans la partie sud de la zone couverte par l’incendie Kincade, même s’il n’y a, pour l’instant, aucune flamme à l’horizon.

    Un aspect trompeur, prévient le pompier Jim Evans, qui précise que, cachés à de nombreux endroits, de petits brasiers souterrains sont toujours actifs.

    Une destruction bien réelle

    Un peu plus loin, le long de la route 128, au coin d’Alexander Valley Road, les dégâts causés par les flammes sont plus évidents : une maison complètement détruite ne laisse voir que le peu qu’il reste de ses fondations.

    Des fondations en briques au milieu de cendres.

    Il reste peu de choses de cette maison détruite par les flammes au coin des routes 128 et Alexander Valley.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    Les autorités ne font état d'aucun mort dû aux feux dans cette région de la Californie, mais la destruction y est bien réelle. Les pompiers, eux, sont très occupés.

    Jim Evans travaille normalement pour le service des incendies de Merced, une ville de 80 000 habitants située au centre de la Californie. Nous sommes sept ou huit à nous être portés volontaires pour les feux de forêt, explique-t-il. Sur une équipe qui compte environ 60 pompiers à Merced, ça paraît.

    Il s’est engagé pour deux semaines, mais il pourrait décider de rester plus longtemps. Le rythme de travail est effréné : certains pompiers travaillent sans répit pendant 16 ou 24 heures de suite avant d’avoir droit à une pause, d’une durée similaire.

    Il suffit d’une étincelle

    Le temps très sec rend les herbes propices à s’embraser. Il suffirait d’une simple étincelle.

    Un hélicoptère au-dessus d'un champ, des collines en arrière-plan.

    Un hélicoptère vient s'alimenter en eau dans un grand bac, avant de retourner combattre les flammes.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    C’est pourquoi les services de lutte contre les incendies ont profité du temps plus frais et de la quasi-absence de vent au cours des deux derniers jours pour éteindre les foyers de braises fumantes qui parsèment le territoire touché par le feu Kincade.

    Au bord d’une petite route qui suit les méandres d’un ruisseau, près du hameau d’Alexander Valley, un écriteau adresse un avertissement aux résidents, dont on ne voit plus trace depuis qu'ils ont dû évacuer : Attention, tondre le gazon peut causer un feu de forêt!

    Il suffit que la tondeuse accroche une petite pierre pour créer une étincelle, confirme Jim Evans.

    Des arbres toujours debout

    Ce qui frappe le regard, dans le sud de la zone du feu Kincade, c’est le nombre d’arbres toujours debout. Les vents extrêmement puissants qui ont soufflé dans la nuit de dimanche à lundi, et qui ont considérablement étendu l’incendie, ont probablement sauvé certains arbres et des vignes, malgré la propagation du feu dans les broussailles.

    À certains endroits, la chaleur n’a pas augmenté suffisamment pour que les arbres brûlent, explique Jim Evans. Autrement dit, le feu est passé trop rapidement.

    Des vignes en rangées, devant des arbres; on voit la fumée dans le ciel, derrière.

    Ces vignes ont survécu au passage du feu, en bordure de la route 128, dans le nord de la Californie.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    C’est ce qui a épargné les vignes aussi, indique le pompier. D'autant plus que des propriétaires de vignobles, avant de fuir, ont déclenché leurs arroseurs automatisés. Les branches et les feuilles, rendues humides, n’ont ainsi pas pris feu.

    Plusieurs bâtiments n’ont pas eu cette chance : Une fois qu’une maison commence à flamber, c’est impossible que le feu s’arrête de lui-même, dit Jim Evans. Selon le service de lutte contre les incendies de la Californie, Cal Fire, 200 structures ont été détruites par le feu Kincade.

    Un arbre devant une maison en construction, qui occupe un terrain vide.

    Des maisons sont en construction au même endroit exactement où d'autres ont brûlé en 2017.

    Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

    Ce n'est pas le cas de bon nombre de demeures en cours de construction, qui restent debout, la charpente exposée, en surplomb de la route 128. Situées dans une zone visée par un avis d’évacuation, elles remplaceront des maisons qui, en 2017, lors de l’incendie Tubbs, ont été complètement rasées par les flammes.

    À moins que le vent ne se lève de nouveau.

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